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États-Unis. Un américain d'origine mexicaine risque d'être exécuté en Arizona. Sammy Lopez

, N° d'index: AMR 51/048/2012

Sammy Lopez doit être exécuté le 27 juin dans l'État de l'Arizona pour un meurtre commis en 1986. Le juge chargé du prononcé de sa peine n'a pas été informé de l'extrême pauvreté dans laquelle il a vécu, ni des graves sévices qu'il a subis durant son enfance et des séquelles qu'ils ont laissées.

AU 176/12, AMR 51/048/2012 - États-Unis 20 juin 2012
ACTION URGENTE
UN AMÉRICAIN D'ORIGINE MEXICAINE RISQUE D'ÊTRE EXÉCUTÉ EN
ARIZONA
Sammy Lopez doit être exécuté le 27 juin dans ltat de l'Arizona pour un meurtre commis en
1986. Le juge chardu pronon de sa peine n'a pas été informé de l'extrême pauvreté dans
laquelle il a vécu, ni des gravesvices qu'il a subis durant son enfance et des séquelles qu'ils ont
laissées.
Estefana Holmes, 59 ans, a été retrouvée morte dans son appartement de Phoenix le 29 octobre 1986. Elle avait
subi des sévices sexuels, elle avait été poignardée et elle avait la gorge tranchée. Samuel Villegas Lopez, connu sous
le nom de Sammy Lopez, un Américain d'origine mexicaine âgé de 24 ans, a été accusé du meurtre et condamné à
mort par un juge unique. Le verdict a été annulé en 1990, mais la même année, lors d'un nouveau procès, le même
juge qui avait prononcé la première peine l'a de nouveau condamné à mort.
À son premier procès, en 1987, au cours duquel le jury a prononcé la déclaration de culpabilité qui n'a pas changé
depuis, Sammy Lopez était représenté par un avocat n'ayant encore jamais eu à défendre une personne susceptible
d'être condamnée à mort. Lors de la première phase du procès il n'avait produit aucun élément de preuve, et à
aucun moment il n'avait fait comparaître des témoins. Dans une déclaration sous serment faite en février 2012, il a
reconnu qu'en 1987 il n'avait pas tenté d'arguer de circonstances atténuantes et qu'il n'avait mené aucune enquête
visant à en trouver. À son deuxième procès, en 1990, Sammy Lopez était représenté par un autre avocat, qui n'a pas
davantage enquêté sur la famille ni sur le passé de son client. Le procureur a requis la peine de mort en ces
termes : « Quelles circonstances atténuantes peut-on trouver dans la vie passée, présente ou future de cet homme,
qui puissent d'une manière ou d'une autre inciter la société à l'indulgence ? Aucune... Nous demandons à cette cour
de condamner cet homme à la peine la plus sévère que la société puisse infliger. » Prié de répondre, l'avocat de la
défense a déclaré : « Rien dans le passé de l'accusé ne peut inciter la société à l'indulgence. J'aimerais que nous
puissions tous argumenter contre Paul [le procureur] à ce sujet. Apparemment, ce n'est pas possible. » Le juge a
condamné de nouveau Sammy Lopez à mort.
