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Asie-Pacifique 2016/2017

Bien que beaucoup de gouvernements de la région Asie-Pacifique – où vit 60 % de la population mondiale – aient accentué la répression contre les droits humains, des avancées positives ont aussi été constatées dans certains pays et certains domaines.

La liberté d’expression et la justice ont été revendiquées haut et fort, et on a assisté à un développement du militantisme et des mouvements de protestation contre les violations des droits fondamentaux. Les jeunes se sont montrés de plus en plus déterminés à faire entendre leur voix pour défendre leurs droits et ceux d’autrui. Grâce aux technologies en ligne et aux réseaux sociaux, il est devenu plus facile de partager des informations, de dénoncer les injustices, de s’organiser et de défendre ses opinions. Maintes et maintes fois, des défenseurs des droits humains ont tenu bon face à l’oppression brutale de certains États, menant des actions courageuses et mobilisatrices malgré des difficultés extrêmes et des moyens limités.

Beaucoup l’ont cependant payé très cher. De nombreux gouvernements ont fait preuve d’un effroyable mépris à l’égard de la liberté, de la justice et de la dignité. Ils ont fait tout leur possible pour museler les voix dissidentes et empêcher les protestations et les actions militantes, y compris en ligne, s’appuyant sur la force ou sur l’utilisation cynique de lois anciennes ou nouvelles pour exercer leur répression.

En Asie de l’Est, la transparence gouvernementale a diminué tandis que s’accroissait le sentiment d’un fossé de plus en plus grand entre les pouvoirs publics et la population. La répression persistante dans des pays comme la Chine et la Corée du Nord n’a fait qu’exacerber cette tendance. En Asie du Sud, les critiques et la libre expression des opinions ont été de moins en moins tolérées ; des blogueurs ont été assassinés au Bangladesh, des professionnels des médias ont subi des agressions au Pakistan, et la place accordée à la société civile s’est réduite dans un certain nombre de pays, par exemple en Inde. En Asie du Sud-Est, des droits fondamentaux, tels que les droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’opinion, d’expression, d’association et de réunion, ont été la cible de multiples attaques. Le régime militaire thaïlandais a mené une répression sans merci, tandis que les autorités malaisiennes tentaient de réduire l’opposition politique au silence.

Parallèlement à la réduction de l’espace d’expression de la société civile constatée dans de nombreux pays, la discrimination s’est accrue à plusieurs endroits et dans différents contextes, en particulier à l’égard des minorités ethniques ainsi que des femmes et des filles.

Beaucoup d’États, comme la Chine, la Corée du Nord, la Malaisie, les Maldives, le Népal, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Timor-Leste et le Viêt-Nam, ont utilisé la torture et d’autres mauvais traitements comme outils contre les défenseurs des droits humains et les groupes marginalisés, entre autres.

Ces violences étaient souvent entretenues par l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les tortionnaires et les autres auteurs de violations des droits humains. L’impunité, pernicieuse et souvent chronique, était une caractéristique commune à de nombreux pays, ce qui privait les victimes de justice, de vérité et d’autres formes de réparations. Des progrès ont toutefois été constatés sur ce plan. Ainsi, même si l’impunité demeurait très répandue, des mesures timides ont été prises pour demander des comptes aux responsables présumés des crimes relevant du droit international qui empoisonnaient le Sri Lanka depuis plusieurs décennies. Par ailleurs, un accord a été conclu entre le Japon et la Corée du Sud à propos du système d’esclavage sexuel mis en place par l’armée japonaise avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet accord a toutefois été critiqué car les victimes n’avaient pas été invitées à participer aux négociations. Dans une décision historique, un tribunal des Philippines a pour la première fois déclaré un policier coupable de torture en vertu de la Loi de 2009 contre la torture. Le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale a annoncé qu’il allait peut-être bientôt ouvrir une enquête en Afghanistan, à propos des allégations de crimes commis par les talibans, le gouvernement afghan et les forces des États-Unis.

Au Myanmar, l’intensification du conflit dans l’État kachin et l’éruption de violence dans le nord de l’État d’Arakan, où une opération de grande envergure des forces de sécurité a contraint des membres des communautés rohingya et rakhine à fuir de chez eux, ont aggravé encore davantage la situation humanitaire dans le pays, déjà caractérisée par des centaines de milliers de déplacements forcés provoqués par les violences de ces dernières années. Les autorités ont empêché l’aide humanitaire de parvenir dans ces deux États. Avec le regain d’influence et de pouvoir des talibans, le conflit armé s’est poursuivi en Afghanistan, faisant de très nombreuses victimes parmi les civils.

