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Brésil. Un dirigeant rural menacé sur fond de conflit foncier

, N° d'index: AMR 19/005/2013

Le dirigeant rural Antônio Isídio Pereira da Silva et les familles de la communauté de Vergel, établie à l'intérieur de l'État de Maranhão (nord-est du Brésil), ont reçu une série de menaces de mort. Depuis longtemps, la communauté est la cible de bûcherons et de personnes s'appropriant illicitement des terres qui ont fréquemment recours à la violence en vue de l'intimider.

AU 120/13, AMR 19/005/2013 Brésil 10 mai 2013
ACTION URGENTE
UN DIRIGEANT RURAL MENACÉ SUR FOND DE CONFLIT
FONCIER
Le dirigeant rural Antônio Isídio Pereira da Silva et les familles de la communauté de Vergel, établie à
l'intérieur de l'État de Maranhão (nord-est du Brésil), ont reçu une série de menaces de mort. Depuis
longtemps, la communauté est la cible de bûcherons et de personnes s'appropriant illicitement des terres
qui ont fréquemment recours à la violence en vue de l'intimider.
La communauté rurale de Vergel, composée de petits producteurs, est établie à 50 kilomètres de la ville de Codó, à
l'intérieur de l'État de Maranhão. Elle fait l'objet de pressions constantes de la part de bûcherons et de personnes
s'appropriant illicitement des terres, qui souhaitent les chasser de leurs exploitations. Selon Antônio Isídio, un tireur
a ouvert le feu à proximité de sa maison en décembre 2012 et a tué du bétail. Le même homme a empêché son
épouse et d'autres femmes de la communauté de récolter les noix de babaçu poussant dans les forêts voisines. En
janvier 2013, la chapelle du village a été incendiée peu avant la date à laquelle la communauté devait célébrer
l'anniversaire de l'homicide du dirigeant rural Raimundo Pereira da Silva, abattu de dos en janvier 2010.
Deux autres dirigeants ruraux ont été tués par balle depuis la fin des années 1980 et personne n'a été traduit en
justice dans le cadre de ces trois affaires. En avril 2013, quatre des chèvres d'Antônio Isídio ont eu les oreilles
coupées. Cela constitue clairement une manœuvre d'intimidation, que la communauté perçoit comme la menace de
violences futures. Ce mois-ci, Antônio Isídio et plusieurs familles ont signalé à la Commission pastorale de la terre,
qui relève de l'Église catholique, qu'ils avaient vu dans le secteur huit hommes armés de revolvers et de fusils.
Antônio Isídio a déclaré que l'un d'eux avait indiqué à d'autres membres de la communauté qu'il serait le prochain
à mourir.
Récemment, des représentants du programme fédéral de protection des défenseurs des droits humains se sont
rendus dans la communauté et se sont entretenus avec Antônio Isídio. Malgré cela, cet homme ne bénéficie pour
l'instant d'aucune protection. La CPT a dénoncé publiquement la situation, en expliquant ses préoccupations le
6 mai dans une lettre officielle adressée au médiateur national chargé des questions agraires. Elle a demandé que
des mesures urgentes soient prises afin d'assurer la sécurité d'Antônio Isídio et des familles de Vergel, et qu'une
enquête soit diligentée immédiatement sur toutes les allégations de menaces et de manœuvres d'intimidation.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en portugais, en
anglais ou dans votre propre langue :
demandez aux autorités d'assurer la sécurité de la communauté de Vergel et de mener une enquête approfondie sur les menaces et les
destructions de biens dont elle aurait fait l'objet ;
priez-les instamment de protéger comme il se doit Antônio Isídio Pereira da Silva dans le cadre du programme fédéral de protection des
défenseurs des droits humains, et ce dans le respect de ses souhaits ;
exhortez-les à mener une enquête approfondie sur les allégations plus larges de spoliation de terres, d'abattage illégal d'arbres et
d'empiètement sur les terres des petits producteurs de la région, à rendre les conclusions publiques et à traduire en justice les responsables
présumés des actes en question en vue de prévenir de futurs conflits fonciers.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 20 JUIN 2013 À :
Ministre fédérale des Droits humains
Exma. Ministra Chefe
Maria do Rosário Nunes
SCS Bloco B, Quadra 09, Lote C,
Ed. Parque da Cidade, Corporate,
Torre A, 10°Andar CEP: 70308-200
Brasília/DF, Brésil
Fax : + 55 61 2025 9414
Formule d'appel : Exma.
Sra. Ministra, / Madame la Ministre,
Gouverneure de l'État de Maranhão
Exma. Sra. Governadora Roseana Sarney
Palácio dos Leões
Av. Dom Pedro II,
s/nº Centro 65.010-904 - São Luís/MA,
Brésil
Fax : + 55 98 2108 9252 (si on décroche,
dites « sinal de fax por favor »)
Formule d'appel : Exma.
Sra. Governadora, / Madame la Gouverneure,
Copies à :
Commission pastorale de la terre
Comissão Pastoral da Terra Maranhão
Rua do Sol, n° 457, Centro
CEP 65020-590,
São Luís MA, Brésil
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Brésil dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN DIRIGEANT RURAL MENACÉ SUR FOND DE CONFLIT
FONCIER
COMPLÉMENT D'INFORMATION
À mesure que la frontière agricole s'est déplacée vers l'intérieur, les populations indigènes, les quilombolas (descendants
d'anciens esclaves fugitifs) et les communautés de petits producteurs de l'État de Maranhão subissent des pressions croissantes
de la part de bûcherons illégaux et de personnes s'appropriant illégalement des terres. Depuis de nombreuses années, la région
est en proie à un violent conflit.
Le 30 octobre 2010, Flaviano Pinto Neto, un chef de la communauté quilombola de Charco (État de Maranhão), a été tué de
sept balles dans la tête (voir l'AU 244/10, AMR 19/016/2010, 24 novembre 2010,
http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR19/016/2010). En outre, des dirigeants de la communauté quilombola de Salgado, à
Pirapemas, ont été menacés (voir l'AU 369/11, http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR19/020/2011/fr), tout comme la
communauté de Santa Maria dos Moreiras, à Codó, dans la même commune que Vergel (voir l'AU 328/12,
http://ww.amnesty.org/fr/library/info/AMR19/018/2012/fr).
L'État du Maranhão est l'un des plus pauvres du Brésil et présente l'un des indices de développement humain les plus bas du
pays. Malgré une très mauvaise répartition des terres et les spoliations fréquentes, le manque de volonté politique empêche de
mener une véritable réforme agraire. Les communautés de quilombolas et les populations indigènes qui luttent pour faire
reconnaître leurs droits constitutionnels à la terre se heurtent à la violence de gros propriétaires terriens. Les communautés
traditionnelles de petits producteurs, quant à elles, sont en conflit avec les bûcherons qui travaillent illégalement et empiètent
sur leurs terres.
La CPT a recensé plus de 184 conflits fonciers dans l'État de Maranhão en 2012 et plus d'une centaine de dirigeants
communautaires ayant reçu des menaces de mort. Les mesures de protection promises à ces dirigeants ne se sont pas
matérialisées et les allégations d'atteintes aux droits humains ont rarement fait l'objet d'enquêtes.
Noms : Antônio Isídio Pereira da Silva (homme) et les familles de la communauté de Vergel
Genre : hommes et femmes
AU 120/13, AMR 19/005/2013, 10 mai 2013

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