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Liban. Il faut une enquête indépendante sur les homicides survenus à un poste de contrôle

Un éminent dignitaire religieux libanais opposé au gouvernement syrien et un homme l'accompagnant ont été abattus à un poste de contrôle dans le nord du Liban. Amnesty International exhorte les autorités libanaises à diligenter une enquête indépendante sur ces homicides, et non une enquête menée par l'armée ou d'autres forces de sécurité. Cheikh Ahmad Abdel Wahed, détracteur du président syrien Bachar el Assad et de son gouvernement, et Muhammad Hussein Merheb ont été abattus dimanche 20 mai à un poste de contrôle à Kouaikhat, dans la région d'Akkar, dans le nord du pays. Trois autres personnes auraient été tuées lors d'affrontements entre groupes rivaux qui ont fait suite aux coups de feu tirés au poste de contrôle. « Il est primordial qu'une enquête soit menée dans les meilleurs délais par un organe indépendant. Elle doit être approfondie et impartiale, comme l'exigent les normes internationales relatives aux droits humains. Tous les responsables présumés de ces agissements doivent être déférés à la justice, sans recourir à la peine de mort », a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International. Dans une déclaration rendue publique le 20 mai, le commandement de l'armée libanaise a exprimé ses plus vifs regrets pour la mort des deux hommes et assuré qu'il allait immédiatement mettre sur pied une commission d'enquête composée de hauts responsables et de hauts gradés de la police militaire dépendant de l'organisme judiciaire pertinent. Amnesty International a déjà écrit aux autorités libanaises pour détailler les conditions qui doivent être remplies pour mener des enquêtes indépendantes et impartiales sur les allégations de violations des droits humains et autres violences. En 2007 et 2008, elle avait écrit au Premier ministre de l'époque Fouad Siniora et au ministre de la Défense pour faire part de ses préoccupations concernant les violations présumées commises par l'armée libanaise dans le cadre des événements de Nahr al Bared, en 2007. Ces événements avaient fait l'objet d'enquêtes internes de l'armée, investigations qui n'étaient ni indépendantes ni impartiales. Le Liban, politiquement fragile, est depuis peu le théâtre de violences et de tensions croissantes, exacerbées par la crise qui sévit en Syrie voisine.