Dans plusieurs pays, l’insécurité et les souffrances ont été exacerbées par les exactions de groupes armés. En Inde, par exemple, ceux-ci se sont rendus coupables d’enlèvements et d’homicides illégaux dans le centre et le nord-est du pays, ainsi que dans l’État de Jammu-et-Cachemire. En Indonésie, les attentats à l’explosif et les attaques à l’arme à feu du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) ont témoigné d’un profond mépris pour le droit à la vie. La capitale de l’Afghanistan, Kaboul, a été le théâtre d’attentats effroyables commis par des groupes armés, dont un contre l’organisation humanitaire CARE International, qui visait délibérément des civils et constituait par conséquent un crime de guerre.

Le climat de répression, de conflit et d’insécurité dans la région a accentué la crise mondiale des réfugiés, jetant sur les routes des milliers de réfugiés et de demandeurs d’asile contraints de quitter leur pays, souvent dans des conditions déplorables et au péril de leur vie. Beaucoup se sont retrouvés bloqués dans des situations précaires, exposés à de multiples atteintes aux droits humains. Certains gouvernements, comme ceux de l’Australie et de la Thaïlande, ont encore aggravé le sort de ces personnes en les renvoyant dans des pays où elles risquaient de subir des violations des droits humains. Les habitants de la région ont aussi été très nombreux à se trouver déplacés à l’intérieur de leur propre pays.

Les entreprises se sont souvent rendues coupables ou complices d’atteintes aux droits humains. Le gouvernement sud-coréen a autorisé les entreprises privées à entraver les activités légales des syndicats, et n’a réagi que tardivement aux effets sanitaires néfastes et aux morts causés par l’exposition à des produits dangereux. En Inde, la société Dow Chemical Company, basée aux États-Unis, et sa filiale Union Carbide Corporation n’ont une fois de plus pas répondu à une citation à comparaître devant un tribunal de Bhopal pour y répondre d’infractions liées à la fuite de gaz survenue en 1984.

La région n’a dans l’ensemble pas suivi la tendance mondiale à l’abolition de la peine de mort. La Chine est restée le premier pays au monde en termes d’exécutions, même si leur nombre exact demeurait un secret d’État. Le Pakistan a exécuté plus de 400 personnes depuis la levée d’un moratoire sur les exécutions en 2014. En violation des normes internationales, certains des prisonniers exécutés étaient mineurs au moment des faits qui leur étaient reprochés, ou étaient atteints de troubles mentaux ; d’autres avaient été condamnés à l’issue de procès inéquitables. Au Japon, les exécutions se déroulaient dans le plus grand secret. Les autorités des Maldives ont menacé de reprendre les exécutions capitales, alors qu’un moratoire était en place depuis 60 ans. Aux Philippines, une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort a été présentée au Congrès. Plus positivement, Nauru est devenu le 103e pays à abolir totalement la peine de mort.

Parmi les grands changements de l’année, citons l’arrivée au pouvoir, au Myanmar, d’un nouveau gouvernement composé presque entièrement de civils et mené de fait par Aung San Suu Kyi à un poste spécialement créé pour elle, après la victoire éclatante de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, aux élections de 2015. Ce nouveau gouvernement a pris quelques mesures pour améliorer la situation en matière de droits humains, mais restait confronté à d’énormes difficultés héritées d’un demi-siècle de dictature militaire. Son pouvoir était limité par l’influence persistante de l’armée, qui continuait de contrôler des ministères clés et détenait un quart des sièges au Parlement. Peu d’avancées ont été constatées en ce qui concerne les conflits en cours au Myanmar, la difficile situation des Rohingyas, l’aide humanitaire aux populations déplacées, l’impunité des auteurs de violations des droits humains et la réforme des lois répressives.

Aux Philippines, les violences cautionnées par l’État – principalement des homicides illégaux – se sont multipliées de façon considérable sous la présidence de Rodrigo Duterte. La « guerre contre la drogue », une répression violente à l’encontre des personnes soupçonnées d’être impliquées dans des affaires liées aux stupéfiants, a fait plus de 6 000 morts.

En février, les conséquences dévastatrices du cyclone Winston à Fidji ont mis en évidence les carences en termes d’infrastructures dans le pays ; 62 000 personnes ont été déplacées à la suite de la destruction de leurs habitations, la distribution de l’aide s’est caractérisée par une discrimination à l’égard de certains groupes, et la pénurie de matériaux de construction n’a pas permis de répondre aux besoins des plus démunis.

En mai, le Sri Lanka a ratifié la Convention internationale contre les disparitions forcées [ONU]. Toutefois, le pays n’avait pas encore inscrit le crime spécifique de disparition forcée dans sa législation nationale à la fin de l’année. Fidji a ratifié la Convention contre la torture [ONU] avec des réserves, mais l’absence de volonté politique et les dispositions de la Constitution sur l’immunité limitaient l’obligation de rendre des comptes.

