Chypre 2020
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Chypre 2020

Des demandeurs et demandeuses d’asile étaient détenus dans des conditions inacceptables dans le camp pour personnes réfugiées de Pournara. Plusieurs cas de renvoi forcé illégal (push-back) de personnes réfugiées ou migrantes ont été signalés.

Contexte

En octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé la Turquie à revenir sur sa décision d’ouvrir certaines portions de la zone militarisée de Varosha. Les Nations unies ont organisé en novembre une réunion informelle entre dirigeants chypriotes grecs et chypriotes turcs, lors de laquelle ils ont abordé l’organisation de nouveaux pourparlers sur le devenir de l’île.

Personnes réfugiées ou demandeuses d’asile

En avril, des ONG ont dénoncé la détention de près de 700 personnes demandeuses d’asile dans le camp de réfugié·e·s de Pournara, à Kokkinotrimithia, qui était surpeuplé et où les conditions d’hygiène étaient déplorables. Ces personnes ont dans un premier temps été retenues dans le camp, de façon juridiquement infondée, de la mi-mars jusqu’au 8 avril. On leur a ensuite interdit de quitter ce camp au titre d’une décision ministérielle faisant état de préoccupations liées à la pandémie de COVID-19.

L’ONG KISA a signalé en mai qu’une force excessive avait été utilisée contre des demandeurs et demandeuses d’asile qui protestaient contre les conditions déplorables à Pournara et contre leur maintien en détention.

Le 20 mai, invoquant une épidémie de gale, les autorités ont interdit aux personnes résidant dans ce camp d’en sortir. Cette décision a déclenché de nouveaux mouvements de protestation dans le camp. Bien que l’interdiction ait été levée le 15 juin, le HCR considérait Pournara comme un centre fermé au 28 septembre. En novembre, les autorités ont de nouveau interdit toute sortie du camp à la faveur de nouvelles mesures liées à la pandémie. La défenseure des droits a recommandé en décembre de décongestionner ce camp.

Le 20 mars, il a été signalé que des gardes-côtes chypriotes avaient repoussé en mer un bateau transportant 175 réfugié·e·s syriens. En septembre ont été signalés d'autres faits lors desquels des gardes-côtes chypriotes ont renvoyé de force au Liban plus de 200 personnes réfugiées ou migrantes qui cherchaient à atteindre Chypre par bateau ou y étaient parvenues.

Violences faites aux femmes et aux filles

En janvier, une adolescente britannique a formé un recours contre la décision d’un tribunal de district chypriote qui l’avait déclarée coupable de fausses déclarations concernant sa plainte pour un viol en réunion subi en juillet 2019. Les manquements signalés de l'enquête policière et les doutes quant à l'équité du procès continuaient de susciter de graves préoccupations.

Liberté d’expression

En juin, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme se sont dits préoccupés par l’arrêt de la Cour suprême déclarant l’ONG KISA coupable de « diffamation » et la condamnant à une amende de 10 000 euros. Cette affaire portait sur la démarche effectuée par KISA en 2010 pour dénoncer les discours de haine en ligne. Un recours a été formé contre cette décision.

Impunité

En janvier, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que Chypre avait violé la Convention européenne des droits de l’homme en ne menant pas d’enquête effective sur la mort d’Athanasios Nicolaou, un conscrit de l’armée chypriote dont le corps avait été retrouvé sous un pont en 2005.

Disparitions forcées

Entre 2006 et le 30 novembre 2020, le Comité des personnes disparues à Chypre a identifié les restes de 993 personnes disparues (711 Chypriotes grecs et 282 Chypriotes turcs) dans le cadre de sa mission visant à établir les faits et à retrouver les personnes soumises à une disparition forcée pendant les affrontements intercommunautaires qui ont eu lieu en 1963 et 1964 et pendant les événements de 1974.

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