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Colombie. Des paramilitaires adressent des menaces de mort

, N° d'index: AMR 23/032/2013

En deux occasions différentes, les 16 et 17 juillet dernier, des paramilitaires ont adressé des avertissements et des menaces de mort à des défenseurs des droits humains, dont Rocio Campos et Elizardo Badillo, chez qui les paramilitaires ont déposé un message la veille à son domicile, le menaçant de mort ainsi que d'autres membres du mouvement en faveur des libertés fondamentales de Barrancabermeja, dans le nord de la Colombie.

AU 190/13, AMR 23/032/2013 Colombie 24 juillet 2013
ACTION URGENTE
COLOMBIE. DES PARAMILITAIRES ADRESSENT DES MENACES DE MORT
En deux occasions différentes, les 16 et 17 juillet dernier, des paramilitaires ont adressé des
avertissements et des menaces de mort à des défenseurs des droits humains, dont Rocio Campos et
Elizardo Badillo, chez qui les paramilitaires ont déposé un message la veille à son domicile, le menaçant
de mort ainsi que dautres membres du mouvement en faveur des libertés fondamentales de
Barrancabermeja, dans le nord de la Colombie.
Le 17 juillet 2013, deux hommes montés sur une moto non immatriculée sont arrivés chez Rocio Campos, à
Barrancabermeja, dans la région du Magdalena Medio (nord du pays). Cette femme est membre de la section du
Magdalena Medio du Mouvement national des victimes de crimes dÉtat (MOVICE). Elle ne se trouvait pas à son
domicile à ce moment-là et les deux hommes, dont un était apparemment armé, ont dit à sa fille : « Dis-lui que
ceux qui lui ont interdit de faire son travail en faveur des droits humains sont en train de la chercher. » Rocio
Campos se bat pour obtenir vérité et justice, en particulier dans laffaire du massacre commis par des paramilitaires
le 16 mai 1998. Ce jour-là, outre ceux qui ont été tués, 25 personnes, dont le frère de la militante, ont été victimes
de disparition forcée. La dépouille de certaines dentre elles ont été rendues à leurs familles au cours dune
cérémonie qui a eu lieu les 5 et 6 juillet. À cette occasion, Rocio Campos sest adressée aux médias pour réclamer
justice.
Le 16 juillet 2013, une menace de mort a été déposée au domicile du dirigeant associatif Elizardo Badillo. Sur le
message figurait le même logo paramilitaire qui apparaissait sur un message similaire adressé le 11 juillet dernier à
Juan Carlos Galvis, des militants LGBTI et d’autres personnes
(voir http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR23/030/2013/fr). Plusieurs organisations et individus en faveur des
libertés fondamentales étaient cités dans cette nouvelle menace, notamment la coalition Espace des défenseurs des
droits humains (ETTDH) à Barrancabermeja, à laquelle MOVICE Magdalena Medio appartient. Le message indiquait
que les personnes et organisations nommées avaient jusquau 4 août prochain pour quitter la ville et prévenait :
« Ne perdez pas votre temps à porter plainte et à jouer aux policiers, cette sentence de mort est définitive. »
Plusieurs membres de mouvements sociaux et de défense des droits humains à Barrancabermeja ont discuté dune
éventuelle réunion publique qui se tiendrait le 3 août.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :
faites part de votre inquiétude concernant Rocio Campos et dautres membres du MOVICE, ainsi quElizardo
Badillo et les autres personnes nommées dans la menace de mort (voir deuxième page), et appelez les autorités à
leur fournir une protection efficace, dans le respect de leurs souhaits ;
engagez-les à diligenter des enquêtes minutieuses et impartiales sur les menaces adressées à ces personnes, à
rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice ;
exhortez-les à prendre sans délai des mesures pour démanteler les groupes paramilitaires, comme le
gouvernement sy est engagé et conformément aux recommandations des Nations unies et dautres organisations
