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Éthiopie. Deux hommes politiques de l'opposition ont été arrêtés et risquent la torture

, N° d'index: AFR 25/007/2011

Deux dirigeants de l'opposition politique éthiopienne ont été arrêtés le 27 août à Addis-Abeba, la capitale du pays, après avoir rencontré des membres du personnel d'Amnesty International. Bekele Gerba et Olbana Lelisa risquent tous les deux d'être torturés à tout instant. La famille de l'un des deux hommes n'a pas été autorisée à le voir. Il est probable que les deux hommes se voient refuser tout contact avec leur famille et leurs avocats pendant plusieurs semaines.

AU 263/11, AFR 25/007/2011 Éthiopie 2 septembre 2011
ACTION URGENTE
ÉTHIOPIE. DEUX HOMMES POLITIQUES DE L'OPPOSITION ONT
ÉTÉ ARRÊS ET RISQUENT LA TORTURE
Deux dirigeants de l'opposition politique éthiopienne ont été arrêtés le 27 août à Addis-Abeba, la capitale
du pays, après avoir rencontré des membres du personnel d'Amnesty International. Bekele Gerba et
Olbana Lelisa risquent tous les deux d'être torturés à tout instant. La famille de l'un des deux hommes n'a
pas été autorisée à le voir. Il est probable que les deux hommes se voient refuser tout contact avec leur
famille et leurs avocats pendant plusieurs semaines.
Bekele Gerba, membre du parti d'opposition Mouvement démocratique fédéraliste oromo, et Olbana Lelisa, qui appartient
au Congrès du peuple oromo, un autre parti d'opposition, ont été arrêtés le 27 août. Ils sont actuellement détenus au
centre d'enquêtes de la police fédérale, connu sous le nom de « Maikelawi ». Le gouvernement a annoncé que les deux
hommes ont été arrêtés parce qu'ils sont soupçonnés d'appartenir au Front de libération oromo (FLO), un groupe terroriste
interdit. Ce chef d'accusation est souvent invoqué par le gouvernement pour museler l'opposition politique oromo pourtant
légitime.
Les deux hommes avaient rencontré des membres du personnel d'Amnesty International quelques jours à peine avant
d'être arrêtés et l'organisation craint que ces rencontres ne soient à l'origine de leur arrestation. La délégation d'Amnesty
International a par la suite été expulsée du pays.
D'innombrables informations indiquent que la torture est employée à Maikelawi, où sont détenus les deux hommes. Le
gouvernement refuse d'enquêter sur ces allégations ou d'autoriser des observateurs indépendants à visiter la prison. Les
deux hommes risquent à tout instant de subir des actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements durant les
interrogatoires.
Amnesty International craint que Bekele Gerba et Olbana Lelisa ne soient pas autorisés à contacter leur famille ou leurs
avocats : les personnes détenues à Maikelawi se voient en règle générale refuser tout contact avec leurs proches ou des
conseillers juridiques pour des durées pouvant aller jusqu'à un ou deux mois.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS, en amharique, en anglais ou dans votre propre langue :
dites-vous préoccupé-e à l'idée que Bekele Gerba et Olbana Lelisa pourraient avoir été arrêtés pour avoir exercé leur
droit légitime à la liberté d'expression, et engagez vivement les autorités à les libérer immédiatement, à moins qu'ils ne
soient rapidement inculpés et traduits en justice dans le cadre d'une procédure conforme aux normes internationales
d'équité des procès ;
priez-les instamment de faire en sorte que les deux hommes puissent immédiatement et sans restriction contacter
leurs proches et des avocats ;
exhortez le gouvernement éthiopien à veiller à ce que Bekele Gerba et Olbana Lelisa ne soient pas soumis à la torture
ou à d'autres formes de mauvais traitements durant leur détention à Maikelawi ;
faites part de votre préoccupation face aux informations indiquant que la torture et d'autres formes de mauvais
traitements sont employées à Maikelawi et demandez qu'une enquête indépendante soit menée sur ces allégations.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 14 OCTOBRE 2011 À :
Ministre de la justice
Berhanu Hailu
Ministry of Justice
PO Box 1370
Addis Ababa,
Éthiopie
Fax : +251 11 5517755
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur
le Ministre,
Directeur de la Commission fédérale de la
police
Gebeyehu Workineh
P.O. Box 29507
Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 534253 / +251 11
5511213
Formule d'appel : Dear Commissioner, /
Monsieur,
Copies à :
Premier ministre
His Excellency Meles Zenawi
Office of the Prime Minister
PO Box 1031
Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 552030
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Éthiopie dans votre pays (adresse(s) à compléter).
2 septembre 2011
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
2 septembre 2011
ACTION URGENTE
ÉTHIOPIE. DEUX HOMMES POLITIQUES DE L'OPPOSITION ONT
ÉTÉ ARRÊTÉS ET RISQUENT LA TORTURE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En Éthiopie, les personnalités politiques appartenant à l'opposition sont fréquemment victimes d'arrestations et d'actes de
harcèlement, et le droit des journalistes à la liberté d'expression est rarement respecté.
Un grand nombre de personnes appartenant à l'ethnie oromo ont déjà été arrêtées au motif qu'elles feraient partie du Front de
libération Oromo ou soutiendraient cette organisation, considérée comme un groupe terroriste par le gouvernement Éthiopien.
Toute personne détenue sur la base d'accusations relatives à des infractions pénales a le droit d'être rapidement inculpée et
jugée sans retard injustifié des procédures, qui doivent répondre aux normes relatives à l'équité des procès, ou doit être relâchée.
Même les personnes inculpées d'une infraction doivent être libérées en attendant leur procès, à moins que l'État ne présente des
éléments permettant de justifier devant un tribunal indépendant et impartial le maintien en détention, la nature des charges ne
pouvant justifier à elle seule une détention provisoire.
Le droit à la liberté d'expression est garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme, mais aussi par le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Charte africaine sur les droits de l'homme et des peuples,
auxquels l'Ethiopie est partie. La Constitution éthiopienne protège elle aussi la liberté de la presse et des médias, et interdit la
censure sous quelque forme que ce soit. L'article 29(4) de la Constitution dispose ainsi que « la presse sera indépendante vis-à-
vis des institutions et se verra accorder une protection juridique, de sorte qu'elle puisse faire état d'opinions diverses et que les
informations, les idées et les opinions puissent circuler librement, ce qui est nécessaire dans une société démocratique. »
En 2010, l'Éthiopie a accepté la recommandation de l'examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme des Nations
unies appelant le pays à « [p]rendre toutes les mesures nécessaires pour assurer des moyens d'information libres et indépendants
qui rendent compte du pluralisme dans les opinions ».
Noms : Bekele Gerba et Olbana Lelisa
Genre : hommes
AU 263/11, AFR 25/007/2011, 2 septembre 2011

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