En 2006, le docteur George W. Woods a fourni un document de 95 pages présentant les antécédents sociaux de la
famille Lopez. Ce document apportait des éléments détaillés, dont le juge qui a prononcé sa peine n'avait jamais eu
connaissance, sur le « foyer terriblement violent » dans lequel Sammy Lopez avait grandi et qui avait provoqué chez
lui un « traumatisme aigu ». Le père de Sammy Lopez était « un alcoolique cruel et vicieux qui frappait
régulièrement sa femme et ses enfants ». Après son départ, alors que Sammy avait neuf ans environ, un autre
homme au comportement tout aussi violent s'est installé au domicile : il « terrorisait [Samuel] avec des armes à
feu ». La mère de Sammy Lopez « a elle-même eu une enfance atroce, a été violée à de multiples reprises, a subi
des sévices et, par la suite, une surveillance coercitive de la part de divers concubins », ce qui l'a laissée
« incapable d'assumer ne seraient-ce que les responsabilités parentales les plus élémentaires ». « Comme beaucoup
de personnes qui ont subi un traumatisme », Sammy Lopez « a cherché à fuir l'isolement, le rejet et la souffrance en
se réfugiant dans la drogue et l'alcool » et, avec le temps, comme les « signes de traumatisme et de dépression
n'étaient pas traités, son addiction à l'alcool, aux drogues et aux solvants n'a fait que croître ». À partir de l'âge de
21 ans environ, sans domicile fixe, il a vécu dans des voitures, dans un parc local et dans un cimetière. Des tests
neurologiques effectués en 2006 ont révélé chez lui « d'importantes déficiences neurologiques, dont des troubles du
lobe frontal » et des symptômes mettant en évidence un syndrome de stress post-traumatique. Le Dr Woods a conclu
que Sammy Lopez manquait encore davantage de discernement au moment du crime du fait qu'il était intoxiqué.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :
expliquez que vous ne cherchez aucunement à excuser le meurtre d'Estefana Holmes, ni à minimiser les
souffrances qu'il a causées ;
dites que vous êtes extrêmement préoccupé par le fait que le juge qui a condamné Samuel Villegas Lopez à la
peine capitale n'a jamais eu connaissance d'un certain nombre d'informations déterminantes sur le passé de
l'accusé, l'extrême pauvreté et les violences épouvantables qu'il a subies ni les séquelles qu'elles ont laissées sur
lui ;
demandez que la peine de Samuel Lopez soit commuée.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 JUIN 2012 À :
The Honorable Janice K. Brewer, Arizona Governor, Executive Tower, 1700 West Washington Street, Phoenix, AZ 85007, ÉTATS-UNIS
Courriel : azgov@az.gov
Télécopie : +1 602 542 1381
Formule d'appel : Dear Governor,/Madame la Gouverneure,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays. (adresse(s) à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN AMÉRICAIN D'ORIGINE MEXICAINE RISQUE DTRE ECU EN ARIZONA
COMPLÉMENT D'INFORMATION
D'après le dossier produit par le Dr Woods en 2006 et présentant les antécédents sociaux de Sammy Lopez, ce dernier a grandi
dans « des conditions extrêmes d'abandon et de pauvreté » dans un secteur de Phoenix, Arizona, « où régnaient la ségrégation
raciale, la criminalité et la violence, au sein d'une communauté se consacrant au recyclage et à la fonte des métaux et dont
pratiquement tous les membres étaient des familles latinos d'une pauvreté indicible ». Dans cette communauté, la famille Lopez
« se démarquait comme étant extraordinairement pauvre ». En outre, « des traumatismes générationnels, l'abus de substances
dangereuses, l'anxiété, des psychoses et des troubles de l'humeur ont exposé Sammy et sa famille à un risque croissant de
développer des troubles du même ordre ». Sammy Lopez, écrivait le médecin, « a vécu une grande partie de sa vie comme un
enfant sauvage. Souffrant de troubles cognitifs dès la naissance [...], Sammy a vu ses déficiences neurologiques s'accentuer à la
suite des coups détruisant corps et âme, de la paranoïa, de la misère, de l'abandon et, plus tard, de l'automédication à base de
drogues annihilantes. » Le Dr Woods a expliqué que « Sammy a vécu une enfance marquée par des traumatismes qui mettaient
sa vie en danger » aux mains de son père et d'autres, et « les coups, l'indifférence, la solitude et la peur l'ont empêché de se
développer normalement ». Une « constellation de symptômes, la vue de sa mère régulièrement battue, la fréquence des coups
qu'il recevait lui-même, ne pas savoir où il allait manger ou dormir, une paranoïa extrême, des cauchemars intrusifs, une
hypervigilance ainsi que l'automédication chronique et destructrice à laquelle Sammy s'est livré en réaction aux traumatismes de
l'enfance, permettent d'établir un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique ». Samuel Lopez « a eu recours aux
solvants organiques, à l'alcool et aux drogues dès l'enfance pour essayer de surmonter les réactions émotionnelles qui
l'envahissaient devant des traumatismes potentiellement mortels ; vers l'âge de 13 ans il était devenu dépendant de ces
substances » et son addiction aux solvants organiques a continué jusqu'à l'âge adulte, occasionnant des « altérations cérébrales
durables ».
