• Campagnes

Mexique. Une défenseure des droits humains des indigènes est en danger. Obtilia Eugenio Manuel

, N° d'index: AMR 41/021/2010

Obtilia Eugenio Manuel, une défenseure des droits humains mexicaine qui dirige une organisation indigène, a reçu une menace de mort écrite le 6 mars. Sa vie est en danger.

AU 63/10, AMR 41/021/2010 Mexique 15 mars 2010
ACTION URGENTE
UNE FENSEURE DES DROITS FONDAMENTAUX DES
INDIGÈNES EST EN DANGER
Obtilia Eugenio Manuel, une défenseure des droits humains mexicaine qui dirige une
organisation indigène, a reçu une menace de mort écrite le 6 mars. Sa vie est en danger.
Le 6 mars, Obtilia Eugenio Manuel, présidente de l'Organisation du peuple indigène me'phaa (OPIM), a reçu une menace de mort
écrite dans les locaux de son organisation, à Ayutla de los Libres (État de Guerrero). En voici le contenu : « Obtilia, calme-toi
salope. Arrête d'aller dénoncer partout ce que fait le gouvernement. Je sais que tu déposes des plaintes à tous les niveaux.
Calme-toi. On peut t'avoir quand on veut. Ne crois pas que tu es faite de métal, les balles peuvent toujours traverser. Nous
sommes protégés par le gouvernement fédéral, les autorités de l'État et les responsables locaux. Ne fais pas l'idiote, nous
sommes tout près. » Le même jour, Obtilia Eugenio Manuel et ses collègues avaient aperçu un homme qui observait, sans même
se cacher, les locaux de l'OPIM. Il surveillait notamment les allées et venues d'Obtilia Eugenio Manuel. Cet homme a également
pris des photos au moyen de son téléphone portable.
À la suite de menaces et de manœuvres de harcèlement répétées, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a adopté en avril
2009 des mesures conservatoires en faveur d'Obtilia Eugenio Manuel, de son mari et de leurs enfants, ainsi que des membres de
l'OPIM et d'autres défenseurs des droits humains de l'État de Guerrero. Ces mesures conservatoires enjoignent aux autorités
mexicaines d'assurer la protection des personnes en danger. Certaines mesures ont été prises, telles que la mise à disposition de
téléphones portables, mais les auteurs des menaces et des agressions n'ont jamais été identifiés ni tenus de rendre des comptes.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en espagnol ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet pour la sécurité d'Obtilia Eugenio Manuel et des autres membres de l'OPIM au vu de la menace de mort
reçue tout récemment et de la surveillance dont ont fait l'objet les locaux de cette organisation, à Ayutla de los Libres ;
demandez que ces personnes bénéficient d'une protection efficace, conformément à leurs souhaits et aux mesures
conservatoires de la Cour interaméricaine des droits de l'homme ;
exhortez les autorités à diligenter une enquête exhaustive sur la menace proférée à l'encontre d'Obtilia Eugenio Manuel et des
autres membres de l'OPIM, ainsi que sur la surveillance des locaux de cette organisation, à en rendre les conclusions publiques
et à traduire en justice les responsables présumés de ces faits.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 26 AVRIL 2010 À :
Ministre de l'Intérieur :
Lic. Fernando Francisco Gómez-Mont
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso,
Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc,
México D.F., C.P.06600, Mexique
Fax : +52 55 5093 3414
Courriel : secretario@segob.gob.mx
Formule d'appel : Señor Secretario, /
Monsieur le Ministre,
Gouverneur de l'État de Guerrero :
Lic. Zeferino Torreblanca Galindo
Gobernador del Estado de Guerrero
Palacio de Gobierno,
Blvd. René Juárez Cisneros No. 62,
Ciudad de los Servicios, Chilpancingo,
C.P. 39075, Guerrero, Mexique
Fax : +52 747 471 9956
