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République démocratique du Congo. Après un pilonnage meurtrier de Goma et alentours, il apparaît plus que nécessaire de protéger les civils

Les parties en conflit dans l’est de la RDC doivent redoubler d’efforts pour protéger les civils contre les attaques, a déclaré Amnesty International avec insistance après que des tirs d’obus, ce jeudi 22 août, ont fait vingtaine de blessés et deux morts, un enfant et une femmeTrois secteurs de la ville orientale de Goma ont été touchés, et 21 civils et un soldat ont dû recevoir des soins. Un enfant de huit ans et une femme qui se trouvaient parmi les blessés sont par la suite décédés. L’origine de l’attaque demeure inconnue. « Ces morts sont dramatiques, et résultent d’une violation du droit international humanitaire, a déclaré Lucy Freeman, directrice adjointe du Programme Afrique d’Amnesty International. « Les zones densément peuplées ne doivent pas être pilonnées ; les affrontements qui ont lieu à proximité de zones habitées mettent aussi en danger la vie des civils. Des attaques ayant, semble-t-il, été lancées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) sur des positions du M23, il s’avère indispensable que les forces de l’ONU redoublent d’efforts pour protéger les civils et fassent en sorte que toute opération contre des groupes armés soit conduite dans le respect total et permanent du droit international humanitaire. »Les attaques aveugles – celles qui ne sont pas ou ne peuvent pas être dirigées contre un objectif militaire spécifique – contre une zone à population civile constituent des violations du droit international humanitaire. Pour pouvoir déterminer l’origine du pilonnage du 22 août et le type de système utilisé il faudra procéder à une analyse balistique.Le ministère rwandais de la Défense a fait savoir qu’un obus est tombé sur un village dans le district de Rubavu, en territoire rwandais, et il accuse l’armée congolaise d’avoir commis un « acte de provocation ». Ces derniers mois, des combats sporadiques ont à plusieurs reprises rompu les trèves de facto entre l’armée et le M23. Les derniers affrontements avant ceux de jeudi dernier remontent à entre le 13 et le 20 juillet.