• Campagnes

Guatémala : Crainte pour la sécurité : Paysans de la communauté d'El Sauce

, N° d'index: AMR 34/001/1997

Amnesty International est vivement préoccupée par la sécurité de 15 familles de la communauté d'El Sauce, près d'El Estor (département d'Izabal), victimes le 24 janvier 1997 d'une attaque au cours de laquelle Rosa Pec Chub a été tuée et son fils Juan Rax Chub, blessé.

ACTION URGENTE
EXTERNEÉFAI AU 970059 AMR 34/01/97
AU 32/97
"Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs
idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer"
CRAINTE POUR LACURI
GUATÉMALA Paysans de la communauté d'El Sauce
Rosa Pec Chub (f), 57 ans
Juan Rax Chub, son fils
_________________________________________________________________________
_______________________________
Londres, le 30 janvier 1997
Amnesty International est vivement préoccupée par la sécuri de 15 familles de la communauté d'El
Sauce, près d'El Estor (département d'Izabal), victimes le 24 janvier 1997 d'une attaque au cours de
laquelle Rosa Pec Chub a été tuée et son fils Juan Rax Chub, blessé.
Selon des témoins oculaires, le 24 janvier à 5 heures du matin, une centaine d'individus puissamment
armés, qui étaient conduits par un propriétaire terrien local et qui comptaient dans leurs rangs des
agents de sécurité privés et d'autres employés, ont fait irruption dans le village et tiré des coups de
feu. Plusieurs femmes étaient en train de préparer à manger lorsque le propriétaire, vociférant
et jurant, aurait tiré dans leur direction, tuant Rosa Pec Chub. Lorsque le fils de la victime a protesté,
le proprtaire a hur: « calla, hijo de puta, fuera de aquí que estas son mis tierras » (Tais-toi, fils de
p...! Fous le camp d'ici, ces terres sont à moi), puis il a tiré dans sa direction, le blessant à la hanche
droite. Les attaquants ont alorstruit les maisons, les coltes et la chapelle de la communauté.
L'Organisation est fone à croire que le proprtaire foncier agissait de connivence avec les
autorités locales, qui n'ont pris aucune mesure pour prévenir cette attaque et assurer la sécurité des
habitants. Par ailleurs, Amnesty International est préoccupée par le fait que les agents de sécuri
privés
1
recrutés par le proprtaire terrien semblent avoir agi en dehors de tout contle de ltat. Ces
hommes, souvent d'anciens membres des forces de sécurité, sont emplos par les propriétaires
fonciers et opèrent fréquemment avec la collaboration et l'assentiment des responsables locaux des
forces de curité.
1 Aux termes de l'article 8 de la loi relative à la police privée (décret 73-70 d'octobre 1970), les
agents de sécurité privés relèvent « du ministère de l'Intérieur et dépendent de la Direction générale
de la police nationale ». Conformément à l'article 14 de la même loi, « dans les affaires tombant sous le
coup de la loi relative à la sécuripublique, les agents de curité privés collaborent directement
avec la Direction rale de la police nationale ».
Les membres de la communauté d'El Sauce habitent sur une terre qui appartient, selon certaines
informations, à l'Asociacn de Educacn y Asistencias Sociales (EDUCASISTA, Association
d'éducation et d'assistance sociale). Le propriétaire responsable de l'attaque conteste aux paysans le
droit de vivre sur ces terres. Amnesty International ne prend pas position sur les litiges fonciers ni
sur les décisions de justice portant sur l'occupation des terres. Cependant, elle pense que l'attaque
d'El Sauce avait pour objectif d'intimider les paysans pour les contraindre à fuir et à renoncer à
leur droit légitime de mener une action pour rester sur ces terres. En outre, l'Organisation n'a eu
connaissance d'aucun mandat d'arrêt décer à l'encontre des personnes soupçones d'avoir
participé à l'attaque d'El Sauce.
INFORMATIONS RALES
Amnesty International est gravement préoccupée par les informations suggérant que les personnes
qui militent en faveur du droit à la terre dans la région d'El Estor (département d'Izabal) sont
systématiquement victimes de manœuvres d'intimidation. Le 12 juin 1995, Carlos Lee Juc, militant