intergouvernementales.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 4 SEPTEMBRE 2013 À :
Président de la Colombie
Juan Manuel Santos
Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 596 0631
Formule dappel : Excmo. Sr. Presidente
Santos, / Monsieur le Président,
Ministre des Affaires étrangères
María Ángela Holguín
Ministerio de Relaciones Exteriores
Palacio San Carlos, Calle 10 No. 5-51
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 381 4742 (merci de vous
montrer persévérant-e)
Formule dappel : Estimada Ministra, /
Madame la Ministre,
Copies à :
MOVICE Magdalena Medio
Carrera 18 No 48-18
Barrio Colombia
Barrancabermeja, Colombie
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section sil faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
24 juillet 2013
ACTION URGENTE
COLOMBIE. DES PARAMILITAIRES ADRESSENT DES MENACES DE MORT
COMPLÉMENT DINFORMATION
Les civils sont les principales victimes du conflit armé qui déchire la Colombie depuis de nombreuses années et qui oppose les
forces de sécurité, agissant seules ou avec la complicité des paramilitaires, à divers groupes de guérilla. Les membres de
syndicats, dorganisations de défense des droits humains et dautres organisations à vocation sociale sont souvent accusés par les
forces de sécurité et les paramilitaires de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla. Par conséquent, ils sont souvent victimes
dhomicides, de menaces ou de disparitions forcées. Des défenseurs des droits humains ont également été menacés ou tués par
des groupes de guérilleros qui les accusaient de se ranger du côté de lennemi.
Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre dun programme lancé par le
gouvernement en 2003, mais les menaces proférées contre des organisations de défense des droits humains et des syndicats,
dans la région du Magdalena Medio et ailleurs, montrent quils sont toujours actifs. Plusieurs organisations colombiennes de
défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que les paramilitaires incarcérés continuent de fomenter
des crimes depuis leur prison.
Depuis ces dernières années, des mouvements de guérilla sont également à lorigine de bon nombre dhomicides et de menaces
dans le pays.
Le MOVICE est une vaste coalition dorganisations de la société civile, qui milite pour obtenir vérité, justice et réparation au nom
des victimes du conflit armé qui déchire la Colombie depuis des années. Ses membres rassemblent des informations et
dénoncent de nombreux cas dhomicides et de disparitions forcées orchestrés par les forces de sécurité et les groupes
paramilitaires.
LEspace des défenseurs des droits humains est une coalition de différents secteurs de la société civile, comprenant des
organisations de défense des droits humains, des syndicats et des militants LGBTI à Barrancabermeja.
Le 16 mai 1998, des paramilitaires lourdement armés se sont rendus sans entrave dans plusieurs quartiers pauvres de
Barrancabermeja. En chemin, ils ont réuni des habitants avant den tuer plusieurs sur place et dobliger beaucoup dautres à
monter à bord de camions. Vingt-cinq personnes ont ainsi été enlevées.
La menace de mort déposée le 16 juillet chez Elizardo Badillo indiquait : « Le CREDHOS, ASORVIM, Quinto Mandamiento,
Gente en Acción, lETTDH, dirigé par Mme Ana, les Juanas et William Mendoza sont les plus provocateurs, ils ont déjà été
prévenus. Elizardo Badillo, Ana Briseida, Edwin Cadona, directeur de lécole Camilo Torres, M. Nieto, vous avez jusquau 4 août
pour quitter la ville. »
Personnes concernées : Rocio Campos (f), Elizardo Badillo (h), Ana Teresa Rueda (f), William Mendoza (h), Ana Briseida (f), Edwin Cardona (h),
Oviedo Nieto (h) et les membres des organisations de lETTDH, dont MOVICE Magalena Medio, CREDHOS, ASORVIM, ASODESAMUBA, Quinto
Mandamiento et Gente en Acción
Hommes et femmes
AU 190/13, AMR 23/032/2013, 24 juillet 2012

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