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Mexique. Des familles divisées après une descente dans une communauté

, N° d'index: AMR 41/002/2012

Soixante-et-onze membres d'une communauté guatémaltèque ayant cherché refuge dans l'État du Tabasco, au Mexique, ont été incarcérés par les autorités mexicaines puis emmenés dans un centre de détention pour migrants. Plus de 100 autres membres de cette communauté se trouvent encore dans cet État. Des enfants comptent parmi les détenus et certaines familles auraient été divisées.

Action complémentaire sur l'AU 340/11, AMR 41/002/2012 - Mexique 11 janvier 2012
ACTION URGENTE
MEXIQUE. DES FAMILLES DIVISÉES APRÈS UNE DESCENTE DANS
UNE COMMUNAUTÉ
Soixante-et-onze membres d'une communauté guatémaltèque ayant cherché refuge dans l'État du Tabasco, au
Mexique, ont été incarcérés par les autorités mexicaines puis emmenés dans un centre de détention pour
migrants. Plus de 100 autres membres de cette communauté se trouvent encore dans cet État. Des enfants
comptent parmi les détenus et certaines familles auraient été divisées.
Tôt le matin du 9 janvier, la police mexicaine a fait une descente dans un camp de fortune vivaient des citoyens
guatémaltèques, dans la municipalité de Nuevo Progreso, dans l'État du Tabasco. Ces personnes appartiennent à la
population de Nueva Esperanza et ont fui le Guatemala pour se rendre au Mexique en août 2011, lorsque l'armée et la
police guatémaltèques les ont chassées de leurs terres. Elles n'ont reçu aucune solution de relogement dans leur pays.
Selon des témoins, les autorités mexicaines auraient essayé d'arrêter les enfants en premier pour que leurs familles
acceptent de les suivre et de monter dans les véhicules. En tout, 71 membres de cette communauté, dont au moins
45 enfants, ont été incarcérés puis emmenés dans un centre de détention pour migrants à Tapachula, dans l'État du
Chiapas, à des heures du premier endroit où ils avaient été détenus. On pense que des procédures de rapatriement ont été
lancées. Une centaine d'autres membres de la communauté ont réussi à s'enfuir et à retourner à Nuevo Progreso. Selon
des défenseurs des droits humains sur place, plusieurs familles ont été divisées pendant l'opération ; un garçon âgé de dix
ans s'est ainsi retrouvé seul dans le camp tandis que ses parents ont été placés en détention. Les personnes restées au
camp pourraient être interpellées à leur tour ou subir des représailles, certaines d'entre elles ayant affirmé que des
policiers ont menacé de revenir avec des renforts si elles ne rendaient pas à la police et aux services de l'immigration. Le
camp a été en partie détruit. Les services mexicains de l'immigration ont déclaré que cette opération était une mission de
« sauvetage humanitaire » afin que cette population cesse de vivre dans des conditions déplorables.
Aux termes de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, à laquelle le Mexique est partie, un enfant
ne devrait pas être séparé de ses parents à moins que des mesures concernant son bien-être soient en place. De plus, la
Convention dispose que les enfants ne doivent pas être privés du contact avec leurs familles.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :
exhortez les autorités à garantir que le rapatriement des membres de la population de Nueva Esperanza soit conforme
aux normes internationales relatives aux droits humains et ne soit à l'origine d'aucune division des familles ;
appelez-les à garantir que le traitement réservé à ces personnes respecte les obligations du Mexique en vertu de la
Convention relative aux droits de l'enfant ;
engagez-les à fournir des explications concernant la descente effectuée le 9 décembre dans le camp vivait cette
population, y compris la destruction partielle du camp et les menaces adressées aux personnes restées sur place.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 FÉVRIER 2012 À :
Président du Mexique
Felipe de Jesús Calderón Hinojosa
Residencia Oficial de “Los Pinos”
Casa Miguel Alemán
Col. San Miguel Chapultepec
México DF, CP 06600, Mexique
Fax : +52 55 5093 5321
Courriel :
felipe.calderon@presidencia.gob.mx
Formule d'appel : Excelentísimo Sr.
Presidente, / Monsieur le Président,
Directeur de l'Institut national des
migrations Salvador Beltrán del Río Madrid
Homero No. 1832; Piso 19
Col. Los Morales Polanco Del. Miguel
Hidalgo
México D.F. C.P.11510, Mexique
Courriel : sbeltrandelrio@inami.gob.mx
Fax : +52 55 53872484
Formule d'appel : Estimado Comisionado, /
Monsieur,
Gouverneur de l'État du Tabasco
Q.F.B. Andrés Granier Melo
Independencia # 2, Col. Centro
Villahermosa, Tabasco
México, CP 86000, Mexique
Fax : +52 993 314 2612
Courriel : gobernador@tabasco.gob.mx
Formule d'appel : Estimado Señor
Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de
l'AU 340/11. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR41/074/2011/fr.
11 janvier 2012
ACTION URGENTE
MEXIQUE. DES FAMILLES DIVISÉES APRÈS UNE DESCENTE DANS
UNE COMMUNAUTÉ
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 23 août, la population de Nueva Esperanza a été chassée de ses terres par des militaires et des policiers guatémaltèques. Elle
n'a reçu aucun préavis d'expulsion et ne s'est vue offrir aucune solution alternative de logement. Les autorités affirment que cette
population a être expulsée car les terres sur lesquelles elle était installée constituent une zone de protection de
l'environnement. Les maisons, l'école et l'église de la population ont été incendiées pendant l'opération.
Par conséquent, les 300 habitants, dont une centaine d'enfants et plusieurs femmes enceintes, ont cherché refuge au-delà de la
frontière mexicaine, dans la municipalité de Nuevo Progreso, dans l'État du Tabasco. La violence et la rapidité de l'expulsion ne
leur ont pas permis de récupérer leurs effets personnels avant de partir. Les autorités mexicaines ont fourni une aide à ces
personnes et leur ont permis de contacter les représentants du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). Néanmoins, les
membres de cette communauté n'ont pas cherché à obtenir le statut de réfugié car ils souhaitent rentrer dans leur pays.
Amnesty International exhorte les autorités guatémaltèques à résoudre ce litige sans délai et à accorder à la population de Nueva
Esperanza un autre terrain et une solution de logement adaptés, dans le respect de ses souhaits, ainsi qu'un accès à la
nourriture, à l'eau et à des services médicaux dans un lieu où l'intégrité physique de ces personnes peut être garantie.
Personnes concernées : population de Nueva Esperanza
Genre : hommes et femmes
Action complémentaire sur l'AU 340/11, AMR 41/002/2012, 11 janvier 2012

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