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Salvador. La Cour suprême joue avec la vie d'une femme

La décision de la Cour suprême du Salvador de repousser une nouvelle fois le verdict concernant une femme enceinte gravement malade qui a besoin d’un avortement manque totalement d’humanité, a déclaré Amnesty International. Beatriz, 22 ans, dont l’histoire suscite l’attention dans le monde entier, est enceinte de cinq mois. Les médecins lui ont diagnostiqué plusieurs pathologies graves, notamment un lupus et une maladie rénale. L’enfant qu’elle porte ne devrait pas survivre car il lui manque une grande partie du cerveau et du crâne. Beatriz est actuellement à l’hôpital mais les professionnels de la santé refusent de lui administrer les soins nécessaires, car ils devraient alors procéder à un avortement, ce qui est interdit en toutes circonstances au Salvador, même lorsque la vie de la mère est en danger. La Cour suprême avait l’occasion d’apporter une solution à cette situation en rendant un verdict, mais ce délai met davantage la vie de Beatriz en danger. « Hier [le 16 mai], des juges ayant le pouvoir de sauver immédiatement la vie d’une jeune mère qui veut désespérément vivre ont choisi de ne rien faire. Nous sommes choqués de voir qu’ils ont renoncé à jouer leur rôle, qui consiste à protéger et défendre la vie et la santé de Beatriz. Ce délai est totalement injuste et manque cruellement d’humanité », a déclaré Esther Major, chargée de recherche sur l’Amérique centrale à Amnesty International. « Se donner trois semaines pour décider du sort de Beatriz, qui pourrait par conséquent souffrir de graves problèmes de santé, est extrêmement cruel. « Nous exhortons les juges à respecter sans délai les droits de cette femme et de traiter cette affaire avec toute la diligence requise. » Les Nations unies, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme, quatre spécialistes des Nations unies, notamment en matière de torture et de violence à l’égard des femmes, ont demandé au Salvador de fournir les soins dont Beatriz a besoin pour survivre. « Le gouvernement salvadorien doit agir maintenant pour sauver Beatriz et jouer son rôle de garant des droits humains dans ce pays. La scène internationale surveille la situation et prie instamment les autorités d’intervenir immédiatement pour protéger le droit à la vie de cette femme », a ajouté Esther Major. L’hôpital où se trouve Beatriz a demandé la permission au gouvernement de fournir les soins nécessaires à la jeune femme il y a maintenant plus de deux mois, mais les autorités ne se sont toujours pas prononcées dans cette affaire. Le Code pénal dispose que toute personne souhaitant avorter ou procédant à un avortement risque une longue peine d’emprisonnement, ce qui signifie que Beatriz et ses médecins pourraient être incarcérés s’ils procèdent à cette intervention. Beatriz est mère d’un petit garçon d’un an qui a besoin d’elle. Cette femme était déjà malade avant de tomber enceinte mais elle suivait les traitements nécessaires. Des dizaines de milliers de personnes à travers la planète ont appelé les autorités salvadoriennes à lui fournir les soins médicaux dont elle a désespérément besoin. Plus de 70 000 militants d’Amnesty International ont signé des pétitions et bien plus encore sont passés l’action.