ASIE DE L’EST

Défenseurs des droits humains

En Asie de l’Est, les défenseurs des droits humains ont fait l’objet d’attaques concertées, tandis que la liberté de la société civile de soulever des questions jugées litigieuses par les autorités ne cessait de se réduire.

La répression s’est poursuivie sous la présidence de Xi Jinping en Chine, où les défenseurs des droits humains, les avocats, les journalistes et les militants ont été de plus en plus souvent la cible de manœuvres d’intimidation et de harcèlement systématiques, dont des arrestations arbitraires, des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Certains proches des personnes visées ont aussi fait l’objet d’une surveillance policière, subi des actes de harcèlement et vu leur droit de circuler librement soumis à des restrictions. Les autorités ont eu de plus en plus recours au placement « en résidence surveillée dans un lieu désigné », qui permet à la police de détenir des personnes hors du système de détention officiel pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois, sans possibilité de consulter un avocat de leur choix ni d’entrer en contact avec leur famille. Le nombre de détenus contraints de faire des « aveux » à la télévision a aussi augmenté. Des milliers de sites Internet étaient toujours bloqués par les autorités. Les pouvoirs publics de la province du Guangdong ont mené une répression contre les travailleurs et les défenseurs des droits du travail, empêchant souvent les personnes arrêtées de consulter un avocat sous des prétextes liés à la « sécurité nationale ».

Le gouvernement chinois a aussi proposé et adopté des lois et règlements destinés officiellement à améliorer la sécurité nationale, mais qui pourraient être utilisés pour réduire au silence les dissidents et réprimer les défenseurs des droits humains au titre d’infractions très floues, comme l’« incitation à la subversion » et la « divulgation de secrets d’État ». Il était à craindre que la nouvelle Loi relative à la gestion des ONG étrangères ne soit utilisée pour intimider et poursuivre en justice des défenseurs des droits humains et des ONG, et que la nouvelle Loi relative à la cybersécurité ne porte atteinte à la liberté d’expression et au respect de la vie privée.

Tout cela n’a pas dissuadé les militants d’être imaginatifs. Quatre défenseurs des droits humains ont été arrêtés pour avoir commémoré le 27e anniversaire du massacre de Tiananmen, qui s’était déroulé le 4 juin 1989. Ils avaient publié sur Internet une publicité pour un alcool très consommé en Chine, dont l’étiquette indiquait « Souvenez-vous, Huit Alcool Six Quatre », un jeu de mot en chinois faisant référence à cette date (le mot alcool se prononçant comme le chiffre neuf), avec une illustration rappelant la célèbre photo d’un homme se tenant face aux chars. Cette action a été largement diffusée sur les réseaux sociaux avant d’être censurée.

En octobre, Ilham Tohti, intellectuel ouïghour renommé ayant œuvré pour le dialogue entre les Ouïghours et les Hans, a reçu le prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’homme 2016, qui récompense un engagement important face à un risque sérieux. Il purge actuellement une peine de réclusion à perpétuité pour « séparatisme ».

À Hong Kong, les étudiants Joshua Wong, Alex Chow et Nathan Law ont été déclarés coupables de « participation à un rassemblement illégal » pour leur rôle dans les événements qui avaient déclenché le mouvement prodémocratique dit « des parapluies » en 2014.

La Corée du Nord a exercé une répression extrêmement sévère, violant la quasi-totalité des droits fondamentaux. La liberté d’expression était fortement restreinte, et il n’existait aucun média ni aucune organisation de la société civile indépendants dans le pays. Jusqu’à 120 000 personnes étaient toujours détenues dans des camps de prisonniers, où la torture et les autres mauvais traitements, dont les travaux forcés, étaient généralisés et systématiques. Le contrôle exercé par l’État, l’oppression et les mesures d’intimidation se sont intensifiés depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jung-un en 2011. Les autorités ont conservé leur mainmise sur l’utilisation des technologies de l’information, notamment dans le but de couper du monde les habitants et de cacher la situation dramatique en matière de droits humains. Les Nord-Coréens pris en train d’utiliser un téléphone portable pour appeler des proches à l’étranger risquaient l’envoi dans un camp de prisonniers politiques ou un autre centre de détention.

Dans la Corée du Sud voisine, les droits humains ont eu tendance à régresser. Les droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression ont été restreints, notamment au moyen de nouveaux outils tels que les poursuites au civil. Les autorités ont réduit la liberté de la presse en s’ingérant de plus en plus étroitement dans le traitement des actualités et ont limité l’exercice du droit à la liberté de réunion pacifique, souvent sous le prétexte de protéger l’ordre public.

