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Soudan. De nombreuses personnes restent détenues à la suite des manifestations

, N° d'index: AFR 54/007/2011

Selon certaines estimations, 20 personnes sont toujours détenues à la suite des manifestations organisées à Khartoum, la capitale du Soudan, le 30 janvier et le 2 février. Elles risquent de subir des actes de torture et d'autres mauvais traitements. Depuis le 14 février, au moins onze personnes ont été libérées par le Service national de la sûreté et du renseignement, ce qui montre que la pression exercée sur les autorités en faveur de la libération des détenus pourrait avoir un impact.

Action complémentaire sur l'AU 18/11, AFR 54/007/2011 Soudan 28 février 2011
ACTION URGENTE
SOUDAN. DE NOMBREUSES PERSONNES RESTENT DÉTENUES À LA
SUITE DES MANIFESTATIONS
Selon certaines estimations, 20 personnes sont toujours détenues à la suite des manifestations organisées à
Khartoum, la capitale du Soudan, le 30 janvier et le 2 février. Elles risquent de subir des actes de torture et d'autres
mauvais traitements. Depuis le 14 février, au moins onze personnes ont été libérées par le Service national de la
sûreté et du renseignement, ce qui montre que la pression exercée sur les autorités en faveur de la libération des
détenus pourrait avoir un impact.
Louis Awil Weriak, Abdelazim Mohamed Ahmed, Ali Al Naeem et Mohamed Ibrahim font partie des personnes toujours détenues.
Khaled Tawfiq, Samer Sala Al din, Muhannad Al Dardiri et Abdel Azim Al Badawi, qui travaillent pour le journal Al Midan,
demeurent aussi en détention. Beaucoup de détenus affirment avoir été torturés ou soumis à d'autres formes de mauvais
traitements par des agents du Service national de la sûreté et du renseignement. Aucune des personnes détenues n'a pu entrer
en contact avec ses proches ou son avocat ni n'a fait l'objet d'une inculpation.
Amnesty International a par ailleurs appris que six femmes ayant participé aux manifestations ou accusées d'y avoir participé ont
été harcelées ou agressées sexuellement par des agents du Service national de la sûreté et du renseignement. L'une d'elles, Safia
Ishag Mohammed, dit avoir été violée et battue lorsqu'elle était détenue par ce service. Amnesty International condamne
fermement le recours au harcèlement ou aux agressions à caractère sexuel pour museler la liberté d'expression au Soudan.
Parmi les personnes libérées par le Service national de la sûreté et du renseignement figurent Mohamed Negm Eldin Hassan,
Salah Mubarak Elfadil Elmahdi, Yousif Mubarak Elfadil Elmahdi, Ahmed Mahmoud Ahmed, Mohammed Banaga, Muzaar Al Zein,
Mohamed Abdel Hafiz, Rashad Nagmaldin, Mohamed Adil et Mohammed Nagmaldin. Trois membres du personnel d'Al Midan,
Kamal Karrar, Ibrahim Merghani et Muaawiya Abu Hashem, ont également été libérés. Ali Mohammed Osman, étudiant et
militant politique, a été arrêté par le Service national de la sûreté et du renseignement le 14 février pour avoir participé aux
manifestations ; il a été libéré le lendemain. Il affirme avoir été torturé pendant sa détention.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
appelez les autorités à révéler l'identité et le lieu de détention de toutes les personnes arrêes et à leur permettre
immédiatement d'entrer en contact avec leurs proches et leur avocats, ainsi que de bénéficier de tous les soins médicaux dont
elles pourraient avoir besoin ;
demandez-leur de libérer toutes les personnes détenues ou de les inculper d'une infraction dûment reconnue par la loi ;
priez-les instamment de mener dans les meilleurs délais une enquête efficace sur toutes les allégations faisant état d'actes de
torture, de harcèlement ou d'agressions à caractère sexuel et d'autres graves violations des droits humains, et de conduire sans
délai les responsables présumés de ces actes devant la justice ;
exhortez le gouvernement soudanais à mettre fin immédiatement au harcèlement et aux manœuvres d'intimidation dont sont
victimes des défenseurs des droits humains et des journalistes au Soudan, et à respecter leur droit à la liberté d'expression et de
réunion ;
demandez que la Loi de 2010 relative à la sécurité nationale soit modifiée afin que le Service national de la sûreté et du
renseignement ne dispose plus de pouvoirs excessifs, comme celui d'arrêter et de détenir des personnes pendant quatre mois et
demi sans contrôle d'une autorité judiciaire.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 AVRIL 2011 À :
Président de la République
HE Omar Hassan Ahmad Al Bashir
Office of the President
People's Palace PO Box 281
Khartoum, Soudan
Fax : +249 183 782 541
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Président,
Ministre de la Justice
Mr Mohammed Bushara Dousa
Ministry of Justice, PO Box 302
Al Nil Avenue
Khartoum, Soudan
Fax : +249 183 764 168
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre de l'Intérieur
Mr Ibrahim Mohamed Hamed
Ministry of Interior
PO Box 873
Khartoum, Soudan
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 18/11. Pour plus d'informations :
http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR54/006/2011/fr.
28 février 2011
ACTION URGENTE
SOUDAN. DE NOMBREUSES PERSONNES RESTENT TENUES À LA SUITE DES MANIFESTATIONS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 30 janvier, quelque 2 000 personnes se sont rassemblées à Khartoum pour une manifestation pacifique. Plus de 70 d'entre
elles ont été arrêtées, dont un grand nombre alors qu'elles se rendaient à la manifestation. Le Service national de la sûreté et du
renseignement et la police antiémeute se seraient mis à la recherche des organisateurs du rassemblement la veille au soir. Des
policiers antiémeutes armés et des agents du Service national de la sûreté et du renseignement auraient utilisé des matraques et
du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Nombre des personnes arrêtées ont été blessées. Selon les informations
reçues, Mohamed Abdelrahman, un étudiant, est décédé à l'hôpital le 31 janvier, après avoir été blessé lorsque la police a
dispersé les manifestants.
Les manifestations qui secouent actuellement le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ont débuté en Tunisie il y a quelques
semaines et se sont propagées aux capitales d'autres pays. Inspirés par ces rassemblements, les manifestants soudanais ont
appelé à la démocratie et demandé l'amélioration des conditions socio-économiques dans leur pays.
Le Service national de la sûreté et du renseignement a pour habitude d'arrêter et de maltraiter des manifestants pacifiques, en
particulier lorsqu'ils réclament le respect de leurs droits. Les organisations et mouvements étudiants sont régulièrement pris pour
cible. Les journalistes sont harcelés et leur liberté d'expression est restreinte. Les journaux sont également victimes de la censure
par intermittence.
Le 31 janvier, le Service national de la sûreté et du renseignement a interdit le journal d'opposition Ajrass Al Hurriya et a
empêché la distribution de l'édition quotidienne du journal indépendant Al Sahafa. Le 2 février, il a empêché le journal Al Midan
de distribuer son édition papier.
Les informations relatives au nombre de personnes arrêtées à la suite des manifestations ne sont pas concordantes, et il est
difficile de vérifier les chiffres exacts.
Action complémentaire sur l'AU 18/11, AFR 54/007/2011, 28 février 2011

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