En février 2012, Sammy Lopez a signé une déclaration sous serment dans laquelle il disait ne se souvenir de rien à propos de la
nuit du crime : « Je ne me rappelle pas avoir été là ni avoir rien fait aucune des choses dont la police m'accuse. Je ne peux pas
m'imaginer que j'aie jamais pu faire ces choses atroces. Ma mère a été violée. Je sais qu'un viol est une chose horrible. » Il
poursuit : « J'ai toujours eu de la peine en pensant à ce que [Estefana Holmes] a subi cette nuit-là et à ce que sa famille traverse
depuis lors. »
En avril 1987, un jury a déclaré Sammy Lopez coupable. À cette époque, en Arizona, l'autorité chargée du prononcé des peines
dans les affaires impliquant la peine capitale était représentée par des juges et non des jurys, et ces juges étaient habilités à
établir la présence de circonstances « aggravantes » rendant le crime punissable de la peine de mort. En juin 1987, le juge a
condamné Sammy Lopez à mort. Cette condamnation a été infirmée en appel en raison d'une erreur juridique portant sur l'un des
deux facteurs aggravants établis par le juge. Cependant, le 3 août 1990, Sammy Lopez a été de nouveau condamné à mort par le
même juge, qui a invoqué comme circonstance aggravante le fait que le meurtre avait été commis de manière « particulièrement
cruelle, odieuse ou perverse ». En 2002, la Cour suprême des États-Unis a rendu un arrêt aux termes duquel le dispositif de
l'Arizona en matière de condamnation devait prévoir que la présence ou l'absence de facteurs aggravants soit établie par des
jurys, et non pas par des juges. En 2004, la Cour a jugé que ceci ne s'appliquait pas rétroactivement aux affaires comme celle
de Sammy Lopez dans lesquelles la peine de mort avait déjà été confirmée lors d'une procédure d'appel obligatoire
directe »).
Sammy Lopez est le sixième d'une fratrie de huit garçons nés, d'après le rapport du Dr Woods, « dans un environnement instable,
désordonné et imprévisible, de parents froids, abusifs et distants, incapables d'affection, eux-mêmes mal armés pour gérer leurs
propres vies ». Le même juge qui a condamné Sammy Lopez à mort avait également présidé le procès d'une autre affaire, sans
lien avec la première, dans laquelle deux jeunes frères de Sammy Lopez, âgés de 19 et 20 ans, avaient été accusés en 1985
d'assassinat. Le jeune homme de 19 ans avait été jugé et condamné à mort (peine plus tard commuée en réclusion à vie), et le
deuxième à la réclusion à vie après avoir plaidé coupable. Alors qu'ils avaient connaissance de ces affaires, les avocats de
Sammy Lopez n'ont jamais cherché à obtenir qu'un autre juge soit désigné pour ce procès.
Sammy Lopez a passé la moitié de sa vie dans le couloir de la mort. Âgé de 24 ans lors de sa première condamnation à la peine
capitale, il doit être exécuté trois jours avant son 50
e
anniversaire. Son exécution serait la quatrième depuis le début de l'année
en Arizona. Aux États-Unis, 21 personnes ont été exécutées en 2012 et 1 298 depuis 1977, dont 31 en Arizona. Amnesty
International est opposée à la peine de mort en toutes circonstances.
Nom : Samuel Villegas Lopez
Sexe : m
AU 176/12, AMR 51/048/2012, 20 juin 2012

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