08 juin 2010
Combattez la mortalité maternelle en Afrique

La grande majorité des femmes qui meurent pendant la grossesse ou l'accouchement font partie des populations les plus pauvres et les plus marginalisées de la société.

Ces femmes sont privées d'accès aux soins médicaux, soumises aux mutilations génitales féminines et aux mariages précoces, et se voient refuser le droit de choisir si elles désirent ou non une grossesse et de décider du moment de la grossesse.

La plupart des décès liés à la maternité pourraient être évités.

L'Union africaine (UA) a mis en place des mesures pour lutter contre la mortalité et la morbidité maternelles en Afrique, telles que la Déclaration d'Abuja sur le VIH/sida, la tuberculose et autres maladies infectieuses connexes.

Les engagements exprimés dans cette déclaration peuvent changer la vie de millions de femmes et de filles à travers le continent. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire pour qu'ils puissent être réalisés.

À l'approche de l'assemblée de l'UA qui aura lieu du 25 au 27 juillet, Amnesty International lance un appel pour que les questions relatives à la santé maternelle reçoivent toute l'attention qu'elles méritent.

 



Pétition adressée à l'Union africaine sur la mortalité et la morbidité évitables liées à la maternité en Afrique

Mesdames et Messieurs les chefs de gouvernement,

Nous saluons la décision prise par l'Union africaine de se concentrer sur la question de la santé maternelle en Afrique lors de la prochaine session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, qui se déroulera à Kampala du 25 au 27 juillet 2010.

Dans le cadre de sa campagne mondiale Exigeons la dignité, lancée pour défendre les droits des personnes vivant dans la pauvreté, Amnesty International s'attaque en particulier aux atteintes aux droits humains qui sont à la base de la persistance de la mortalité et de la morbidité maternelles. La grande majorité des femmes qui meurent de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement font partie des populations les plus pauvres et les plus marginalisées de la société. Elles trouvent la mort parce qu'elles ne peuvent pas accéder à des soins médicaux adaptés, et aussi parce qu'elles n'ont pas la liberté de décider si elles désirent ou non une grossesse et de choisir le moment d'une grossesse. La plupart des décès liés à la maternité pourraient être évités.

Amnesty International a enquêté en Sierra Leone et au Burkina Faso sur les atteintes aux droits humains responsables de la mortalité et de la morbidité maternelles. Dans les deux rapports qu'elle a publiés, Amnesty International a mis en évidence les obstacles auxquels se heurtent les femmes qui ont besoin de soins médicaux maternels, obstacles qui constituent des violations de leurs droits fondamentaux. L'organisation a également souligné l'absence de surveillance et d'obligation de rendre des comptes pour ces atteintes aux droits humains.

Malgré plusieurs mesures et initiatives adoptées par l'Union africaine pour lutter contre ce problème, des failles subsistent en ce qui concerne la réalisation des engagements pris par les gouvernements africains. Dans l'optique du prochain Sommet, nous vous demandons donc instamment d'accorder à la question de l'élimination de la mortalité et des maladies évitables liées à la maternité toute l'attention qu'elle mérite, notamment en prenant en compte les points suivants, que nous jugeons essentiels :

  • nécessité de lutter contre la discrimination et de mettre fin aux pratiques traditionnelles dangereuses telles que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, qui augmentent le risque de mortalité et de morbidité maternelles ;
  • nécessité d'améliorer l'accès aux soins en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi que la protection des droits de toutes les femmes africaines ;
  • nécessité de lutter contre les obstacles financiers aux soins maternels pour les plus pauvres ;
  • nécessité d'améliorer la qualité des soins maternels afin d'empêcher des décès évitables ;
  • nécessité de renforcer l'obligation de rendre des comptes et le suivi pour apporter réparation aux victimes de violations.

L'Union africaine a un rôle déterminant à jouer concernant le respect du droit à la santé des femmes africaines et la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles en Afrique. Nous comptons sur vous !

Merci de signer la pétition d'Amnesty International ci-dessous adressée à l'Union africaine et de la diffuser à vos amis, vos proches et vos réseaux.

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