• Campagnes

Guinée équatoriale. Disparition forcée / Détention au secret / Craintes de torture et d'autres mauvais traitements. Fabian Ovono Esono ; José Ndong

, N° d'index: AFR 24/001/2009

ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AFR 24/001/2009 ÉFAI
5 mars 2009
AU 58/09 Disparition forcée / Détention au secret / Craintes de torture et d'autres mauvais traitements
GUINÉE ÉQUATORIALE Fabián Ovono Esono (h)
José Ndong (h)
Les deux hommes nommés ci-dessus, qui ont fui la Guinée équatoriale pour le Nigeria en 2003 afin
d'échapper aux mesures de répression à l'égard des personnes soupçonnées de participation à un coup d'État
contre le président, auraient été enlevés au Nigeria et renvoyés en Guinée équatoriale en décembre 2008.
Les autorités de Guinée équatoriale n'ont pas confirmé leur détention, ni indiqué où ils se trouvaient. Pourtant,
selon les informations recueillies par Amnesty International, depuis leur enlèvement et leur transfert vers la
Guinée équatoriale, ils sont détenus dans une prison de Bata, la capitale de la région continentale du pays,
menottés et maintenus à l'isolement. Ces conditions de détention s'apparentent à un traitement cruel,
inhumain ou dégradant.
Fabián Ovono Esono et José Ndong ont fui la Guinée équatoriale après une vague d'arrestations de militaires
en fonction ou à la retraite, de membres de la famille et d'amis de ces militaires, accusés d'avoir fomenté un
coup d'État contre le président Obiang Nguema Mbasogo. L'homme accusé d'avoir joué le rôle principal dans
ce coup d'État, un ancien colonel de l'armée, a été arrêté illégalement au Cameroun en octobre 2008 et
renvoyé en Guinée équatoriale (voir l'AU 288/08, AFR 24/013/2008, 21 octobre 2008). Fabián Ovono Esono
aurait été jugé par contumace en février 2004 dans le cadre du complot présumé en vue d'un coup d'État et
condamné à deux ans d'emprisonnement.
Début février 2009, une délégation du ministère de la Justice a visité la prison de Bata et a pu rencontrer les
détenus. Cependant, on ne lui a pas montré Fabián Ovono Esono ni José Ndong.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
On sait qu'un certain nombre de réfugiés originaires de la Guinée équatoriale qui ont fui vers les pays voisins
ont été enlevés par des agents équato-guinéens, souvent avec la complicité des forces de sécurité de ces
États. En 2004, cinq Équato-Guinéens ont été arrêtés à Libreville, la capitale du Gabon, et livrés aux
autorités de leur pays d'origine. Ils ont été détenus au secret pendant deux ans et inculpés d'« atteinte à la
sûreté de l'État » et de trahison. Ils ont été condamnés, à l'issue d'un procès inéquitable, à des peines allant
jusqu'à vingt ans d'emprisonnement. En 2005, quatre réfugiés originaires de la Guinée équatoriale résidant
au Bénin et au Nigeria ont été enlevés par des agents équato-guinéens avec la complicité des forces de
sécurité nigérianes. Ils ont été jugés par contumace (malgré leur présence dans le pays) en septembre 2005
dans le cadre d'un procès inéquitable et condamnés à de longues peines de prison. L'un d'entre eux a été
libéré à la suite d'une grâce présidentielle en juin 2008, mais les trois autres sont toujours détenus au secret.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- dites-vous préoccupé à l'idée que Fabián Ovono Esono et José Ndong aient été victimes d'une disparition
forcée ;
- appelez les autorités à révéler publiquement l'endroit où se trouvent ces deux hommes ;
- priez-les de faire en sorte que Fabián Ovono Esono et José Ndong puissent immédiatement entrer en contact
avec un avocat et leur famille, et bénéficier des soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
- exhortez les autorités à veiller à ce que leurs conditions de détention soient conformes à la législation et aux
normes internationales relatives au traitement des détenus, et à ce qu'ils ne soient ni torturés, ni soumis à
aucune autre forme de mauvais traitements ;
- exprimez vos craintes à la suite des informations indiquant qu'ils ont été enlevés au Nigeria par des agents
équato-guinéens, et demandez qu'une enquête sur ces faits soit ouverte, que les résultats soient rendus
publics et que les responsables présumés soient traduits en justice ;
- engagez les autorités à mettre un terme à la pratique des enlèvements de ressortissants équato-guinéens à
l'étranger.
APPELS À :
Président de la République :
General Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Presidente de la República
Gabinete del Presidente de la República, Malabo, Guinée équatoriale
Fax : +240 09 3313/ 3334
Formule d'appel : Excelencia, / Monsieur le Président,
Procureur général :
Sr. Don José Oló Obono
Fiscal General de la República, Fiscalía General de la República, Malabo, Guinée équatoriale
Fax : +240 09 1338
Formule d'appel : Señor Fiscal, / Monsieur le Procureur général,
Ministre de la Sécurité nationale :
Sr. Don Nicolás Obama Nchama
Ministro de Seguridad Nacional, Dirección General de Seguridad Nacional, Malabo, Guinée équatoriale
Fax : +240 09 8259
Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,
COPIES À :
Ministre des Affaires étrangères :
Pastor Michá Ondó Bile
Ministro de Asuntos Exteriores y Cooperación Internacional
Ministerio de Asuntos Exteriores y Cooperación Internacional, Malabo, Guinée équatoriale
Fax : +240 09 3132/2320
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Guinée équatoriale et du Cameroun dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 16 AVRIL 2009, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE
SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?