Seize jours d'action contre la violence liée au genre

La campagne Seize jours d'action contre la violence liée au genre est une campagne internationale qui démarre le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se termine le 10 décembre, Journée des droits de l’homme. Elle vise à sensibiliser les gens à la violence liée au genre en tant que problème relevant des droits humains au niveau local, national, régional et international.

Cette année, la campagne est axée sur le thème « Défions le militarisme et finissons-en avec la violence faite aux femmes ».

Durant ces 16 jours d'action, Amnesty International s'attache plus particulièrement à mettre fin aux violences contre les femmes et les jeunes filles dans les pays suivants :

Bangladesh

Kalpana Chakma a été enlevée chez elle, au Bangladesh, en 1996 par des agents de sécurité en civil. Elle n'a jamais été retrouvée.

On pense que son enlèvement est lié à son soutien envers une personnalité politique qui représentait à l'époque les intérêts des populations indigènes Pahari.

Ses deux frères ont été témoins des faits et ont identifié les ravisseurs présumés. La police n'a pas versé ces informations au dossier de l'affaire et n'en a pas tenu compte pendant l'enquête.

Un tribunal bangladais a ordonné l'ouverture d'une nouvelle enquête en précisant que les noms des trois suspects devaient faire partie des éléments pris en compte. Le délai accordé par le tribunal pour cette enquête est écoulé depuis longtemps et la police n'a toujours pas présenté de nouveau rapport. Écrivez au ministre de l'Intérieur et demandez que la disparition de Kalpana Chakma fasse l'objet d'une enquête en bonne et due forme.

République démocratique du Congo (RDC)

En RDC, les femmes défenseures des droits des humains fournissent une assistance de proximité remarquable et à toute épreuve aux victimes d'atteintes aux droits humains. Du fait de ce travail, elles s'attirent des menaces motivées autant par une opposition à la défense des droits humains que par les questions de genre. Écrivez à la ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant pour réclamer qu'il soit mis fin à l'intimidation et au placement en détention des défenseurs des droits humains, y compris lorsque ce sont des femmes. Demandez-lui de faire en sorte que leur travail soit apprécié à sa juste valeur et obtienne un plus grand soutien. Appelez à une plus grande mise à contribution des groupes de femmes lors des consultations et à une meilleure mise en valeur de leur rôle inestimable.

Égypte

En Égypte, les femmes se trouvent en première ligne des manifestations depuis la « Révolution du 25 janvier », mais elles le paient cher. Depuis le soulèvement, les forces de sécurité aussi bien que des personnes agissant à titre individuel prennent les femmes pour cible et leur font subir des violences liées au genre, notamment des violences sexuelles.

Écrivez au président par intérim, Adly Mahmoud Mansour, et aux dirigeants politiques égyptiens et priez-les instamment de condamner sans réserve la violence sexuelle et la discrimination envers les femmes en Égypte et d'exercer des pressions pour que soit mise en œuvre une stratégie détaillée visant à lutter contre ces fléaux, en étroite collaboration avec les groupes de défense des droits des femmes et le Conseil national pour les femmes.

Syrie

Des femmes et des filles ont fui la guerre en Syrie et, avec elle, la peur et la menace de violences sexuelles. Mais elles continuent d'être exposées au risque de subir des violences liées au genre au camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie. L'insécurité générale dans le camp de Zaatari est aggravée, dans le cas des femmes et des filles, par d'autres difficultés qui les touchent particulièrement. Elles ne se sentent pas en sécurité lorsqu'elles se déplacent dans le camp ou qu'elles doivent utiliser les toilettes communes, qui ne sont pas éclairées, après la tombée de la nuit, car elles craignent d'être victimes de violence ou de harcèlement sexuels, ou d'agressions d'une autre nature. Écrivez au ministre de l'Intérieur jordanien et priez-le instamment de faire en sorte que les femmes et les filles puissent accéder en toute sécurité à tous les lieux publics du camp de Zaatari, y compris aux toilettes.

Soudan

Au Soudan, une femme peut être arrêtée par la police, comparaître devant un juge et être condamnée à une peine de flagellation publique de quarante coups de fouet pour le simple fait d’avoir porté un pantalon ou de ne pas s’être couvert les cheveux.

Selon certaines informations, chaque année à Khartoum, la capitale du Soudan, des milliers de personnes, essentiellement des femmes et des jeunes filles, sont arrêtées au titre de l'article 152 du Code pénal de 1991 parce qu’elles portent un vêtement considéré arbitrairement comme « indécent ». Écrivez au ministre de la Justice pour le prier instamment d'abroger l’article 152, d'abandonner toutes les charges prononcées au titre de cette loi et d'abolir la peine de flagellation.