L’Assemblée nationale sud-coréenne a adopté une loi contre le terrorisme qui renforce considérablement les pouvoirs de l’État en matière de surveillance des communications et de collecte d’informations concernant des personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le terrorisme.

En Mongolie, les organisations de la société civile qui œuvraient pour la protection des droits humains ont été régulièrement victimes de manœuvres d’intimidation, de harcèlement et de menaces, provenant principalement de particuliers.

Plus positivement, le nouveau gouvernement de Taiwan a abandonné les poursuites contre plus de 100 manifestants qui avaient participé en 2014 aux manifestations étudiantes contre l’Accord commercial sur les services entre les deux rives conclu entre Taiwan et la Chine – un mouvement connu sous le nom de « mouvement des tournesols ». Le nouveau Premier ministre, Lin Chuan, a déclaré que la décision du précédent gouvernement de poursuivre les manifestants relevait plus d’une « réaction politique » que d’une « affaire judiciaire ».

Populations en mouvement

Le Japon a continué de rejeter la plupart des demandes d’asile. En Corée du Sud, le Service national de l’immigration a maintenu plus d’une centaine de demandeurs d’asile en détention pendant des mois à l’aéroport international d’Incheon. Parmi ces personnes se trouvaient 28 Syriens ; un tribunal a finalement jugé qu’ils devaient être libérés et autorisés à présenter une demande d’asile. Des dizaines de demandeurs d’asile d’autres nationalités, notamment égyptienne, étaient toujours détenus à l’aéroport dans des conditions inhumaines.

Discrimination

À la suite d’une multiplication des manifestations en faveur de la discrimination, le Parlement japonais a adopté la première loi du pays condamnant les appels à la haine ou « discours de haine » à l’encontre de résidents d’origine étrangère et de leurs descendants. Il a toutefois été reproché à cette loi d’avoir un champ d’application trop étroit et de ne pas prévoir de sanctions. Les minorités sexuelles ou ethniques demeuraient en butte à de graves discriminations au Japon.

En Chine, la liberté de religion était systématiquement bafouée. Des modifications législatives, proposées une fois encore au nom de la sécurité nationale, afin d’empêcher « l’infiltration et l’extrémisme », contenaient des dispositions renforçant les pouvoirs de contrôle et de sanction des autorités à l’égard de certaines pratiques religieuses. Si elles étaient adoptées, ces dispositions pourraient être utilisées pour accroître encore la répression, en particulier des droits à la liberté de religion et de conviction des communautés chrétiennes non reconnues par l’État, des bouddhistes tibétains et des musulmans ouïghours. Dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, le gouvernement a placé en détention des écrivains ouïghours et des rédacteurs de sites Internet en langue ouïghoure.

Les Tibétains étaient toujours en butte à des discriminations et à des restrictions de leurs droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’expression, d’association et de réunion pacifique. Le blogueur tibétain Druklo a été condamné à trois ans de prison pour « incitation au séparatisme » en raison de ses publications en ligne sur la liberté religieuse et le dalaï-lama, entre autres. Le gouvernement de la région autonome ouïghoure du Xinjiang a continué de bafouer le droit à la liberté de religion et a réprimé les rassemblements religieux non autorisés.

ASIE DU SUD

Défenseurs des droits humains

Les défenseurs des droits humains d’Asie du Sud ont été victimes de différents types de violations. Les gouvernements se sont appuyés sur une législation draconienne et sur de nouvelles lois destinées à censurer l’expression en ligne.

L’Inde a eu recours à des lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et faire taire les critiques. Elle a utilisé la Loi relative aux contributions étrangères (réglementation) pour limiter la réception de financements étrangers par les organisations de la société civile et pour harceler des ONG. La législation sur la sédition, utilisée par les Britanniques pour réduire la liberté d’expression durant la lutte pour l’indépendance, a servi à harceler les détracteurs du gouvernement. Des défenseurs des droits humains ont aussi été la cible de manœuvres d’intimidation et d’agressions. Le journaliste Karun Mishra a été abattu par des hommes armés en Uttar Pradesh, semble-t-il en raison de ses articles sur l’exploitation minière illégale. Un autre journaliste, Rajdeo Ranjan, a lui aussi été abattu ; il avait été menacé par des dirigeants politiques à cause de ses écrits.

Dans l’État de Jammu-et-Cachemire, les forces de sécurité ont eu recours à la force de manière injustifiée ou excessive contre des manifestants. Le gouvernement de cet État a par ailleurs imposé un couvre-feu pendant plus de deux mois. La suspension des services des opérateurs privés de téléphonie fixe et mobile et des fournisseurs d’accès à Internet a porté atteinte à toute une série de droits fondamentaux ; des habitants se sont plaints de n’avoir pas pu contacter les services médicaux d’urgence.

Au Pakistan, les professionnels des médias étaient confrontés à de nombreux risques dans le cadre de leur métier, tels que des enlèvements, des arrestations et détentions arbitraires, des actes d’intimidation, des homicides et des manœuvres de harcèlement par les autorités ou par des acteurs non étatiques. Parmi les nombreuses attaques menées contre les médias et, plus généralement, contre la liberté d’expression, citons par exemple l’attentat à la grenade contre les bureaux de la chaîne de télévision ARY TV dans la capitale, Islamabad. Cet attentat a été revendiqué par un groupe allié à l’EI dans des tracts retrouvés sur les lieux.

Au Sri Lanka, Sandhya Eknaligoda, la femme du dessinateur de presse dissident Prageeth Eknaligoda, a subi de nombreuses menaces et manœuvres d’intimidation après l’identification par la police de sept membres des services de renseignement militaire soupçonnés d’être impliqués dans la disparition forcée de son mari. Des manifestations ont notamment eu lieu devant le tribunal où était examinée la requête en habeas corpus concernant le dessinateur de presse, et une campagne d’affichage accusant Sandhya Eknaligoda de soutenir les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE) a été organisée.

La liberté d’expression a cette année encore été attaquée au Bangladesh, où les autorités ont fait preuve d’une intolérance croissante à l’égard des médias indépendants et des voix critiques. Sur fond de grave détérioration de la situation en matière de droits humains, plusieurs journalistes ont été arrêtés et détenus arbitrairement. L’opposition pacifique a été réprimée à l’aide de lois draconiennes, utilisées pour harceler ceux qui exprimaient des critiques sur les réseaux sociaux. Dilip Roy, étudiant militant, a ainsi été interpellé pour avoir critiqué la Première ministre sur Facebook. Il risquait une peine de 14 ans de prison aux termes de la Loi sur l’information et les technologies de communication, une loi formulée en termes vagues et utilisée par les autorités pour menacer et punir ceux qui exprimaient pacifiquement des points de vue qui ne leur convenaient pas.

Aux Maldives, où les droits humains ont été de plus en plus mis à mal ces dernières années, le gouvernement a intensifié ses attaques contre la liberté d’expression et la liberté de réunion, imposant des restrictions arbitraires pour empêcher les manifestations. Les autorités ont aussi réduit au silence des opposants politiques, des défenseurs des droits humains et des journalistes, en s’appuyant sur la législation qui sanctionnait les discours, remarques et autres actes « diffamatoires ».

Populations en mouvement

À cause du conflit en cours, l’Afghanistan était le deuxième pays d’origine des réfugiés dans le monde. La crise a touché énormément de personnes ; plus de deux millions d’Afghans étaient réfugiés au Pakistan et en Iran, et de nombreux autres tentaient de gagner l’UE. Un accord conclu entre l’UE et l’Afghanistan obligeait celui-ci à réaccepter sur son territoire tout ressortissant afghan débouté du droit d’asile dans l’UE. Cependant, du fait de l’instabilité persistante, il était impossible pour beaucoup de réfugiés et de demandeurs d’asile de retourner chez eux volontairement en toute sécurité.

Les Afghans qui risquaient leur vie en tentant le dangereux voyage vers l’Europe ont fait la une des journaux, mais la grande majorité des habitants du pays n’avait même pas les moyens de partir. Selon les estimations, le nombre de personnes contraintes de fuir leur domicile et déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé en trois ans, atteignant 1,4 million en 2016. Pendant ces mêmes trois années, l’aide internationale à l’Afghanistan a diminué de moitié tandis que l’attention des donateurs baissait à la suite du retrait des troupes internationales. Le sort de toutes ces personnes tentant de survivre dans des conditions effroyables, dans des camps surpeuplés où elles manquaient d’abris, de nourriture, d’eau et de soins médicaux, était en passe de tomber dans l’oubli.

La situation des réfugiés afghans au Pakistan était peu réjouissante ; le gouvernement pakistanais prévoyait en effet de procéder au plus grand renvoi forcé de réfugiés que l’histoire moderne ait jamais connu, faisant peser une menace sur quelque 1,4 million de personnes dont l’autorisation de séjour devait expirer à la fin de l’année. Les autorités ont fixé plusieurs dates butoirs irréalistes, qu’elles ont ensuite reportées à contrecœur, pour le renvoi des réfugiés en Afghanistan. Ces annonces ont suscité des vagues de harcèlement de la part de la police et des autorités, tandis que les réfugiés restaient piégés dans les camps, en pleine incertitude quant à leur situation.