associatif originaire de Rubelpec, dans la gion d'El Estor, a été poignarà mort au cours d'une
manifestation menée par des habitants d'El Estor. Un comisionado militar (auxiliaire militaire) aurait
blessé un autre paysan participant à la manifestation et menacé de tuer trois membres du comité des
droits de l'homme de cette communauté. Le père Daniel Joseph Vogt, qui soutient les initiatives des
paysans, a reçu des menaces de mort tout au long de l'ane 1996. D'autres membres de la paroisse
ont également été menacés et accusés dtre des « guérilleros ».
Ceux qui militent en faveur du droit à la terre et les membres du clergé qui leur apportent leur soutien
sont souvent menas de mort et harces par les membres des forces de curité et les agents de
sécurité privés. Au cours de l'ane 1996, Amnesty International a reçu des informations indiquant
que plus de dix personnes avaient été tuées dans des circonstances non élucies, dans le cadre de
violents conflits agraires au Guatémala.
ACTION RECOMMANE : télégramme/télex/aérogramme/lettre par avion/fax (en espagnol, en
anglais ou dans votre propre langue) :
demandez qu'une enquête exhaustive et impartiale soit menée dans les meilleurs délais sur
l'attaque d'El Sauce près d'El Estor (département d'Izabal) le 24 janvier 1997, et en particulier sur les
informations selon lesquelles des agents de sécurité privés, agissant de connivence avec les
autorités locales et des membres des forces decurité, ont participé à cette attaque ;
insistez pour que les responsables de cette attaque, au cours de laquelle Rosa Pec Chub a été tuée
et son fils Juan Rax Chub, blessé, soient traduits en justice et pour que les victimes et leurs proches
soient indemnisés ;
demandez que soient interdits et démantelés tous les "escadrons de la mort", armées privées,
groupes de criminels et forces paramilitaires qui opèrent en dehors de tout contrôle hiérarchique,
tout en bénéficiant d'une forme de soutien ou d'accord officiel ;
demandez que soit adopet mis en œuvre un code de conduite des agents de sécurité privés
opérant sous la tutelle de la police nationale. Ce code devrait se fonder sur les Principes de base des
Nations unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de
l'application des lois.
APPELS À :
Ministre de l'Intérieur
Sr. Ministro de Gobernacn
Lic. Rodolfo Mendoza
Ministerio de Gobernación
Despacho Ministerial, Of. No.8
Palacio Nacional, 6a Calle y 7
a
Avda, Zona 1
Ciudad de Guatemala, Guatémala
légrammes : Ministro de
Gobernacn, Guatemala, Guatemala
Fax : 502 251 53 68
Formule d'appel : Sr. Ministro, Monsieur le Ministre,
Dear Minister,
Procureur ral
Sr. Fiscal General de la Nacn
Lic. Héctor Hugo Pérez Aguilera
Ministerioblico
18 Calle 10-36, Zona 1
Ciudad de Guatemala, Guatémala
Fax : 502 331 7066
légrammes : Fiscal General, Guatemala, Guatemala
Formule d'appel : Sr. Fiscal General, Monsieur le
Procureur ral, Dear Attorney General,
Gouverneur du partement d'Izabal
Gobernador Departamental de Izabal
7 Calle y 1 Avenida
Puerto Barrios, Izabal, Guatemala
Fax : 502 948 0175
légrammes : Gobernador, Puerto Barrios, Izabal,
Guatemala
Formule d'appel : Sr. Gobernador, Monsieur le
gouverneur, Dear Governor,
Procureur d'Izabal
Lic. Ramón Garcia Stany
Fiscal Distrital
Ministerioblico
Puerto Barrios, Izabal, Guatemala
Fax : 502 948 1193
légrammes : Fiscal Distrital, Puerto Barrios, Izabal,
Guatemala
Formule d'appel : Sr. Fiscal Distrital, Monsieur le
procureur, Dear District Attorney,
COPIES À :
Présidente de la Commission chare de la
coordination de la politique de l'ecutif en matière de
droits de l'homme (COPREDEH)
Lcda. Marta Altolaguirre
15 Avenida 18-38, Zona 13
Ciudad de Guatemala, Guatémala
Comité Pro-Adquisición de Tierra (ONG)
Parroquia San Pedro
18003 El Estor, Izabal
Guatémala
ainsi qu'aux repsentants diplomatiques du Guatémala dans votre pays
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 20 MARS 1997, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION
S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?