Trinité-et Tobago - Amnesty International Rapport 2008

La situation des droits humains : République de Trinité-et-Tobago

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Trinidad & Tobago est maintenant en ligne

Chef de l'État : George Maxwell Richards
Chef du gouvernement : Patrick Manning
Peine de mort : maintenue
Population : 1,3 million
Espérance de vie : 69,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 20 / 16
Taux d'alphabétisation des adultes : 98,4 %

De nouveaux cas de brutalités policières ont été signalés. Dans les affaires d'homicides imputés à la police, l'impunité restait la règle. De nouvelles condamnations à mort ont été prononcées, mais aucune exécution n'a eu lieu.

Contexte

Le Mouvement national du peuple, au pouvoir, a remporté les élections générales de novembre. Contrairement à ce que l'on craignait, les violences à caractère politique ne se sont pas généralisées pendant la période des élections.

Bien que les autorités aient été officiellement priées d'autoriser le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires à se rendre à Trinité-et-Tobago, celui-ci n'a pas été invité à effectuer une visite dans le pays.

Un nombre record de 388 homicides a été recensé durant l'année.

Police et forces de sécurité

En juillet, une commission parlementaire d'enquête a publié un rapport très critique à l'égard des services de police. Il soulignait que les policiers persistaient à ne pas se présenter à la justice, que ce soit en qualité de plaignants ou de témoins, ce qui conduisait au classement de nombreuses affaires. Il précisait que le nombre de sanctions disciplinaires contre des fonctionnaires de police était alarmant et qu'il devenait impératif de lutter contre la montée de l'indiscipline dans les rangs de la police. Le rapport évoquait également « une absence grave de notion de responsabilité à tous les niveaux de la hiérarchie ».

Homicides

Plusieurs personnes ont été tuées par des fonctionnaires de police. Dans la plupart des cas, la police déclarait que les victimes avaient été abattues lors d'un « échange de coups de feu », des affirmations qui étaient contredites par des témoins. Les auteurs de ces homicides étaient rarement traduits en justice ; depuis 1999, seulement 6 p. cent des affaires d'homicides imputables à des policiers avaient été jugées.

  • Le 17 août, quatre hommes et une femme ont été tués par la police à Wallerfield. Au moment où ils ont été abattus, les quatre hommes circulaient à bord du même véhicule. Wendy Courtney, mère de cinq enfants, se trouvait dans sa chambre et aurait été victime d'une balle perdue. Les policiers ont indiqué que les hommes avaient ouvert le feu quand ils avaient fait stopper le véhicule pour le fouiller. Selon les informations dont disposait Amnesty International, une enquête de police avait été diligentée mais n'était pas terminée à la fin de l'année.
  • Sheldon Des Vignes a été abattu par la police le 9 novembre ; il était apparemment venu prêter assistance à un cousin qui était interrogé par la police dans le quartier de Laventille à Port of Spain, la capitale. Selon les policiers, un homme qui accompagnait Sheldon Des Vignes a tiré sur eux, les contraignant à riposter. Un des agents a été inculpé de meurtre à la fin du mois de décembre.

Système judiciaire

Le programme judiciaire de protection des témoins a été très critiqué. Selon certaines informations, nombreux étaient les témoins qui se désistaient au dernier moment après avoir reçu des menaces.

  • En septembre, Ishmael Sobers, un témoin de l'accusation âgé de dix-sept ans, a été mortellement touché à la tête par un groupe d'hommes armés ; les faits se sont produits près de son domicile, dans le quartier St James de Port of Spain. La victime devait témoigner contre deux hommes accusés d'avoir commis un meurtre en septembre 2005.

Peine de mort

Plusieurs condamnations à la peine capitale ont été prononcées au cours de l'année. En mai, le Premier ministre a déclaré publiquement qu'il souhaitait le retour des exécutions par pendaison car la peine de mort lui semblait être « un élément essentiel de la lutte contre la criminalité ». En novembre, Trinité-et-Tobago s'est prononcé contre la résolution des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions.