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Colombie. Une ONG contrainte à fermer ses locaux

, N° d'index: AMR 23/024/2013

Une importante organisation colombienne de défense des droits humains s'est vu contrainte à fermer ses locaux après avoir été menacée d'attaque.

AU 140/13, AMR 23/024/2013 Colombie 30 mai 2013
ACTION URGENTE
COLOMBIE. UNE ONG CONTRAINTE À FERMER SES LOCAUX
Une importante organisation colombienne de défense des droits humains s'est vu contrainte à fermer ses
locaux après avoir été menacée d'attaque.
Le 24 mai 2013, le Groupe interdisciplinaire pour les droits humains (GIDH) a annoncé dans un communiqué de
presse qu'il fermait ses locaux à Medellín, dans le département d'Antioquia, pour une durée indéterminée, en raison
d'une attaque planifiée contre cette organisation et de menaces adressées à son personnel et à ses collaborateurs.
Au cours de ces derniers mois, les membres du GIDH ont été menacés en personne et par téléphone. Ceux-ci
pensent être pris pour cible en raison de leur travail, qui vise à faire traduire en justice les responsables d'une série
de massacres imputables aux paramilitaires et perpétrés avec la complicité des forces de sécurité dans les années
1990 dans la municipalité d'Ituango, dans le département d'Antioquia.
Le GIDH a informé le gouvernement et le bureau du procureur général de ces menaces en novembre 2012. Les
autorités ont alors consenti à désigner deux enquêteurs judiciaires et un procureur spécial venus d'une autre région
pour enquêter sur ces événements. Elles ont également accepté d'organiser des réunions dans la municipalité
d'Ituango, pendant lesquelles elles reconnaîtraient ne pas avoir agi conformément au verdict rendu en 2006 par la
Cour interaméricaine des droits de l'Homme, qui avait jugé que l'État était responsable des massacres à Ituango. À
ce jour, rien de tout cela n'a été fait.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :
faites part de votre inquiétude quant à la sécurité des membres du Groupe interdisciplinaire pour les droits
humains et de leurs collaborateurs ;
appelez les autorités à respecter les accords conclus avec le GIDH en novembre 2012, comprenant une enquête
minutieuse et impartiale sur une attaque prévue contre l'organisation et sur les menaces et manœuvres
d'intimidation dont ses membres sont victimes, ainsi que la mise en application du verdict rendu en 2006 par la
Cour interaméricaine des droits de l'Homme ;
priez-les instamment de protéger efficacement les personnes citées, dans le strict respect de leurs souhaits ;
rappelez-leur qu'elles doivent respecter l'obligation de veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent
mener leurs activités sans crainte, aux termes de la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des
droits de l'Homme.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 JUILLET 2013 À :
Président de la Colombie
Juan Manuel Santos
Presidente de la República
Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 596 0631
Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente
Santos, / Monsieur le Président,
Procureur général
Eduardo Montealegre
Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B No. 52-01 (Ciudad Salitre)
Bloque C Piso 4, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2000 (composez le
2023 quand vous tombez sur le
répondeur)
Formule d'appel : Estimado Sr Fiscal
General, / Monsieur le Procureur général,
Copies à :
Ministre des Affaires étrangères
María Ángela Holguín
Ministerio de Relaciones Exteriores
Palacio San Carlos
Calle 10 No. 5-51, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 381 4742
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
30 mai 2013
ACTION URGENTE
COLOMBIE. UNE ONG CONTRAINTE À FERMER SES LOCAUX
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Le GIDH est une organisation de défense des droits humains basée à Medellín, dans le département d'Antioquia, et fondée en
2000 par un groupe de défenseurs des droits humains qui auparavant ont mené des actions au sein du Comité permanent pour la
défense des droits humains d'Antioquia « Héctor Abad Gómez » (CPDH).
Jesús María Valle Jaramillo, un des présidents de cette section, a été abattu dans son bureau à Medellín le 27 février 1998. Cet
homme avait reçu plusieurs menaces de mort liées à son travail en faveur des droits humains. Il avait condamné plusieurs
massacres commis par des groupes paramilitaires dans le département d'Antioquia au cours des mois qui ont précésa mort,
dont une attaque dans sa ville natale d'Ituango qui a fait 17 morts. Il avait également dénoncé ouvertement la complicité des
forces armées colombiennes dans les très nombreuses atteintes aux droits humains perpétrées par des groupes paramilitaires.
Trois anciens présidents du CPDH, dont Héctor Abad Gómez, ont été tués en 1987 et 1988.
Le GIDH représente les survivants de plusieurs massacres devant le système interaméricain des droits de l'Homme, notamment
les témoins des massacres d'Ituango, « La Granja » et « El Aro ». Dans son verdict rendu en juillet 2006, la Cour interaméricaine
a déclaré la Colombie responsable de ces événements, mais à ce jour, d'après le GIDH, les autorités colombiennes n'ont rien fait
pour se conformer à ce jugement.
Dans le contexte du conflit armé qui déchire la Colombie depuis des années, les fenseurs des droits humains et les
syndicalistes sont particulièrement exposés aux menaces et aux homicides. La plupart de ces violences sont imputées aux
paramilitaires. Des groupes de guérilla prennent également pour cible des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et
d'autres militants des droits sociaux considérés comme une menace pour leurs intérêts.
Personnes concernées : membres du GIDH
Genre : hommes et femmes
AU 140/13, AMR 23/024/2013, 30 mai 2013

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