Vénézuéla - Rapport 2007 d'Amnesty International

La situation des droits humains : République bolivarienne du Vénézuéla

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Venezuela est maintenant en ligne

Capitale : Caracas
Superficie : 912050 km²
Population : 27,2 millions
Chef de l'État et du gouvernement : Hugo Chávez Frías
Peine de mort : abolie
Cour pénale internationale : Statut de Rome ratifié

La majorité des violations des droits humains commises par des membres des forces de sécurité restaient impunies. Des défenseurs des droits humains et des journalistes ont subi des menaces, des manœuvres d'intimidation et des agressions.

Contexte
En décembre, le président Hugo Chávez a été réélu pour un troisième mandat de six ans. En avril, après avoir abandonné la Communauté andine des nations en raison des accords de libre-échange signés avec les États-Unis par la Colombie et le Pérou, le Vénézuéla a rejoint le marché commun sud-américain (Mercosur). Le gouvernement a poursuivi la mise en place de programmes sociaux destinés aux plus vulnérables, notamment afin d'améliorer l'accès à l'éducation, à la santé et au logement. L'indépendance et l'impartialité de l'appareil judiciaire étaient toujours sujettes à controverse. On craignait fortement une augmentation de la violence, en raison de la prolifération des armes légères.

Impunité, intimidation et harcèlement
Des violations des droits humains commises par des membres des forces de sécurité – notamment des actes de torture, des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées – restaient impunies.
 En juillet, les corps de huit personnes, dont deux enfants, ont été découverts dans un ranch situé près des villages de La Victoria et d'El Nula (région de l'Alto Apure), à la frontière avec la Colombie. Les victimes, qui avaient les mains liées, avaient été tuées par balle puis brûlées. D'après les récits de témoins et les premiers éléments de preuve obtenus par la police, plusieurs militaires auraient participé à ces homicides. Pourtant, un seul membre des forces armées a été inculpé et jugé pour ce crime. Selon diverses organisations de défense des droits humains, ces homicides étaient imputables à une unité militaire responsable de violations systématiques contre les populations rurales de l'État d'Apure.
 En février, Melquiades Villaroel a reçu des menaces après la condamnation de cinq policiers à vingt-cinq ans d'emprisonnement pour le meurtre, en mars 2001, de Rafael Moreno Villaroel (son fils âgé de vingt ans), de Yavidilet Placeres (quatorze ans) et de Wilmer Villarroel (vingt et un ans), à El Tigre, dans l'État d'Anzoátegui.
 Au mois de mars, des coups de feu ont été tirés contre le domicile de la famille Mendoza, à Araure (État de Portuguesa), ce qui a suscité des préoccupations pour la sécurité des membres de cette famille. Les Mendoza avaient participé au procès de 11 policiers accusés du meurtre de sept personnes, dont trois membres de la famille Mendoza.

Défenseurs des droits humains
Cette année encore, des défenseurs des droits humains ont fait l'objet de menaces et d'actes d'intimidation. En mai, la Commission interaméricaine des droits de l'homme a réitéré ses préoccupations au sujet des menaces et autres manifestations d'hostilité visant les défenseurs des droits fondamentaux. Des responsables du gouvernement avaient notamment dénigré en public ces militants, les assimilant à des putschistes ou à des agents chargés de déstabiliser le pays.
 En avril, María del Rosario Guerrero et son mari, Adolfo Martínez Barrios, ont été victimes d'une tentative d'assassinat dans l'État de Guárico. Depuis 2001, ils étaient la cible d'une campagne de diffamation et d'intimidation liée, semble-t-il, aux accusations portées par María del Rosario Guerrero contre la police de l'État de Guárico, qui serait responsable selon elle de violations des droits humains. À la fin de l'année, María del Rosario Guerrero bénéficiait d'une protection, en application d'un arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l'homme.
 En septembre, le ministère public a recommandé de clore l'enquête et de classer l'affaire concernant les menaces et actes d'intimidation visant des membres du Comité de Familiares de Víctimas de los Sucesos de Febrero-Marzo de 1989 (COFAVIC, Comité des parents des victimes des événements de février-mars 1989). Le tribunal ne s'était pas encore prononcé sur cette recommandation à la fin de l'année. Les membres du COFAVIC craignaient pour leur sécurité car le classement de l'affaire pouvait signifier le retrait de la protection policière.
Des inquiétudes ont été exprimées concernant un projet de loi ayant trait à la coopération internationale, en vertu duquel les responsables du gouvernement pourraient choisir les organisations non gouvernementales susceptibles de percevoir des fonds internationaux. On craignait que de telles dispositions entravent le travail des défenseurs des droits humains.

Violences contre les femmes
La violence contre les femmes restait un motif de préoccupation. En novembre, l'Assemblée nationale a approuvé la Loi organique relative au droit des femmes à une vie sans violence. Ce texte érigeait en infraction pénale les violences physiques, sexuelles et psychologiques au foyer, dans la collectivité et au travail. La stérilisation forcée, la traite, la prostitution forcée, le harcèlement sexuel et l'esclavage étaient aussi considérés comme des infractions pénales. La loi prévoyait la mise en place de tribunaux spécialisés dans les affaires de violence liée au genre.

Agressions contre des journalistes
Cette année encore, des journalistes ont été menacés ou agressés.
 Le rapporteur spécial pour la liberté d'expression de l'Organisation des États américains a exprimé ses préoccupations après le meurtre, en avril, de Jorge Aguirre, photographe du quotidien El Mundo. Le journaliste aurait été abattu à Caracas, lors d'une manifestation de protestation contre les niveaux élevés de criminalité et d'insécurité organisée à la suite de l'enlèvement et du meurtre de trois étudiants. Un ancien policier a été inculpé de cet homicide et était en attente de jugement à la fin de l'année.
 En août, Jesús Flores Rojas, coordonnateur du quotidien Región à El Tigre (État d'Anzoátegui), a été atteint de huit balles dans la tête alors qu'il garait sa voiture devant chez lui. Le journaliste avait dénoncé la corruption de certains fonctionnaires locaux. Ses assassins présumés auraient été abattus par la police. Trois policiers accusés d'être impliqués dans le meurtre du journaliste auraient également été arrêtés. À la fin de l'année, on ignorait si le ministère public avait engagé des poursuites à leur encontre.

Visites d'Amnesty International
Des délégués d'Amnesty International se sont rendus au Vénézuéla en juillet.

Autres documents d'Amnesty International
Venezuela: Open letter to candidates in the December 2006 presidential elections (AMR 53/008/2006).