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Colombie. Une défenseure des droits humains menacée. Nancy Fiallo Araque

, N° d'index: AMR 23/005/2011

Au cours de ces derniers mois, la défenseure des droits humains Nancy Fiallo Araque a reçu a plusieurs reprises des menaces de mort par téléphone et a été suivie dans Bogotá, en Colombie. De même que d'autres défenseurs des droits humains, elle suit le déroulement de procédures judiciaires menées contre des personnalités politiques suspectées d'entretenir des liens illégaux avec des groupes paramilitaires.

AU 74/11, AMR 23/005/2011 Colombie 16 mars 2011
ACTION URGENTE
COLOMBIE. UNE DÉFENSEURE DES DROITS HUMAINS MENACÉE
Au cours de ces derniers mois, la défenseure des droits humains Nancy Fiallo Araque a reçu a
plusieurs reprises des menaces de mort par téléphone et a été suivie dans Bogotá, en Colombie.
De même que d'autres défenseurs des droits humains, elle suit le déroulement de procédures
judiciaires menées contre des personnalités politiques suspectées d'entretenir des liens illégaux
avec des groupes paramilitaires.
Le 8 février, Nancy Fiallo Araque, qui portait un blouson rouge, a reçu un appel téléphonique et la personne lui a
dit : « Madame Fiallo, ce blouson rouge vous va très bien, vous êtes très jolie, dommage qu'il soit destiné à être
mangé par les vers. » Le 18 janvier, une personne l'a appelée et lui a dit : « Madame Fiallo, ne revenez pas au
tribunal, ne vous montrez pas là où vous ne devriez pas ou bien nous allons devoir vous tuer, vous être prévenue. »
Nancy Fiallo Araque reçoit des menaces de ce type par téléphone depuis le 11 octobre 2010.
En 2010, Nancy Fiallo Araque et d'autres femmes faisant partie de l'Assemblée des femmes de la société civile pour
la paix (Asamblea de Mujeres de la Sociedad Civil por la Paz) et du Collectif des felles pour la paix et contre la
guerre (Colectivo de Mujeres por la Paz y Contra la Guerra) ont commencé à maintenir une présence permanente aux
audiences en tant qu'observatrices afin de surveiller l'évolution des procédures judiciaires impliquant des dizaines
d'anciens membres du congrès colombien et d'autres personnalités politiques, tous soupçonnés d'entretenir des
liens illégaux avec des groupes paramilitaires.
D'autres femmes du Collectif des femmes pour la paix et contre la guerre ont été suivies jusqu'au tribunal à
plusieurs reprises. Nancy Fiallo Araque a également été suivie depuis chez elle jusqu'au palais de justice. Plusieurs
fois, elles ont fait face aux hommes qui les suivaient et leur ont demandé ce qu'ils voulaient et pourquoi ils les
suivaient ; elles n'ont obtenu aucune réponse.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :
faites part de votre préoccupation pour la sécurité de Nancy Fiallo Araque et des défenseures des droits humains
appartenant à l'Assemblée des femmes de la société civile pour la paix (Asamblea de Mujeres de la Sociedad Civil
por la Paz) et au Collectif des felles pour la paix et contre la guerre (Colectivo de Mujeres por la Paz y Contra la
Guerra) ;
appelez les autorités colombiennes à mettre immédiatement en place des mesures visant à protéger efficacement
Nancy Fiallo Araque dans le respect de ses souhaits ;
engagez les autorités à diligenter des investigations approfondies et impartiales sur les menaces de mort qu'elle a
reçues, à rendre publiques les conclusions de ces enquêtes et à déférer à la justice les responsables présumés ;
rappelez-leur qu'elles doivent s'acquitter de leur obligation de protéger les défenseurs des droits humains,
comme l'indique la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 26 AVRIL 2011 À :
Président de la Colombie :
Juan Manuel Santos
Señor Presidente Juan Manuel Santos
Presidente de la República, Palacio de
Nariño, Carrera 8 No. 7-26, Bogotá,
Colombie
Fax : +57 1 596 0631
Formule d'appel : Excmo. Sr.
Presidente Santos / Monsieur le
Président
Ministre de l'Intérieur et de la Justice
Señor Germán Vargas Lleras
Ministerio del Interior y de Justicia
Carrera 9a. No. 14-10, Bogotá
Colombie
Fax : +57 1 599 8961
Formule d'appel : Estimado Sr.
Ministro, / Monsieur le Ministre,
Ministre des Affaires étrangères
Sra. Ángela María Holguín
Ministerio de Relaciones Exteriores
Calle 10 No. 5-51, Palacio de San
Carlos, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 381 4721
Formule d'appel : Estimado Sra.
Ministra, / Madame la Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
16 mars 2011
ACTION URGENTE
COLOMBIE. UNE DÉFENSEURE DES DROITS HUMAINS MENACÉE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Nancy Fiallo Araque et d'autres observateurs qui assistent aux audiences menées dans le cadre de ce que l'on appelle le
« scandale des parapolitiques » rassemblent les informations fournies par des paramilitaires, souvent des responsables de haut
rang, qui témoignent lors des procès d'anciens membres du congrès et d'autres personnalités politiques suspectés d'entretenir
des liens illégaux avec des groupes paramilitaires. D'anciens gouverneurs et responsables de la police et de l'armée ainsi que des
personnalités du monde des affaires font partie des témoins. Les ONG de défense des droits humains s'appuient sur les
informations révélées au cours de ces procès pour leur travail sur d'autres affaires liées à des violations des droits humains.
Depuis quelques années, les militants qui font campagne en faveur de la justice en Colombie sont particulièrement vulnérables
aux menaces et aux assassinats. La plupart de ces attaques sont imputées à des groupes paramilitaires. Des groupes de guérilla
prennent également pour cible des défenseurs des droits humains et d'autres militants des droits sociaux considérés comme une
menace pour leurs intérêts.
Au cours des dernières années, la Cour suprême a enquêté sur des dizaines de membres du Congrès et leurs liens illégaux
présumés avec des groupes paramilitaires. Nombre de ces personnes ont été déclarées coupables et envoyées en prison.
Plusieurs magistrats de la Cour suprême ayant participé aux enquêtes sur ce scandale ont été menacés et bénéficient de mesures
de protection physique réclamées par la Commission interaméricaine des droits de l'homme.
AU 74/11, MDE 23/005/2011, 16 mars 2011

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