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Brésil. Des militants en danger après la mort de plusieurs d'entre eux

, N° d'index: AMR 19/009/2012

Alexandre Anderson de Souza et sa femme Daize Menezes de Souza ont été menacés à plusieurs reprises en raison de leur travail en tant que militants écologistes. Cet homme est le président de l'Associação Homens e Mulheres do Mar (AHOMAR), une association de pêcheurs basée à la périphérie de Rio de Janeiro. Deux membres de cette association ont été tués fin juin. Alexandre Anderson de Souza et sa femme sont désormais en danger. Ils ne bénéficient d'aucune protection adéquate.

AU 185/12, AMR 19/009/2012 Brésil 2 juillet 2012
ACTION URGENTE
BRÉSIL. DES MILITANTS EN DANGER APRÈS LA MORT DE PLUSIEURS
D'ENTRE EUX
Alexandre Anderson de Souza et sa femme Daize Menezes de Souza ont été menacés à plusieurs reprises
en raison de leur travail en tant que militants écologistes. Cet homme est le président de l'Associação
Homens e Mulheres do Mar (AHOMAR), une association de pêcheurs basée à la périphérie de Rio de
Janeiro. Deux membres de cette association ont été tués fin juin. Alexandre Anderson de Souza et sa
femme sont désormais en danger. Ils ne bénéficient d'aucune protection adéquate.
Fin juin 2012, les corps d'Almir Nogueira de Amorim et João Luiz Telles Penetra, pêcheurs et membres actifs de
l'AHOMAR, ont été retrouvés dans la baie de Guanabara, à Rio de Janeiro. Les deux hommes avaient disparu après
être partis pêcher le 22 juin dernier. L'enquête préliminaire menée par l'unité chargée des homicides de la police
civile indique qu'ils ont été attachés avant d'être noyés.
Ces homicides surviennent après que plusieurs menaces ont été adressées à Alexandre Anderson de Souza, sa
femme et d'autres membres de l'association. Ces messages sont liés aux plaintes formulées par l'AHOMAR
concernant la construction d'un gazoduc dans la baie et les dommages environnementaux qui mettent en ril leurs
moyens de subsistance. Le 22 mai 2009, Paulo César dos Santos Souza, le trésorier de l'AHOMAR, a été frappé et
abattu d'une balle dans la tête devant sa femme et ses enfants. L'année suivante, Márcio Amaro, un des membres
fondateurs de l'association, a été abattu chez lui. Ces deux affaires n'ont jamais été élucidées. Alexandre Anderson
de Souza affirme avoir survécu à six tentatives d'assassinat au cours des trois dernières années.
En août 2009, son épouse et lui ont été intégrés à un programme fédéral de protection des défenseurs des droits
humains. Cependant, cette protection n'a été mise en place que de façon partielle. Alexandre Anderson de Souza
s'est plaint à de multiples reprises auprès des autorités que les agents assignés à sa protection étaient mal entraînés
et mal équipés. Il a ajouté que certains d'entre eux avaient travaillé comme agents de sécurité sur le chantier du
gazoduc, et avaient été impliqués dans des affrontements avec des membres de l'AHOMAR. Daize Menezes de
Souza, également militante au sein de cette association, ne bénéficie d'aucune protection bien qu'elle ait reçu des
menaces.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en portugais ou dans votre propre langue :
exhortez les autorités à tenir leurs promesses en accordant immédiatement à Alexandre Anderson de Souza et à
sa femme Daize Menezes de Souza une protection complète, dans le respect de leurs besoins et de leurs souhaits ;
appelez-les à lancer des investigations minutieuses sur toutes les menaces adressées aux membres de
l'association et à ouvrir une enquête conjointe sur les quatre homicides commis ces cinq dernières années ;
priez-les instamment de mettre totalement en œuvre le Programme d'État pour la protection des défenseurs des
droits humains, et de réinstaurer une présence policière permanente à Praia de Mauá, près du siège de l'AHOMAR.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 13 AOÛT 2012 À :
Secrétaire d'État aux droits humains
Maria do Rosário Nunes
Setor Comercial Sul-B, Quadra 9, Lote C
Edificio Parque Cidade Corporate,
Torre "A", 10º andar,
70308-200 Brasília/DF, Brésil
Fax : + 55 61 2025 9414
Formule d'appel : Exma. Sra. Ministra, /
Madame,
Secrétaire d'État à la Sécurité publique
José Mariano Beltrame
Pç. Cristiano Ottoni, s/nº
Ed. Pedro II - 4º andar
Centro 20.221-250
Rio de Janeiro/RJ, Brésil
Fax : + 55 21 2334 9329
Formule d'appel : Prezado Sr. Secretário, /
Monsieur,
Copies à :
Associação Homens e Mulheres do Mar da
Baía de Guanabara - AHOMAR
Av. do Imperador, nº 41 Praia de Mauá
Município de Ma
Rio de Janeiro/RJ, Brésil
Cep.: 25930-000
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Brésil dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
2 juillet 2012
ACTION URGENTE
BRÉSIL. DES MILITANTS EN DANGER APRÈS LA MORT DE PLUSIEURS
D'ENTRE EUX
COMPLÉMENT D'INFORMATION
L'AHOMAR, fondée en 2003, représente actuellement plus de 1 800 pêcheurs traditionnels, hommes et femmes, vivant et
travaillant à Rio de Janeiro. Dirigée par Alexandre Anderson de Souza, cette organisation a été créée pour dénoncer les
dommages environnementaux croissants dans la baie de Guanabara, qui mettent en péril les moyens de subsistance de ces
personnes. Depuis 2007, elle fait campagne contre le Complexe pétrochimique de Rio de Janeiro (Comperj), un consortium à
l'origine de la construction de gazoducs dans cette baie. En 2009, les membres de l'AHOMAR ont interrompu le chantier lors
d'un mouvement de protestation qui a duré 38 jours. Ils avaient alors attaché leurs bateaux le long du site de construction.
Depuis, Alexandre Anderson de Souza se plaint de recevoir des menaces. Une Action urgente a été diffusée en sa faveur en
septembre 2010 (voir AU 192/10, AMR 19/011/2012, http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR19/011/2010/fr). En décembre
2010, une délégation d'Amnesty International s'est rendue au siège de l'AHOMAR, à Magé. Les membres de l'association lui ont
expliqué qu'ils faisaient l'objet de nombreuses violences et manœuvres de harcèlement.
La mise en place du Programme fédéral pour les droits humains est inégale dans l'État de Rio de Janeiro, qui attend la signature
d'un décret pour créer un organe étatique de protection des défenseurs des droits humains. Alexandre Anderson de Souza
bénéficie d'une protection imparfaite, variant au fil des arrangements ad hoc pris en sa faveur. Quant à Daize Menezes de Souza,
elle ne reçoit aucune protection bien qu'elle fasse partie du Programme. La situation de l'AHOMAR s'est aggravée depuis la
fermeture en février dernier du poste de police de la plage de Mauá, situé près du siège de l'association.
Noms : Alexandre Anderson de Souza et Daize Menezes de Souza
Genre : homme et femme respectivement
AU 185/12, AMR 19/009/2012, 2 juillet 2012

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