Sénégal
Chef de l’État
Abdoulaye Wade
Chef du gouvernement
Souleymane Ndéné Ndiaye
Peine de mort
abolie
Population
12,8 millions
Espérance de vie
59,3 ans
Mortalité des moins de cinq ans
92,8 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
49,7 %

Les autorités ont recouru à une force excessive pour mettre fin à des manifestations. Des personnes ont été arrêtées parce qu’elles avaient exprimé des opinions politiques dissidentes. La torture était couramment pratiquée contre des suspects, et un détenu serait mort des suites de tels actes. En Casamance (sud du pays), les affrontements opposant les forces nationales à un groupe armé se sont intensifiés à la fin de l’année, faisant plusieurs victimes parmi la population civile. Faisant fi de leurs obligations au regard du droit international et des demandes répétées de l’Union africaine, les autorités sénégalaises ne se montraient aucunement disposées à juger l’ancien président tchadien Hissène Habré.

Contexte

Le conflit entre l’armée et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) s’est intensifié à la fin de l’année, faisant plusieurs victimes parmi les civils et les militaires.

Tout au long de 2011, des manifestations de grande ampleur ont été organisées, en particulier à Dakar, la capitale du pays, pour protester contre le fait que le président Abdoulaye Wade briguerait un troisième mandat lors de l’élection de 2012.

En juin, des affrontements violents ont opposé à Dakar la police antiémeutes à des manifestants qui dénonçaient un projet de loi visant à modifier les règles du scrutin présidentiel. La pression de la rue a finalement conduit au retrait du texte.

En juin, le décret d’application d’une loi instituant un Observateur national des lieux de privation de liberté a été adopté ; toutefois, personne n’avait encore été désigné à ce poste à la fin de l’année.

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Violations des droits humains et exactions en Casamance

Plusieurs civils ont été tués ou blessés lors d’affrontements entre le MFDC et l’armée.

  • En novembre, 10 civils ont été abattus par des membres présumés du MFDC alors qu’ils étaient partis ramasser du bois à Diagnon, à 30 kilomètres de Ziguinchor, la principale ville de Casamance.
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Répression de la dissidence

Tout au long de l’année, les autorités ont répondu par la force aux manifestations de protestation contre la situation politique et économique.

  • En mai, Malick Bâ a été tué par des gendarmes qui ont tiré à balles réelles sur des manifestants : ces derniers protestaient contre le changement d’autorités à la tête de la communauté rurale de Sangalkam.
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Liberté d’expression

Plusieurs personnes ont été interpellées et une autre a été condamnée à une peine d’emprisonnement pour avoir publiquement pris position contre le gouvernement.

  • En juin, alors qu’ils tentaient de manifester contre un projet controversé de réforme constitutionnelle, Alioune Tine – le secrétaire général de l’organisation Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) – et Oumar Diallo ont été agressés par des personnes apparemment proches du parti au pouvoir.
  • En octobre, Malick Noël Seck, le chef de file d’un mouvement affilié au Parti socialiste, a été condamné à deux ans d’emprisonnement pour avoir exhorté les membres du Conseil constitutionnel à ne pas accepter la candidature du président Wade à un troisième mandat.
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Torture et autres mauvais traitements

Il arrivait régulièrement que des policiers torturent des suspects ; une personne serait morte des suites de tels actes.

  • En avril, le corps dénudé et menotté d’Aladji Konaté a été retrouvé près d’une rivière à Bakel. Il présentait des traces de torture. D’après les forces de sécurité, Aladji Konaté était soupçonné de trafic de drogue et se serait jeté à l’eau pour échapper à une arrestation.
  • En septembre, trois jeunes hommes ont été brutalisés et blessés par des gendarmes à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar ; ils avaient été interpellés après la plainte d’un voisin. Une enquête a été diligentée et deux gendarmes ont été mis aux arrêts de rigueur. À la fin de l’année, les auteurs présumés n’avaient toujours pas été jugés et les victimes n’avaient reçu aucune indemnisation.
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Justice internationale – Hissène Habré

L’Union africaine a déclaré en mars que l’ex-président tchadien Hissène Habré devait être jugé au Sénégal par une juridiction spéciale. En juin, un collectif regroupant des ONG et des victimes du régime d’Hissène Habré a déposé plainte contre le Sénégal auprès de la Cour internationale de justice, l’accusant de n’avoir ni jugé ni extradé l’ancien chef d’État. Les autorités sénégalaises ont annoncé en juillet leur intention de renvoyer Hissène Habré au Tchad, où il a été condamné à mort par contumace. Son expulsion a toutefois été suspendue à la demande expresse de différents organismes des Nations unies et organisations de défense des droits humains.

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