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Honduras. Des paysans en danger de mort sur fond de conflit foncier

, N° d'index: AMR 37/003/2013

Plusieurs membres d'une organisation paysanne du nord du Honduras ont été attaqués dans le cadre d'un conflit avec une entreprise locale qui affirme être la propriétaire de certaines terres. Trois ont été tués et deux, blessés. Les autres courent un grave danger.

AU 139/13, AMR 37/003/2013 Honduras 30 mai 2013
ACTION URGENTE
DES PAYSANS EN DANGER DE MORT SUR FOND DE
CONFLIT FONCIER
Plusieurs membres d'une organisation paysanne du nord du Honduras ont été attaqués dans le
cadre d'un conflit avec une entreprise locale qui affirme être la propriétaire de certaines terres.
Trois ont été tués et deux, blessés. Les autres courent un grave danger.
Le Mouvement paysan de San Manuel, Cortés (MOCSAN) est une organisation paysanne établie dans la vallée de
Sula (département de Cortés, nord du Honduras). Elle défend les droits fonciers des paysans et revendique une
parcelle de terre à El Coowle, près de la ville de San Manuel.
Son porte-parole, Nahum Ricardo Domínguez, a déclaré qu'il se trouvait sur la place d'El Progreso le 22 mai vers
9 h 15 lorsqu'une voiture blanche sans plaques d'immatriculation a avancé dans sa direction. Il a vu trois hommes à
bord. Deux sont sortis et ont croisé son regard en brandissant un pistolet. Il a alors couru se réfugier dans un centre
commercial. Il avait récemment donné des conférences de presse et des interviews au sujet du conflit foncier.
Le 20 mai en début de matinée, Marilú Miranda Orellana, également membre du MOCSAN, a quitté un campement
situé sur la parcelle litigieuse d'El Coowle. Des témoins ont vu quatre hommes la suivre. Alors qu'elle s'approchait
de sa maison, à El Progreso, ils l'ont tuée de plusieurs balles dans le dos.
Le 17 mai, quelque 500 paysans appartenant au MOCSAN avaient organisé une manifestation afin de réclamer la
restitution d'une parcelle de terre. Des agents de sécurité employés par une entreprise locale ont ouvert le feu sur
les manifestants, tuant Valentín Caravantes et Celso Ruiz et blessant grièvement Adolfo Melgar et Santos Aníbal
Melgar. L'un de ces derniers est toujours à l'hôpital et l'autre doit y retourner afin de recevoir de nouveaux soins.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :
exhortez les autorités à fournir immédiatement une protection adaptée à Nahum Ricardo Domínguez et à tous les
autres membres du MOCSAN, dans le respect de leurs souhaits ;
demandez-leur de diligenter une enquête approfondie et indépendante sur les homicides, les attaques et le
harcèlement dont ont été victimes des membres du MOCSAN, en particulier sur les allégations selon lesquelles la police
n'est pas intervenue lorsque les agents de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants le 17 mai ;
priez-les instamment de veiller à ce qu'Adolfo Melgar et Santos Aníbal Melgar bénéficient de tous les soins médicaux
dont ils pourraient avoir besoin.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 JUILLET 2013 À :
Procureur spécial chargé des droits
humains
René David Diaz
Fiscalía Regional del Ministerio Publico
Bo. Lempira, 10 y 11 calle,
5ta y 6ta Ave., Edificio Fernandez
Guzman, San Pedro Sula, Honduras
Fax : +504 2553 6314 (dites “tono de
fax por favor”)
Formule d'appel : Sr. Fiscal Especial, /
Monsieur le Procureur spécial,
Ministre de l'Intérieur
Sr. Arturo Corrales
Secretaría de Estado en el Despacho de
Seguridad
Plantel Casamata, subida al Picacho
Tegucigalpa, M.D.C.
Honduras
Fax : +504 2220 1756
Formule d'appel : Señor Ministro del
Interior, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre de la Santé
Dra. Roxana Aurajo
Secretaría de Estado en el Despacho de
Salud
2 Calle, Avenida Cervantes,
Tegucigalpa, M.D.C.
Honduras
Courriel :
comunicacionessalud@yahoo.com
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Honduras dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
DES PAYSANS EN DANGER DE MORT SUR FOND DE
CONFLIT FONCIER
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Le MOCSAN affirme que les terres qui sont au cœur du conflit n'appartiennent pas à l'entreprise en question car l'Institut agraire
national (INA) les a saisies en 2012. Il soutient également que la police n'est pas intervenue lorsque les agents de sécurité ont
ouvert le feu sur les manifestants le 17 mai.
Depuis quelques années, les défenseurs des droits humains sont harcelés et agressés au Honduras. Certains ont même été tués
en raison de leurs activités. Amnesty International a récemment mis en lumière leur situation dans son rapport annuel et dans le
rapport intitulé Transformer la douleur en espoir. Les défenseur-e-s des droits humains dans les Amériques
(http://amnesty.org/fr/library/info/AMR01/006/2012/fr). Dans ces documents, l'organisation évoque les menaces et les attaques
dont ont été victimes des dirigeants de communautés paysannes et des défenseurs des droits humains représentant ces
communautés dans des conflits fonciers à Bajo Aguán (nord du Honduras).
Antonio Trejo Cabrera, avocat spécialiste des droits humains, a été abattu en septembre 2012 à Tegucigalpa, la capitale. Il
représentait trois coopératives paysannes et avait aidé des agriculteurs à faire valoir leurs droits à la terre.
Noms : Nahum Ricardo Domínguez (h), Marilú Miranda Orellana (f), Valentín Caravantes (h), Celso Ruiz, Adolfo Melgar (h), Santos Aníbal Melgar
(h) et les autres membres du MOCSAN
Genre : hommes et femmes
AU 139/13, AMR 37/003/2013, 30 mai 2013

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