Courriel : gobernador@guerrero.gob.mx
Formule d'appel : Señor Gobernador, /
Monsieur le Gouverneur,
Procureur général de l'État de
Guerrero :
Mtro. Albertico Guinto Sierra Encargado
de Despacho de la PGJE de Guerrero,
Carretera Nacional México-Acapulco
Km. 6+300 Tramo Chilpancingo-
Petaquillos, Chilpancingo 39090,
Guerrero, Mexique
Fax : +52 747 472 2328
Courriel : cprocurador@pgjgro.gob.mx
Formule d'appel : Señor Procurador, /
Monsieur le Procureur général,
Veuillez également adresser des copies à Organisation de défense des droits humains : Centro de Derechos Humanos de la Montaña
« Tlachinollan » AC. Courriel : cdhm@tlachinollan.org
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date
indiquée ci-dessus. Merci.
15 mars 2010
ACTION URGENTE
UNE FENSEURE DES DROITS FONDAMENTAUX DES
INDIGÈNES EST EN DANGER
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En tant que fondatrice et directrice de l'OPIM, Obtilia Eugenio Manuel a été la cible de nombreuses menaces, manœuvres
d'intimidation et opérations de surveillance. L'une des plus récentes manœuvres d'intimidation dont elle a fait l'objet s'est
déroulée le 17 mars 2009, juste après une cérémonie religieuse en mémoire du défenseur des droits humains Raúl Lucas Lucía,
dirigeant d'une autre organisation locale de défense des droits fondamentaux des indigènes, qui a été tué en février 2009. Obtilia
Eugenia Manuel a reçu sur son téléphone portable trois SMS la menaçant de mort ; l'un des messages la prévenait aussi
qu'aucune organisation de défense des droits humains ne pourrait la protéger. En janvier 2009, Obtilia Eugenio Manuel a été
suivie à plusieurs reprises. Elle a reconnu l'un des hommes qui la suivaient : il s'agissait d'un partisan d'un cacique (dirigeant
politique local). Un autre homme lui a crié par la fenêtre de sa voiture : « Tu te crois si courageuse ? Tu penses être une vraie
femme ? Espérons que tu iras aussi en prison […]. Si tu ne vas pas en prison, on te tuera. » (voir l'AC/AU 314/08, AMR
41/006/2009)
Le 9 avril 2009, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a adopté des mesures conservatoires exigeant que les autorités
prennent des dispositions pour protéger la vie et l'intégrité d'Obtilia Eugenio Manuel, de sa famille, des autres membres de
l'OPIM et de 29 membres du Centre de Tlachinollan, qui ont également été menacés. Si certaines mesures de protection ont été
mises en place, les autorités de l'État n'ont pas avancé dans l'enquête sur les menaces contre Obtilia Eugenio Manuel ou le
Centre de Tlachinollan.
En avril 2010, la Cour interaméricaine des droits de l'homme examinera le cas d'Inés Fernandez, une femme indigène violée par
des militaires en 2002, dont l'affaire n'a jamais fait l'objet d'une véritable enquête. Obtilia Eugenio Manuel s'est associée dès le
début au combat visant à obtenir justice pour Inés Fernandez et pourrait être citée comme témoin. Elle a aussi demandé
ouvertement qu'il soit mis fin au harcèlement et aux manœuvres d'intimidation dont sont victimes des militants de l'OPIM. Elle a,
en particulier, dirigé la campagne en faveur de la libération immédiate et inconditionnelle de Raúl Hernández, un prisonnier
d'opinion soutenu par Amnesty International.
Pour obtenir davantage d'informations sur les risques encourus par les défenseurs des droits humains au Mexique, veuillez
consulter le rapport d'Amnesty International intitulé La lutte pour la justice et la dignité. Les défenseurs des droits humains au
Mexique, AMR 41/032/2009, disponible à l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR41/032/2009/fr.
AU 63/10, AMR 41/021/2010, 15 mars 2010

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?