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Aung San Suu Kyi et Amnesty International

Aung San Suu Kyi, personnalité politique birmane, défenseure des droits humains et ancienne prisonnière d'opinion ayant passé une quinzaine d'années en résidence surveillée au Myanmar, est actuellement en visite en Europe. Lors de ce voyage historique, Aung San Suu Kyi fera étape en Norvège, où elle recevra le prix Nobel de la paix, et en Irlande, où elle recevra le prix Ambassadeur de la conscience d'Amnesty International. Il s'agit de sa première visite en Europe depuis plus de 20 ans. Voici une chronologie qui met en lumière les relations entre Amnesty International et la militante birmane au cours des dernières décennies. 1988 Après plus de 20 ans de régime militaire, des dizaines de milliers de personnes manifestent pour réclamer la démocratie. Les soldats tirent sur la foule, faisant environ 3 000 morts. La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) est fondée, et Aung San Suu Kyi en est la secrétaire générale. La NLD prône une politique de non-violence et de désobéissance civile. 1989 Aung San Suu Kyi est placée en résidence surveillée, sans inculpation ni jugement. Amnesty International l'adopte en tant que prisonnière d'opinion. 1990 Malgré le placement en détention d'Aung San Suu Kyi, la NLD remporte les élections avec 82 % des sièges parlementaires. Les autorités du Myanmar refusent de reconnaître les résultats du scrutin. 1991 Aung San Suu Kyi est lauréate du prix Nobel de la paix 1991. Elle demeure en détention. 1998 Aung San Suu Kyi s'engage personnellement à soutenir la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International Get Up, Sign Up ! Afin de célébrer le 10e anniversaire du mouvement en faveur de la démocratie au Myanmar, Amnesty International lance une campagne pour demander au gouvernement de mettre un terme à la torture et de libérer tous les prisonniers politiques. 2003 Amnesty International reçoit pour la première fois l'autorisation officielle de se rendre au Myanmar. 2007 Une nouvelle vague de dissidence publique déferle, culminant avec la « révolution de safran » pacifique menée par les moines bouddhistes, et violemment réprimée par les autorités. Amnesty International appelle à une Journée mondiale d'action en solidarité avec le Myanmar, organisant des rassemblements dans différentes villes autour du monde. 2009 Aung San Suu Kyi est nommée lauréate du prix Ambassadeur de la conscience d'Amnesty International. 2010 Amnesty International lance un appel via Internet afin d'envoyer 4 000 postes de radio au Myanmar. Le principal parti, appuyé par l'armée, crie victoire lors de la première élection générale depuis 1990. Les groupes d'opposition dénoncent la fraude généralisée. Une semaine après l'élection, Aung San Suu Kyi est libérée de sa résidence surveillée. 2011 Mars Thein Sein prête serment en tant que président du nouveau gouvernement. Août Thein Sein rencontre Aung San Suu Kyi. Octobre Certains prisonniers politiques, dont le comédien Zarganar, sont libérés dans le cadre d'une amnistie générale. Décembre La NLD est de nouveau enregistrée en tant que parti politique. 2012 Janvier De nombreux prisonniers politiques sont libérés, dont les leaders étudiants des manifestations de 1988 Min Ko Naing et Ko Ko Gyi. Avril Les candidats de la NLD, dont Aung San Suu Kyi, remportent 43 des 44 sièges parlementaires lors d'élections partielles. Amnesty International souligne que des centaines de prisonniers politiques sont encore incarcérés au Myanmar, que les atteintes aux droits humains se poursuivent, notamment contre les civils kachins, et que les lois répressives sont toujours en vigueur.