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Kenya. Des demandeurs d'asile risquent d'être expulsés et torturés

, N° d'index: AFR 32/004/2011

Un groupe de sept demandeurs d'asile et réfugiés érythréens risquent à tout instant d’être renvoyés de force dans leur pays d'origine par les autorités kényanes. Ils auraient alors tout lieu de craindre d'être arrêtés arbitrairement et torturés.

AU : 221/11 AFR 32/004/2011 Kenya 20 juillet 2011
ACTION URGENTE
DES DEMANDEURS D’ASILE RISQUENT D’ÊTRE EXPULS ET
TORTUS
Un groupe de sept demandeurs d'asile et réfugiés érythréens risquent à tout instant d’être renvoyés de
force dans leur pays d'origine par les autorités kényanes. Ils auraient alors tout lieu de craindre d'être
arrêtés arbitrairement et torturés.
Tsigab Angosom, Mussie Ghebremedhin, Bisrat Keleta, Semere Sahlezghi, Efrem Kiflu, Zeria Gebre et Habtu Kiflay sont détenus
à l’aéroport international de Jomo Kenyatta dans la capitale kényane, Nairobi. Ils ont été privés de leur droit de solliciter l’asile et
ont été informés que leur expulsion était imminente.
Ces sept personnes sont arrivées à l’aéroport depuis différents pays et à différents moments depuis le début du mois de juillet.
Tous ont sollicité l’asile à leur arrivée. Les services de l’immigration refusent de les faire bénéficier de la procédure de demande
d'asile, parce qu'ils sont entrés au Kenya via des pays tiers, et non directement depuis l'Érythrée. Deux d’entre eux avaient
précédemment été reconnus comme réfugiés dans un autre pays.
Les services de l’immigration de l’aéroport avaient décidé le 16 juillet d’expulser ces sept personnes, mais elles ont crié et se
sont débattues, si bien que les agents de l’immigration ne sont pas parvenus à les expulser. Le 18 juillet, elles ont été
transférées vers une zone de transit dans l’aéroport et informées de l’imminence de leur expulsion. Bisrat Keleta, la seule femme
du groupe, est détenue séparément.
Les demandeurs d’asile renvoyés en Érythrée sont régulièrement soumis à des violations des droits humains, notamment à la
détention au secret, à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements. Parmi le groupe, Tsigab Angosom avait déjà été
expulsé du Soudan vers l’Érythrée. Remis aux autorités érythréennes en 2007, il avait immédiatement été placé en détention ; au
bout de neuf mois, il a réussi à s’échapper et a une nouvelle fois fui son pays. Il a été torturé au cours de sa détention. Son
histoire illustre les risques auxquels seront exposées ces sept personnes si elles sont renvoyées en Érythrée.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS,
en anglais, en KiSwahili ou dans votre propre langue :
exhortez les autorités à ne pas renvoyer de force les sept demandeurs d’asile (précisez leurs noms) ni tout autre réfugié ou
demandeur d’asile vers l’Érythrée, où ils risqueraient d’être torturés ou de subir d’autres graves violations des droits humains ;
rappelez-leur que le fait de ne pas avoir sollicité l’asile auparavant dans un autre pays n’annule aucunement le droit de ces
personnes à le solliciter au Kenya, en vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle le Kenya est
partie ;
priez-les de veiller à ce que ces sept demandeurs d’asile et réfugiés érythréens puissent immédiatement entrer en relation
avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ou avec le département kényan des Affaires liées aux
réfugiés afin qu’ils examinent leur demande d’asile ;
exhortez-les à respecter l’engagement international pris par le Kenya, en vertu de la Convention de 1951 relative au statut
des réfugiés et de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants, de ne pas renvoyer de force des demandeurs d’asile vers des pays où ils risqueraient d’être victimes de graves
atteintes à leurs droits humains, notamment de torture.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 24 AOÛT 2011 AU :
Directeur des services de l’immigration
Ambassadeur Albert A. Musasia
Nyayo House
P. O. Box 30191 - 00100
NAIROBI, Kenya
Fax : +254 20 220731
Courriel : dis@immigration.go.ke
Formule d’appel : Your Excellency, /
Monsieur l’ambassadeur,
Commissaire pour les Affaires liées aux
réfugiés
M. Badu Katelo
Castle House, James Gichuru Road,
