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Salvador. Une femme victime de mauvais traitements

, N° d'index: AMR 29/007/2012

La Salvadorienne « Mery » se voit refuser l'assistance juridique et les soins médicaux dont elle a besoin de toute urgence. Cette femme est victime d'un traitement cruel, inhumain et dégradant.

AU 316/12, AMR 29/007/2012 - Salvador 25 octobre 2012
ACTION URGENTE
SALVADOR. UNE FEMME VICTIME DE MAUVAIS TRAITEMENTS
La Salvadorienne « Mery » se voit refuser l'assistance juridique et les soins médicaux dont elle a besoin
de toute urgence. Cette femme est victime d'un traitement cruel, inhumain et dégradant.
Au Salvador, l'avortement est considéré comme un crime en toutes circonstances. En mars 2012, « Mery », âgée de
27 ans et enceinte de huit semaines, a voulu avorter clandestinement au moyen de médicaments. Après en avoir
pris, elle s'est rendue au l'pital car elle s'inquiétait de ressentir des effets inhabituels. Plusieurs membres du
personnel l'ont dénoncée à la police, qui l'a arrêtée immédiatement. Cette femme était profondément bouleversée et
paniquée. Malgré sa condition physique et mentale, elle a été menottée au brancard et placée sous surveillance
policière.
La santé mentale de « Mery » était très fragile et se détériorait. Le 28 août dernier, cette femme a été déclarée
coupable et condamnée à deux ans d'emprisonnement pour avoir provoqué son avortement. Le juge a insisté pour
qu'elle purge sa peine en prison, l'empêchant ainsi de recevoir l'aide et le traitement psychologiques dont elle avait
besoin.
Le 3 septembre, alors qu'elle se trouvait au Centre de réadaptation pour femmes à Ilopango, dans le département de
San Salvador, « Mery » a essayé de se suicider en utilisant un clou rouillé pour s'ouvrir les veines. Elle a été
transférée vers le service psychiatrique de l'hôpital polyclinique Arce, elle se trouve actuellement et elle est
constamment menottée et sous surveillance. Certains gardiens l'insultent, l'appelant une « meurtrière », et
l'empêchent, de même que d'autres représentants des autorités, d'obtenir une assistance juridique et un soutien
psychologique. L'utilisation constante de menottes a également des effets négatifs sur la santé mentale de « Mery »,
dont la condition mentale et physique se dégrade.
L'affaire et le vrai nom de cette femme sont connus des autorités.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :
appelez les autorités à libérer « Mery » immédiatement et sans condition ;
demandez-leur d'empêcher que cette femme soit de nouveau victime de mauvais traitements, et d'ordonner
qu'elle puisse immédiatement et librement obtenir une assistance juridique, une aide psychologique et des soins
médicaux, et qu'on lui retire les menottes sans délai ;
priez-les instamment de décriminaliser l'avortement en toutes circonstances.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 6 DÉCEMBRE 2012 À :
Ministre de la Justice et de la Sécurité
publique
David Munguía Payés
Ministerio de Justicia y Seguridad Pública
Alameda Juan Pablo II y 17 Av. Norte
San Salvador, Salvador
Fax : +503 2281 5959
Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le
Ministre,
Directeur de la Sécurité sociale
Leonel Flores
Director General del Instituto Salvadoreño
del Seguro Social
Alameda Juan Pablo II y 39 Avenida Norte
Edificio El Salvador, San Salvador
Salvador
Fax : +503 22 61 14 36 (dites « tono de
fax »)
Courriel : comunicaciones@isss.gob.sv
Formule d'appel : Estimado Dr, / Monsieur,
Copies à :
Agrupación Ciudadana por la
Despenalización del aborto terapéutico, ético
y eugenésico
Fax : +503 2226 0356 (dites « tono de
fax »)
Courriel :
agrupacionporladespenalizacion@gmail.com
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Salvador dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
25 octobre 2012
ACTION URGENTE
SALVADOR. UNE FEMME VICTIME DE MAUVAIS TRAITEMENTS
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Les droits sexuels et reproductifs découlent des droits fondamentaux reconnus par les traités internationaux, les normes
régionales, les constitutions nationales et les diverses normes pertinentes relatifs aux droits humains. La réalisation de ces droits
nécessite le respect : des droits relatifs à l'intégrité physique et mentale, notamment à la vie, à la liberté et à la sécurité de la
personne ; du droit de ne pas être torturé et de ne pas être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants ; du droit à
la vie privée et à la vie familiale ; des droits relatifs à la liberté d'opinion et d'expression ; et du droit de ne pas subir de
discrimination. Ces droits correspondent directement aux principes qui sont à la base des droits sexuels et reproductifs :
l'intégrité physique et mentale de la personne, son autonomie, et la non-discrimination liée aux questions de genre, de race,
d'origine nationale, d'orientation sexuelle, de handicap ou de statut socioéconomique.
Les droits sexuels et reproductifs sont une composante essentielle des droits fondamentaux de toute personne. Leur respect est
indispensable à la dignité humaine et au bien-être physique, affectif, mental et social. Leur satisfaction améliore la vie et les
relations personnelles, et contribue à l'égalité des genres et à l'autonomisation. Toute personne doit avoir la possibilité de jouir de
ces droits en toute liberté et sans contrainte, discrimination ou violence.
En juin 2011, la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les violences faites aux femmes a exprimé ses vives inquiétudes
quant à l'ampleur des violences commises à l'encontre des femmes au Salvador ; elle a également affirmé que l'inaction du
gouvernement concernant les enquêtes, les poursuites et les réparations à verser dans de telles affaires avait engendré un climat
d'impunité pour les violences liées au genre.
Dans son rapport, elle a exhorté le gouvernement à réviser les lois prohibant l'avortement en toutes circonstances, y compris
lorsque la vie ou la santé de la femme ou de la jeune fille est en danger, ou si elle a été victime d'un viol.
Nom : « Mery » (vrai nom connu des autorités)
Genre : femme
AU 316/12, AMR 29/007/2012, 25 octobre 2012

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