Taiwan

La situation des droits humains : Taiwan

Amnesty International  Rapport 2013


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Taiwan est maintenant en ligne

Chef de l’État Chen Shui-bian, 
remplacé par Ma Ying-jeou le 20 mai

Chef du gouvernement Chang Chun-hsiung, 
remplacé par Liu Chao-shiuan le 20 mai

Peine de mort maintenue


Au moins huit personnes ont été condamnées à mort, mais aucune exécution n’a été signalée. La liberté d’expression et de réunion restait entravée par des lois répressives. La Loi sur la prévention de la violence domestique, récemment révisée, n’était pas véritablement appliquée.


Peine de mort


Au moins huit personnes ont été condamnées à mort. À la fin de l’année, on estimait à 82 le nombre de personnes sous le coup d’une sentence capitale. La dernière exécution remontait au 26 décembre 2005. 


"Des associations de défense des femmes reprochaient toujours aux magistrats de ne pas être suffisamment sensibilisés aux questions de genre."

En juin, réagissant à une campagne menée en faveur de l’abolition de la peine de mort, le président de la République a insisté sur la nécessité d’un consensus de l’opinion publique sur cette question, et a cité une étude montrant qu’une grande partie de la population était favorable à ce châtiment. Le 9 août, la nouvelle ministre de la Justice a fait part de son intention d’engager le pays sur la voie de l’abolition. Dès le lendemain, plusieurs législateurs appartenant au parti au pouvoir ont exprimé leur opposition à une telle mesure, expliquant que, selon eux, la peine capitale avait un effet dissuasif. 


Liberté d’expression et de réunion


Au mois de novembre, la police a interdit l’accès de certaines portions du trajet effectué par une délégation chinoise quasi officielle à des manifestants qui 
brandissaient des drapeaux taiwanais et tibétains, ainsi que des pancartes portant des slogans hostiles à la Chine. 


À la suite de cette visite, des étudiants ont organisé des sit-in pendant un mois dans tout le pays, exigeant que soit modifiée la Loi sur les rassemblements et manifestations, utilisée par la police pour réprimer la liberté de réunion. Le gouvernement a proposé en décembre de supprimer la disposition conditionnant l’organisation d’une manifestation à l’accord préalable de la police, mais il a maintenu la nécessité de déposer une déclaration préalable auprès de cette dernière, qui restait en outre habilitée à modifier le programme des manifestations au nom de la sécurité nationale et de l’intérêt public.


Violences contre les femmes et les filles


Malgré son renforcement, la Loi sur la prévention de la violence domestique n’apportait toujours pas aux victimes une protection suffisante, et ce en raison de sa mauvaise application. Un juge de la Haute Cour a révélé en juin qu’il fallait parfois plusieurs jours pour que soit rendue une ordonnance de protection d’urgence, alors que la loi exigeait qu’elle soit prise dans les quatre heures. Des associations de défense des femmes reprochaient toujours aux magistrats de ne pas être suffisamment sensibilisés aux questions de genre.


Des femmes ont cette année encore été amenées à Taiwan dans le cadre d’un trafic d’êtres humains. Le Conseil des ministres a approuvé en novembre un projet de loi contre la traite des êtres humains.


Le corps législatif a adopté en novembre une résolution demandant au gouvernement japonais de présenter des excuses et d’accorder des réparations aux victimes du système d’esclavage sexuel mis en place par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. 


Réfugiés et demandeurs d’asile 


Les organisations de défense des droits humains ont poursuivi leurs efforts pour que soient adoptées des mesures législatives protégeant les réfugiés. Un projet de loi était en cours d’examen devant le corps législatif. 


Documents d’Amnesty International


Taiwan. La police ne doit pas recourir à une force excessive lors des prochaines manifestations (3 décembre 2008).