Par ailleurs, à plusieurs reprises, le Pakistan a enfreint le principe de « non-refoulement », exposant des réfugiés afghans au risque de subir de graves atteintes aux droits humains. La décision d’expulser Sharbat Gula dans un pays qu’elle n’avait pas revu depuis une génération et que ses enfants ne connaissaient pas a été un exemple révélateur de la cruauté du traitement réservé aux réfugiés afghans par le Pakistan. Cette femme était l’« Afghane aux yeux verts » dont la photo en couverture du magazine National Geographic en 1985 avait marqué les esprits ; elle était restée pendant des décennies la réfugiée la plus célèbre du monde, symbole de la politique d’accueil généreuse du Pakistan.

Discrimination

Des milliers de personnes ont manifesté contre la discrimination et la violence à l’encontre des dalits. Les populations marginalisées ont, cette année encore, été souvent méprisées par les gouvernements dans leur course à la croissance économique. Des millions de manifestants ont protesté contre des modifications du droit du travail. Des Noirs ont été confrontés au harcèlement, à la discrimination et aux violences racistes dans plusieurs villes. De plus en plus de crimes violents et de violences sexuelles visant des femmes ou des filles ont été signalés, mais les auteurs de ces actes jouissaient généralement d’une totale impunité. Les femmes issues de groupes marginalisés étaient en butte à une discrimination systémique. La législation indienne érigeait en infraction le racolage dans un lieu public, ce qui exposait les travailleuses et travailleurs du sexe à une série d’atteintes à leurs droits humains.

L’article 377 du Code pénal indien était toujours utilisé pour sanctionner pénalement les relations sexuelles librement consenties entre adultes de même sexe, bien qu’il ait été contesté devant la Cour suprême. Le gouvernement indien a adopté une loi bancale sur les droits des personnes transgenres, qui a été critiquée par des militants à cause de sa définition problématique de ce qu’est une personne transgenre et de ses dispositions inadaptées contre la discrimination.

Le Bangladesh a été le théâtre d’une série d’homicides et d’autres attaques visant des blogueurs, des athées, des étrangers et des personnes LGBTI, semble-t-il pour des raisons militantes. Les autorités ont réagi tardivement, arrêtant près de 15 000 personnes. Le gouvernement a souvent transigé avec son obligation de poursuivre les responsables qui utilisaient des mesures comme la détention arbitraire et secrète. Des attaques pour lesquelles personne n’a eu à rendre de comptes, telles que l’assassinat de Xulhaz Mannan, rédacteur en chef d’un magazine LGBTI, et de son ami Tanay Mojumdar, ont souligné le manque de protection pour les militants pacifiques. Des défenseurs des droits humains ayant fait l’objet de menaces similaires ont déclaré que la police ne les protégeait pas suffisamment ; d’autres hésitaient à s’adresser à la police car ils craignaient d’être inculpés ou harcelés.

Au Sri Lanka, les personnes LGBTI étaient en butte au harcèlement, à la discrimination et à la violence. Les auteurs de violences à l’égard des femmes et des filles restaient souvent impunis, y compris les militaires coupables de viol, et peu de mesures ont été prises pour lutter contre la violence domestique. Des Tamouls se sont plaints d’avoir été victimes de profilage ethnique, de surveillance et de harcèlement de la part de policiers qui les soupçonnaient d’être liés aux LTTE. Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale [ONU] a conclu que la Loi relative à la prévention du terrorisme était utilisée de manière disproportionnée contre les Tamouls. Des chrétiens et des musulmans auraient été harcelés, menacés et attaqués, notamment par des sympathisants de groupes politiques bouddhistes cingalais extrémistes. La police n’a pris aucune mesure à l’encontre des agresseurs et, dans certains cas, a reproché aux membres des minorités religieuses de les avoir provoqués.

ASIE DU SUD-EST ET PACIFIQUE

Défenseurs des droits humains

Les défenseurs des droits humains étaient menacés au Cambodge, en Malaisie, en Thaïlande et au Viêt-Nam, entre autres, notamment par l’utilisation croissante de lois nouvelles ou déjà existantes érigeant l’expression pacifique en infraction.

En Thaïlande, sur fond de répression persistante de l’opposition pacifique depuis le coup d’État militaire de 2014, rares étaient ceux qui osaient critiquer publiquement les autorités. Des défenseurs des droits humains ont été inculpés de diffamation pour avoir dénoncé des violations ou soutenu des personnes et des groupes vulnérables. Le gouvernement a pris des mesures pour empêcher le débat avant un référendum sur le projet de nouvelle constitution. Par exemple, une dizaine de personnes qui avaient fait des commentaires sur Facebook à propos de ce texte ont été arrêtées ou inculpées, et risquaient jusqu’à 10 ans d’emprisonnement en vertu d’une nouvelle ordonnance gouvernementale draconienne.

La répression de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique s’est intensifiée à l’approche des élections prévues en 2017/2018 au Cambodge, et les autorités ont utilisé le système judiciaire de façon de plus en plus abusive. Les forces de sécurité ont harcelé et puni la société civile afin de faire taire les détracteurs. Des défenseurs des droits humains ont été menacés, arrêtés et incarcérés pour leur travail non violent, et l’opposition politique a été prise pour cible. Des militants et des responsables ont notamment été emprisonnés à la suite de procès inéquitables. Cette année encore, les autorités ont empêché des manifestations pacifiques d’avoir lieu.

En Malaisie, les autorités ont utilisé couramment la législation sur la sécurité nationale ainsi que d’autres lois restrictives pour étouffer la contestation pacifique et la liberté d’expression. Rafizi Ramlin, un parlementaire qui avait joué le rôle de lanceur d’alerte en révélant des informations sur une affaire de corruption de grande ampleur, a été condamné à 18 mois d’emprisonnement. Des journalistes du site d’information Malaysiakini ont été la cible d’actes d’intimidation et de menaces de la part de membres d’une milice privée.

Au Viêt-Nam, des défenseurs des droits humains ont été menacés et agressés. Des prisonniers d’opinion étaient incarcérés dans des prisons et des centres de détention et soumis à des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, tels que des décharges électriques, des passages à tabac, le maintien prolongé à l’isolement, parfois dans le noir et le silence complets, et la privation de soins médicaux.

Les autorités vietnamiennes ont aussi réprimé des manifestations pacifiques. Alors que le pays accueillait le président des États-Unis Barack Obama en mai, elles ont arrêté, intimidé et harcelé des militants pacifiques.

Au Myanmar, le nouveau gouvernement de la Ligue nationale pour la démocratie a pris des mesures pour modifier des lois répressives en vigueur depuis longtemps, qui visaient les militants et les professionnels des médias. Cependant, un certain nombre d’affaires, comme l’incarcération en novembre de deux professionnels des médias soupçonnés de « diffamation en ligne » après la parution d’un article faisant référence à des allégations de corruption au sein du gouvernement, ont montré que beaucoup restait à faire dans ce domaine.

Les forces de sécurité du Timor-Leste ont été accusées d’homicides illégaux, de torture et d’autres mauvais traitements, d’arrestations arbitraires et de restriction arbitraire des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les médias de Fidji ont été la cible de restrictions arbitraires limitant la liberté d’expression. À Singapour, des blogueurs et des dissidents ont été harcelés et poursuivis en justice.

Aux Philippines, des défenseurs des droits humains et des journalistes ont été pris pour cible et tués par des hommes armés non identifiés et des membres de milices armées.

Populations en mouvement

L’Australie a maintenu sa politique illicite de traitement des demandes d’asile hors du territoire, à Nauru et sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’accord de transfert entre l’Australie et Nauru était contraire au droit international et revenait de fait à piéger les réfugiés et les demandeurs d’asile dans une prison à ciel ouvert. Bien que n’étant pas, d’un point de vue strictement légal, placées en détention, ces personnes n’avaient pas la possibilité de partir et se retrouvaient isolées sur cette île perdue au milieu du Pacifique, même quand le statut de réfugié leur avait été officiellement reconnu.

La politique de « traitement » des réfugiés et demandeurs d’asile mise en place par le gouvernement australien sur l’île de Nauru reposait sur un régime délibéré et systématique de négligence et de cruauté, destiné à faire souffrir, s’apparentant ainsi à de la torture aux termes du droit international. Réduisant la protection à son minimum et portant les souffrances à leur maximum, il était conçu pour empêcher des personnes qui en avaient le plus grand besoin de venir chercher la sécurité en Australie.

Les troubles mentaux et les cas d’automutilation étaient monnaie courante chez les réfugiés et les demandeurs d’asile vivant à Nauru. Omid Masoulmali, un réfugié iranien, s’est donné la mort en s’immolant par le feu. D’autres personnes, dont des enfants, souffraient du manque de soins médicaux et étaient en butte à des agressions verbales et physiques permanentes, à une hostilité généralisée et à des arrestations et détentions arbitraires, commises en toute impunité.

L’Australie a refusé de fermer ses centres de Nauru et de Manus, et prévoyait même d’adopter une loi interdisant définitivement aux personnes piégées sur ces îles d’obtenir un visa australien, ajoutant de l’injustice à l’injustice, en violation du droit international.

La Nouvelle-Zélande a publiquement réaffirmé son engagement, inscrit dans un accord conclu en 2013 avec l’Australie, de réinstaller chaque année 150 réfugiés provenant de Nauru et de Manus, même si l’Australie a depuis refusé de mettre en œuvre cet accord.

En Malaisie, les conditions étaient difficiles dans les centres de détention surpeuplés destinés aux migrants. Un millier de personnes, dont plus de 400 Rohingyas qui avaient été bloqués au large des côtes malaisiennes jusqu’à ce que les autorités acceptent de les accueillir en mai 2015, sont restées détenues pendant plus d’un an dans des conditions déplorables. La majorité des Rohingyas ont été libérés en juin et certains ont bénéficié d’une réinstallation.

En l’absence de cadre juridique, de systèmes ou de procédures en matière d’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile en Thaïlande, beaucoup étaient exposés à la détention arbitraire et à d’autres violations de leurs droits. La législation thaïlandaise ne prévoyant aucune reconnaissance officielle des réfugiés et des demandeurs d’asile, ceux-ci, y compris les mineurs, continuaient d’être traités comme des migrants en situation irrégulière ; en vertu de la Loi sur l’immigration, ils pouvaient être incarcérés pendant une durée indéterminée dans des centres de détention pour migrants, qui ne répondaient pas forcément aux normes internationales en matière de détention.

Des dizaines de Rohingyas du Myanmar, venus par bateau en 2015, étaient détenus dans ces centres depuis leur arrivée.

En Indonésie, les autorités de la province de l’Aceh ont appliqué des tactiques d’intimidation grossières, mettant notamment en danger la vie d’un groupe de plus de 40 demandeurs d’asile tamouls sri-lankais, dont une femme sur le point d’accoucher et neuf enfants, en procédant à des tirs de sommation et en menaçant de les repousser en mer, en violation du droit international.

Discrimination

Des dizaines de milliers de membres de la minorité rohingya du Myanmar ont fui le nord de l’État d’Arakan, où les forces de sécurité menaient une vaste opération de représailles après une attaque contre trois avant-postes de la police des frontières, qui avait fait neuf morts parmi les policiers en octobre. Les forces de sécurité, sous la direction de l’armée, ont tiré aveuglément sur des villageois, incendié des centaines d’habitations, procédé à des arrestations arbitraires, et violé des femmes et des filles. Un couvre-feu a été instauré dans les villages et les organisations humanitaires se sont vu interdire l’accès à la zone. Ces représailles s’apparentaient à une punition collective visant toute la population rohingya du nord de l’État d’Arakan, et pourraient être constitutives de crimes contre l’humanité. De nombreux réfugiés et demandeurs d’asile rohingyas ayant désespérément besoin d’une aide humanitaire sont parvenus à entrer au Bangladesh, mais ont été renvoyés de force au Myanmar.

Cette crise est intervenue sur fond de discriminations profondes et incessantes contre les Rohingyas, dont un certain nombre de droits demeuraient restreints, notamment le droit de circuler librement. L’intolérance religieuse persistait également au Myanmar, en particulier à l’encontre de la population musulmane. Exacerbée ces dernières années par l’absence de véritables enquêtes sur des actes de violence commis sous le précédent gouvernement, elle était souvent alimentée par des groupes nationalistes bouddhistes radicaux.

Les autorités indonésiennes ont souvent semblé accorder plus d’importance aux groupes religieux extrémistes qu’au respect et à la protection des droits humains. Ainsi, le gouverneur de la capitale, Djakarta, chrétien et premier Indonésien d’origine chinoise élu à ce poste, a fait l’objet d’une enquête pénale sur des soupçons de « blasphème ». La discrimination contre les personnes LGBTI s’est intensifiée à la suite de propos incendiaires, totalement inexacts ou trompeurs tenus par des représentants de l’État.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les femmes étaient fréquemment victimes de violences ; des travailleuses du sexe étaient frappées, violées, arrêtées arbitrairement et tuées sans qu’aucun recours devant la justice ne soit disponible. Ce manque de protection découlait principalement des lois érigeant le travail du sexe en infraction, de la stigmatisation de cette activité et des normes sociales et culturelles.

Deux organes de l’ONU, le Comité des droits de l’homme et le Comité des droits de l’enfant, ont critiqué la surreprésentation des peuples autochtones maoris dans le système carcéral en Nouvelle-Zélande et les taux élevés de pauvreté infantile et de violence familiale chez ces populations. Les violences sexuelles et les autres formes de violences physiques à l’égard des femmes et des filles demeuraient également très répandues dans le pays, bien que le problème soit largement reconnu et en dépit des tentatives pour y remédier.

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