P.O. Box 42227-00100
NAIROBI, Kenya
Fax : +254 20 8047923
Formule d’appel : Dear
Commissioner, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Kenya dans votre pays (adresse(s) à compléter).
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d’appel
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
20 juillet 2011
ACTION URGENTE
DES DEMANDEURS DASILE RISQUENT D’ÊTRE
EXPULSÉS ET TORTURÉS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les demandeurs d’asile renvoyés en Érythrée sont régulièrement soumis à des violations des droits humains,
notamment à la détention au secret, à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, en particulier ceux qui
ont fui pour échapper au service militaire obligatoire. Pour les autorités érythréennes, le fait même de solliciter
l’asile constitue un acte de trahison. Aussi tous les demandeurs renvoyés sont-ils exposés au risque d’être arrêtés et
placés en détention. Tous les Érythréens qui sont renvoyés de force risquent de subir des tortures et d’autres formes
de mauvais traitements pendant les interrogatoires. Au vu des graves violations des droits humains recensées dans
leur pays, Amnesty International considère que les Érythréens déboutés de leur demande d'asile ou ceux dont la
requête n’a pas été examinée ne doivent pas être renvoyés en Érythrée.
Les sept demandeurs, pour des raisons différentes, n’ont pas sollicité l’asile dans un autre État ou ont fui le pays où
ils étaient reconnus comme réfugiés c’est le cas de deux d’entre eux. Deux autres ont expliqué à Amnesty
International qu’ils s’étaient vus accorder le statut de réfugiés en Éthiopie, mais avaient égaré leurs papiers. Deux
autres, qui se trouvaient auparavant au Soudan, avaient trop peur de demander l'asile dans le camp de réfugiés de
Shegerab, car la situation en termes de sécurité n'est pas stable dans ce pays et car le camp est très proche de la
frontière érythréenne. Au Soudan, de nombreux Érythréens rencontrent de graves problèmes en termes de sécurité.
Le reste du groupe a expliqué aux autorités kényanes qu’ils souhaitaient demander l’asile au Kenya, droit qui leur
est garanti au titre du droit international. Aux termes du droit international relatif aux réfugiés, le fait de ne pas avoir
précédemment demandé l’asile dans un pays tiers n’annule pas le droit de le faire au Kenya. Ces sept personnes
n’ont pas pu entrer en relation avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ni avec le
département kényan des Affaires liées aux réfugiés afin qu’ils examinent leurs demandes d’asile. Des représentants
d’une organisation kényane d’aide juridique ont pu entrer brièvement en contact avec le groupe le 17 juillet.
Le renvoi vers son pays d'origine d’un réfugié ou d’un demandeur d’asile dont le dossier n’a pas encore fait l’objet
d’une décision constitue une violation des obligations internationales du Kenya au regard de la Convention de 1951
relative au statut des réfugiés. Aux termes de ces obligations, les autorités kényanes doivent abroger l’arrêté
d’expulsion visant les réfugiés reconnus et suspendre toute décision concernant les autres membres du groupe
jusqu'à ce que toutes les demandes d’asile aient été dûment examinées.
Des milliers de personnes sont détenues au secret en Érythrée, dans des lieux inconnus et pour des durées
indéterminées, sans inculpation ni procès. Elles ont été arrêtées pour leur opposition présumée au régime, pour
avoir pratiqué leur foi religieuse alors que leur Église, évangélique ou autre, était interdite, pour s’être soustraites à
la conscription ou pour avoir tenté de fuir le pays. La dureté des conditions de détention dans les prisons
érythréennes est assimilable à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Les membres d’organisations religieuses
non déclarées et les personnes qui se sont soustraites à la conscription ou ont déserté pendant le service militaire
obligatoire sont particulièrement vulnérables en cas de renvoi.
Noms : Tsigab Angosom, Mussie Ghebremedhin, Bisrat Keleta (f), Semere Sahlezghi, Efrem Kiflu, Zeria Gebre et Habtu Kiflay.
Genre : M et F.
AU : 221/11, index AI : AFR 32/004/2011, Date de publication : 20 juillet 2011.

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