Zambie - Amnesty International Rapport 2007

La situation des droits humains : République de Zambie

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Zambie est maintenant en ligne

Capitale: Lusaka
Superficie: 752614 km²
Population: 11,9 millions
Chef de l'État et du gouvernement: Levy Mwanawasa
Peine de mort: maintenue
Cour pénale internationale: Statut de Rome ratifié

Le nombre de civils ayant trouvé la mort après avoir été touchés par des tirs de la police a fortement augmenté. Une nouvelle loi a entravé la couverture par les médias des élections de septembre. Cette année encore, de nombreuses femmes ont été victimes d'agressions violentes. Aucun condamné à mort n'a été exécuté.

Contexte

Le président sortant, Lévy Mwanawasa, a reporté le processus de révision constitutionnelle à 2007. Cette mesure garantissait que les projets de limitation des pouvoirs présidentiels, de renforcement de la liberté d'expression et de réforme électorale ne seraient pas mis en œuvre avant les élections générales de septembre 2006. Globalement, la campagne électorale s'est déroulée dans le calme.

Le président Mwanawasa et son parti, le Movement for Multi-Party Democracy (Mouvement pour le pluralisme démocratique), qui était au pouvoir, ont remporté les élections présidentielle et législatives. À Lusaka et dans la province de Copperbelt, la frustration suscitée par le bas score obtenu par Michael Sata, que de nombreux citoyens pensaient voir remporter le scrutin présidentiel, a donné lieu à des affrontements violents. Plus de 100 personnes ont été interpellées et accusées de comportement séditieux.

L'affaire de corruption concernant l'ancien chef de l'État, Frederick Chiluba, n'était toujours pas réglée. Après sa victoire, le président Mwanawasa a déclaré qu'il comptait faire en sorte que cette affaire soit résolue au cours de son second mandat. En novembre, Samuel Musonda, l'ancien directeur de la banque dont Frederick Chiluba se serait servi à des fins frauduleuses, a été condamné à une peine de deux ans d'emprisonnement assortie de travaux forcés.

Liberté d'expression et médias

Durant l'année 2006, les médias ont été plutôt moins harcelés par le gouvernement qu'en 2005, même si la presse est restée soumise à la censure, en particulier au moment des élections. En juillet, c'est-à-dire avant le scrutin, une loi interdisant la publication « d'analyses spéculatives, de sondages d'opinion d'origine inconnue et de prévisions avant l'annonce officielle des résultats » a été votée.

Le gouvernement a résisté aux pressions de ceux qui demandaient l'adoption du projet de loi sur la liberté d'information, un texte qui obligerait les pouvoirs publics à divulguer certains types d'informations détenues par le gouvernement.

• En février, l'État a décidé de ne pas poursuivre Fred M'membe, le directeur du journal indépendant The Post, qui avait été inculpé d'offense au chef de l'État en novembre 2005.

• En mars, deux journalistes travaillant pour Radio Chikuni dans la province du Sud ont été arrêtés et accusés d'avoir publié de fausses informations en vue d'effrayer et d'alarmer l'opinion publique. Ils ont été placés en détention jusqu'au lendemain, avant d'être remis en liberté à titre provisoire. C'est une émission concernant un jeune garçon retrouvé mort après sa disparition qui leur a valu cette inculpation. Son corps était, semble-t-il, mutilé et les habitants des environs pensaient qu'il avait été victime d'un meurtre rituel.

• En septembre, des policiers de haut rang se sont rendus au siège de Q-FM Radio, à Lusaka, et ont exigé des journalistes qu'ils cessent de couvrir les élections, au motif qu'ils exerçaient une influence néfaste sur la nation. La station de radio diffusait en direct des conférences de presse, des résultats électoraux et des reportages sur des faits survenus après le scrutin.

• En novembre, le gouvernement a pris des mesures pour limiter les activités de Michael Sata et de son parti, le Patriotic Front (Front patriotique). Le 22 novembre, le président Mwanawasa a ordonné à la police de ne pas autoriser Michael Sata à organiser des réunions post-électorales, mais l'adjoint du procureur Sunday Nkonde a annulé cette interdiction. Le président a riposté en demandant à ce dernier de donner sa démission. Le 5 décembre, Michael Sata a été arrêté et accusé d'avoir fait de fausses déclarations sur son patrimoine, en août, lorsqu'il a été désigné comme candidat à l'élection présidentielle. Cette infraction était passible d'une peine minimum de deux ans d'emprisonnement.

Violences contre les femmes

Selon un rapport des Nations unies publié en novembre, 49 p. cent des femmes zambiennes affirmaient avoir été victimes de violences au moins une fois dans leur vie.

Peine de mort

En novembre, la Cour suprême a rejeté la requête de deux condamnés à mort qui demandaient l'abolition de la peine capitale au motif qu'elle était contraire aux valeurs chrétiennes. Deux cents personnes étaient détenues dans le quartier des condamnés à mort mais aucune exécution n'a eu lieu depuis l'arrivée au pouvoir du président Mwanawasa.

Maintien de l'ordre

Le nombre de personnes tuées ou blessées par des coups de feu tirés par des policiers s'est nettement accru.

• Début septembre, deux adolescents ont été abattus par la police dans le secteur de Ngombe, à Lusaka. À la suite de protestations des habitants du quartier, le policier auteur des coups de feu a été arrêté. Une enquête était en cours à la fin de l'année.

• Au début du mois d'octobre, un homme a été tué et un autre grièvement blessé lorsque la police a ouvert le feu sur un groupe d'habitants mécontents du quartier de Matero.

• À la mi-novembre, trois ex-enfants des rues ont été blessés par des balles perdues alors que la police tirait des coups de feu en l'air pour disperser une foule. Le chef par intérim de la police pour la province de Copperbelt a condamné ces tirs et annoncé l'ouverture d'une enquête.

En octobre, le recours aux armes à feu durant les patrouilles de routine a été interdit et un projet de formation des policiers aux opérations de prise en charge de la foule a été annoncé.