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Colombie. Des défenseurs des droits fonciers menacés de mort

, N° d'index: AMR 23/015/2013

Une membre de la Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar, groupe de personnes qui tentent de récupérer les terres dont ils ont été spoliés dans le nord de la Colombie, a reçu des menaces de mort dirigées contre elle et d'autres militants œuvrant en faveur des droits fonciers.

AU 77/13, AMR 23/015/2013 Colombie 2 avril 2013
ACTION URGENTE
COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS FONCIERS
MENACÉS DE MORT
Une membre de la Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar, groupe de personnes qui
tentent de récupérer les terres dont ils ont été spoliés dans le nord de la Colombie, a reçu des
menaces de mort dirigées contre elle et d'autres militants œuvrant en faveur des droits fonciers.
Le 11 mars, Mariluz squez, défenseure des droits humains appartenant à la Table ronde des victimes d'El Carmen
del Bolívar, a reçu des menaces de mort par SMS. Ces menaces étaient dirigées contre elle, Ingrid Vergara et Iván
Cepeda, du Mouvement national des victimes de crimes d'État (MOVICE), une organisation non gouvernementale,
plusieurs membres de la Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar et le médiateur local. Ces personnes
étaient accusées d'être des guérilléros.
Mariluz Vásquez a reçu une autre menace de mort par SMS le 14 mars. Le message était le suivant : « Vous, les
guérilléros, vous ne nous avez pas prêté attention et vous ne passerez pas le 14 mars... du sang à El Carmen. »
Comme le 11 mars, plusieurs autres membres de la Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar étaient cités.
Le 6 mars, des membres de ce groupe ont participé à une rencontre à San Isidro Labrador (commune d'El Carmen
del Bolívar, département de Bolívar). La réunion a pris fin plus tôt que prévu car Mariluz Vásquez a reçu par SMS de
nouvelles menaces de mort visant les participants et deux médiateurs locaux qui étaient présents. Au cours de
l'année écoulée, nombre de personnes militant pour la restitution des terres ou cherchant à retourner chez elles ont
été menacées ou tuées.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à assurer la sécurité de Mariluz Vásquez et des autres membres de la Table ronde des
victimes d'El Carmen del Bolívar (voir au verso) ainsi que d'Ingrid Vergara et Iván Cepeda, membres du MOVICE,
dans le strict respect de leurs souhaits ;
engagez-les à diligenter une enquête minutieuse et impartiale sur les menaces de mort adressées aux
membres de la Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar et du MOVICE, à en rendre les conclusions
publiques et à traduire en justice les responsables présumés de ces agissements ;
rappelez-leur qu'elles doivent respecter leurs obligations vis-à-vis de la situation des défenseurs des droits
humains, conformément à la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 14 MAI 2013 À :
Président de la République
Presidente Juan Manuel Santos
Presidente de la República, Palacio de
Nariño, Carrera 8 No.726
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 596 0631
Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente
Santos, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Agriculture et du
Développement rural
Juan Camilo Restrepo
Ministerio de Agricultura y Desarrollo
Rural, Carrera 8 No.12B-31, Piso 5
Bogotá, Colombie
Despachoministro@minagricultura.gov.co
Formule d'appel : Estimado Sr. Ministro,
/ Monsieur le Ministre,
Copies à :
MOVICE
Calle 38 No 28 A 30
Barrio Bogotá, Sincelejo
Colombie
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS FONCIERS
MENACÉS DE MORT
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Au cours du conflit armé qui déchire la Colombie depuis de nombreuses années, des millions d'hectares de terres ont été volés.
Le plus souvent, les propriétaires légitimes ont subi des violences, notamment les populations indigènes, les Afro-Colombiens et
les paysans. Les différentes parties au conflit, à savoir les troupes paramilitaires et les forces de sécurité, qui agissent seules ou
en collaboration les unes avec les autres, ainsi que les groupes de guérilla, ont conduit plus de cinq millions de personnes à
quitter leur domicile.
Des dirigeants de communautés déplacées et des personnes militant pour récupérer les terres volées ont été tués ou menacés,
surtout depuis que la Loi n° 1448 relative aux victimes et à la restitution de terres a été approuvée en juin 2011, puis
promulguée début 2012. Ce texte reconnaît l'existence d'un conflit armé intérieur et les droits des victimes. Elle prévoit des
réparations pour nombre de personnes ayant subi des atteintes aux droits humains, y compris celles perpétrées par des
représentants de l'État. Cependant, de nombreuses autres victimes n'auront pas la possibilité de demander réparation, alors que
de vastes étendues de terres n'ont toujours pas été rendues à leurs propriétaires légitimes. Les garanties en place ne suffisent pas
à s'assurer que les personnes qui ont récupéré leurs terres ne soient pas obligées d'en abandonner à nouveau le contrôle, y
compris à ceux qui les en ont chassées. Au cours de l'année écoulée, nombre de personnes militant pour la restitution des terres
ou cherchant à retourner chez elles ont été menacées ou tuées, ce qui peut compromettre l'application de la loi.
Dans le cadre du conflit colombien qui dure depuis plus de 40 ans, les forces de sécurité et les groupes paramilitaires assimilent
souvent les membres d'organisations de défense des droits humains et de syndicats à des collaborateurs ou des sympathisants de
la guérilla, et vont jusqu'à menacer, enlever ou tuer certains d'entre eux. Des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et
d'autres civils sont également menacés, voire tués, par des guérilleros qui les accusent de se ranger du côté de leurs ennemis.
Le MOVICE est une vaste coalition d'organisations de la société civile qui milite pour obtenir vérité, justice et réparation au nom
des victimes du conflit armé qui déchire la Colombie depuis des années. Ses membres rassemblent des informations et
dénoncent de nombreux cas d'homicides et de disparitions forcées orchestrés par les forces de sécurité et les groupes
paramilitaires dans le département de Sucre.
La Table ronde des victimes d'El Carmen del Bolívar a été fondée le 17 février 2012 afin d'aider les victimes qui veulent faire
respecter leurs droits au titre de la Loi n° 1448. Depuis sa création, plusieurs de ses membres ont été menacés.
Noms : Mariluz Vásquez Fernández (femme), Ingrid Vergara (femme), Iván Cepeda (homme), Marivel Vásquez Fernández (femme), Gustavo
Enrique Arrieta Pérez (homme), Edgardo Rafael Flores Martinez (homme), Ronal Yesid Castilla Vásquez (homme), Robinson Castilla Cadavid
(homme)
Genre : hommes et femmes
AU 77/13, AMR 23/015/2013, 2 avril 2013

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