• Campagnes

Mexique. Disparition forcée de quatre jeunes hommes

, N° d'index: AMR 41/019/2011

On ignore ce qu'il est advenu de quatre jeunes hommes arrêtés par la police de la municipalité de Ciudad Juárez, dans l'État de Chihuahua. Amnesty International s'inquiète vivement pour leur sécurité, ainsi que pour celle de témoins, de proches et de défenseurs des droits humains travaillant sur cette affaire qui risquent de faire l'objet de menaces ou d'actes d'intimidation.

AU 105/11, AMR 41/019/2011 Mexique 7 avril 2011
ACTION URGENTE
MEXIQUE. DISPARITION FORCÉE DE QUATRE JEUNES HOMMES
On ignore ce qu'il est advenu de quatre jeunes hommes arrêtés par la police de la municipalité de Ciudad
Juárez, dans l'État de Chihuahua. Amnesty International s'inquiète vivement pour leur sécurité, ainsi que
pour celle de témoins, de proches et de défenseurs des droits humains travaillant sur cette affaire qui
risquent de faire l'objet de menaces ou d'actes d'intimidation.
Le 26 mars, selon plusieurs témoins, des membres de l'unité Delta de la police municipale ont immobilisé la voiture à
bord de laquelle Juan Carlos Chavira, 28 ans, Dante Castillo, 25 ans, Raúl Navarro, 29 ans, et Félix Vizcarra, 22 ans,
traversaient le quartier Pradera de los Oasis, à Ciudad Juárez, et ils ont arrêté les quatre hommes. Des témoins ont
reconnu les véhicules de la patrouille d'élite de la police qui serait chargée d'assurer la sécurité personnelle du nouveau
responsable de la sécurité publique de la ville. Un policier serait parti au volant de la voiture des quatre hommes. Le
véhicule a été retrouvé par la suite, abandonné. Selon la police, l'arrestation de Juan Carlos Chavira, Dante Castillo, Raúl
Navarro et Félix Vizcarra n'apparaît dans aucun registre et les policiers de l'unité Delta ont nié toute implication dans ces
disparitions forcées.
Les familles de ces hommes ont fait part de leur préoccupation concernant leur propre sécurité étant donné qu'elles ont
exhorté les autorités à enquêter. Les témoins qui ont effectué des dépositions auprès des services du procureur général de
l'État pour permettre d'identifier les policiers impliqués pourraient également faire l'objet de représailles. Plus de
80 policiers municipaux se sont présentés au bureau du procureur général de l'État pour tenter de compliquer et de
retarder le processus d'identification. Les proches des quatre hommes ont également déposé une plainte auprès de la
Commission de défense des droits humains de l'État de Chihuahua et formé un recours en amparo (principe analogue à
celui de l'habeas corpus, qui peut être invoqué en cas de détention arbitraire par le détenu, ou par son avocat ou sa
famille lorsqu'il s'agit d'une personne « disparue »). Amnesty International est également préoccupée pour la sécurité de
Gustavo de la Rosa, le représentant de la Commission de défense des droits humains de l'État à Ciudad Juárez, qui s'est
exprimé sans détour pour réclamer une enquête exhaustive. Les proches des quatre hommes ont insisté auprès des
autorités pour obtenir des informations sur les disparus et ont déposé des plaintes auprès du bureau du procureur général
de l'État et de la Commission de défense des droits humains de l'État.
Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans
votre propre langue) :
exhortez les autorités à fournir des informations sur l'endroit où se trouvent Juan Carlos Chavira, Dante Castillo, Raúl
Navarro et Félix Vizcarra, et à faire en sorte que ces hommes soient présentés devant un tribunal et inculpés pour une
infraction dûment reconnue par la loi, ou libérés ;
priez les autorités de garantir la sécurité de Juan Carlos Chavira, Dante Castillo, Raúl Navarro et Félix Vizcarra, de leur
permettre d'entrer en contact avec leur famille et de bénéficier d'une assistance juridique et de soins médicaux ;
demandez que soit menée sans délai une enquête minutieuse, impartiale et exhaustive sur la disparition forcée de ces
quatre hommes le 26 mars, imputable à des policiers municipaux, que les conclusions de l'enquête soient rendues
publiques et que les responsables présumés rendent compte de leurs actes ;
demandez que les témoins, les proches des personnes disparues et les défenseurs des droits humains qui travaillent
sur cette affaire reçoivent la protection qu'ils demandent, et que toutes les entités concernées collaborent pleinement à
l'enquête et aux mesures prises pour localiser les quatre hommes.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 MAI 2011 À :
Gouverneur de l'État de Chihuahua
Lic. César Duarte Jaquez
Gobernador del Estado de Chihuahua,
Palacio del Gobierno, 1er piso, C.
Aldama #901, Col. Centro,
Chihuahua, Estado del Chihuahua, C.P.
31000, Mexique
Fax : +52 614 429 3300 (poste
11066)
Formule d'appel : Monsieur le
Gouverneur,
Maire de Ciudad Juárez
Ing. Héctor Murgía Lardizábal
Presidente Municipal de Ciudad Juárez
Unidad Administrativa Benito Juárez.
Primer piso, ala norte.
Av. Francisco Villa # 950 Norte, Cd.
Juárez, Chihuahua, Mexique
Courriel : presidente@juarez.gob.mx
Formule d'appel : Monsieur le Maire,
Ministre de l'Intérieur
Lic. José Francisco Blake Mora
Secretario, Sec. Del Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez,
Delegación Cuauhtémoc,
México D.F., C.P. 06600
Fax : +52 55 30032900 (on vous
demandera le numéro de poste,
composez le 32356)
Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
7 avril 2011
ACTION URGENTE
MEXIQUE. DISPARITION FORCÉE DE QUATRE JEUNES HOMMES
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis 2007, la violence liée au crime organisé s'est intensifiée au Mexique. Le gouvernement estime en effet que plus de
34 000 homicides commis depuis cette date ont un lien avec le crime organisé. En 2010, plus de 3 000 homicides ont été
recensés à Ciudad Juárez, l'une des villes les plus touchées du pays. Le gouvernement du président Calderón a tenté de lutter
contre les cartels de la drogue en déployant des milliers de policiers fédéraux et plus de 50 000 militaires dans les zones les plus
touchées, en particulier à Ciudad Juárez. Il a également procédé à une restructuration des forces de police fédérales et
municipales. Des militaires à la retraite ou en activité occupent des postes civils clés au sein des services de la sécurité publique
dans de nombreux endroits du pays. Malgré des rapports répétés de violations graves des droits humains, les homicides illégaux,
les disparitions forcées et les actes de torture imputables à différentes forces de police ou militaires font rarement l'objet
d'enquêtes et les responsables présumés sont rarement tenus de rendre des comptes.
AU 105/11, AMR 41/019/2011, 6 avril 2011

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?