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Équateur. Menaces de mort. Défenseurs des droits humains : Joel Vicente Zhunio Samaniego ; Wilmar Fernando Mejia Reinoso ; Etelvina de Jesus Misacango Chuñir

, N° d'index: AMR 28/002/2009

ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 28/002/2009 ÉFAI
22 mai 2009
AU 132/09 Menaces de mort
ÉQUATEUR Joel Vicente Zhunio Samaniego (h) ]
Wilmar Fernando Mejia Reinoso (h) ] défenseurs des droits humains
Etelvina de Jesus Misacango Chuñir (f) ]
Un fonctionnaire a menacé de mort les défenseurs des droits humains Joel Vicente Zhunio Samaniego et
Wilmar Fernando Mejia Reinoso. La militante des droits humains Etelvina de Jesus Misacango Chuñir a été
menacée et agressée en raison de ses activités. Ces trois personnes sont en grand danger.
Elles appartiennent à des organisations faisant partie de la Coordination nationale pour la défense de la vie et
de la souveraineté (CNDVS), dont le siège se trouve dans le sud-est du pays. Le 9 mai, Joel Vicente Zhunio
Samaniego et Wilmar Fernando Mejia Reinoso ont participé à une manifestation qui s'est déroulée dans la
ville de San Miguel de Conchay (province de Morona Santiago) à l'instigation d'une organisation membre de la
CNDVS. Ils protestaient contre une réunion rassemblant le représentant provincial du gouvernement national,
des agriculteurs locaux, ainsi que des représentants d'une société minière canadienne qui, selon la CNDVS,
travaille dans cette région avec une licence expirée.
Lorsque les manifestants sont arrivés devant le lieu de réunion, le représentant provincial s'est adressé en
criant à Wilmar Fernando Mejia Reinoso et Joel Vicente Zhunio Samaniego : « Vous, déguerpissez, allez à
Gualaquiza [une ville voisine], vous n'avez rien à faire dans ma ville, vous n'êtes pas d'ici, je suis en train de
tenir une réunion. » Puis il a montré du doigt Joel Vicente Zhunio Samaniego et a déclaré : « Tu es un homme
mort. » Des policiers sont intervenus pour le calmer. Joel Vicente Zhunio Samaniego et Wilmar Fernando
Mejia Reinoso ont fait part de ces menaces au médiateur de la province le 12 mai mais, à la connaissance
d'Amnesty International, aucune enquête sur le comportement du représentant provincial n'a été ouverte.
Le 22 avril, Etelvina de Jesus Misacango Chuñir a été attaquée par quatre hommes qui vivaient près de chez
elle, dans la ville de Molleturo (canton de Cuenca, province d'Azuay). Elle avait presque rejoint son domicile
lorsque ceux-ci se sont mis à crier : « Paresseuse, tu fais des histoires parce que tu es paresseuse […]. Vous
êtes contre les mines parce que vous êtes paresseux. » Ils l'ont ensuite jetée à terre, puis l'ont rouée de coups
de poing et de pied. Elle a réussi à entrer dans sa maison, mais ils l'ont suivie à l'intérieur et s'en sont de
nouveau pris à elle. Ils s'en sont également pris à son fils, qui avait tenté de la défendre. Les agresseurs n'ont
cessé que lorsque des voisins, qui les ont vu traîner Etelvina Jesus Misacango Chuñir hors de chez elle en la
tirant par les cheveux, sont intervenus.
Etelvina de Jesus Misacango Chuñir a porté plainte auprès du parquet le 23 avril. Aucune enquête ne semble
avoir été effectuée sur cette agression. On croit savoir que cette attaque a été menée en représailles, à cause
de son opposition aux activités minières dans la région. Etelvina de Jesus Misacango Chuñir est connue
localement pour la campagne qu'elle mène contre une entreprise canadienne d'exploitation de mines d'or.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Plusieurs militants œuvrant en faveur des droits des populations affectées par des projets miniers, notamment
des membres de la CNDVS, ont été menacés. Aucune de ces menaces n'a fait l'objet d'une enquête
approfondie et, à la connaissance d'Amnesty International, personne n'a été traduit en justice.
Des membres d'organisations non gouvernementales (ONG) locales appartenant à la CNDVS et d'autres
personnes qui se sont opposées aux projets miniers et à la politique gouvernementale en matière
d'exploitation minière ont été inculpés de plusieurs infractions, notamment de terrorisme. En janvier, Amnesty
International a envoyé aux autorités une lettre exprimant sa crainte que Joel Vicente Zhunio Samaniego et
d'autres personnes aient peut-être été victimes de détention arbitraire et d'un recours excessif à la force. Au
moins 20 personnes ont été arrêtées en janvier, après avoir pris part aux manifestations contre l'adoption
d'une nouvelle loi relative à l'exploitation minière.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- dites-vous inquiet pour la sécurité de Joel Vicente Zhunio Samaniego et Wilmar Fernando Mejia Reinoso, qui
ont reçu des menaces le 9 mai, ainsi que d'Etelvina de Jesus Misacango Chuñir, qui a été attaquée le
22 avril ;
- exhortez les autorités à mettre tout en œuvre pour assurer leur sécurité et celle de tous les membres de la
Coordination nationale pour la défense de la vie et de la souveraineté ;
- appelez-les à diligenter dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur les menaces proférées à
l'encontre de Joel Vicente Zhunio Samaniego et de Wilmar Fernando Mejia Reinoso, ainsi que sur l'agression
dont a été victime Etelvina de Jesus Misacango Chuñir, et à traduire les responsables présumés en justice ;
- rappelez aux autorités qu'elles ont l'obligation, en vertu de la Déclaration des Nations unies sur les
défenseurs des droits de l'homme, de reconnaître la légitimité des activités des défenseurs des droits humains,
ainsi que leur droit à mener leurs activités sans restriction ni crainte de représailles.
APPELS À :
Ministre de la Justice et des Droits humains :
Ab. Néstor Arbito Chica
Ministro de Justicia y Derechos Humanos
Ministerio de Justicia y Derechos Humanos
Edificio Anexo al Ministerio de Educación
Av. Amazonas 4545 y Atahualpa
Quito, Équateur
Fax : +593 2 246 4914
Formule d'appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
Procureur général :
Dr. Washington Pesántez Muñoz
Ministro Fiscal General del Estado
Fiscalía General del Estado
Av. 12 Octubre y Patria
Quito, Équateur
Fax : +593 2 256 1701 ext. 2300
Courriers électroniques : fiscalia@minpec.gov.ec
Formule d'appel : Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,
COPIES aux représentants diplomatiques de l'Équateur dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 3 JUILLET 2009, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE
SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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