La médiatrice s’est dite préoccupée par la multiplication des agressions racistes et xénophobes. Le Parlement a rejeté un projet de loi qui aurait totalement interdit l’avortement. Plusieurs ONG se sont inquiétées de la détention de demandeurs d’asile mineurs.
Les élections législatives d’octobre ont été remportées par le parti au pouvoir, la Plateforme civique. Parmi les nouveaux élus figuraient deux militants des droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres, une spécialiste et militante des droits sexuels et reproductifs et deux personnes d’origine africaine. Pour la première fois en Pologne, des femmes ont été élues à la présidence et à la vice-présidence de la Diète.
Top of pageLe parquet a décidé en juillet de prolonger de six mois l’information judiciaire ouverte sur l’implication présumée de la Pologne dans les programmes de « restitutions » et de détentions secrètes de la CIA. Selon des informations diffusées en septembre sur RMF FM, le chef de l’État aurait rejeté une requête du même parquet, qui souhaitait que l’ancien président Aleksander Kwaśniewski soit délié de son obligation de ne pas révéler d’informations constituant des secrets d’État et autorisé à témoigner. Aucune autre indication ni conclusion concernant cette enquête n’avait été communiquée à la fin de l’année.
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté en octobre une résolution encourageant le parquet polonais à « persévérer dans la recherche de la vérité en ce qui concerne les allégations de détentions secrètes par la CIA ». Elle regrettait également dans ce texte que le Parlement polonais « se soi[t] content[é] d’enquêtes dont le but principal semble avoir été de défendre la position officielle des autorités nationales ».
Top of pageLe gouvernement n’a pas dégagé de moyens suffisants pour permettre au Bureau de la médiatrice de remplir la nouvelle mission de garant de l’égalité qui lui a été confiée. La nouvelle législation contre la discrimination adoptée en décembre 2010 charge en effet la médiatrice d’aider les victimes de discriminations à porter plainte, de réaliser des recherches indépendantes sur la question de l’égalité de traitement et d’émettre des recommandations sur cette question. Le gouvernement estimait que ces nouvelles compétences ne nécessitaient aucune rallonge budgétaire. La médiatrice a cependant déclaré en mai que ses services ne comportaient pas d’unité spécialisée dans la lutte contre la discrimination, faute de financement suffisant, et qu’il était illégal d’élargir les compétences d’un organisme public sans lui donner les moyens de s’acquitter de sa tâche.
Top of pageDans un courrier adressé au procureur général en octobre, la médiatrice s’est dite préoccupée par la multiplication des agressions racistes ou xénophobes, demandant que les mesures nécessaires soient prises pour enrayer ce type de criminalité.
Top of pageLa Pologne s’est de nouveau vu reprocher sa loi réprimant la diffamation, qui a été jugée susceptible de porter atteinte à la liberté d’expression.
En juillet, le Comité européen pour la prévention de la torture [Conseil de l’Europe] s’est dit inquiet des conditions de détention. Au nombre de ses préoccupations figuraient la surpopulation qui régnait dans les prisons, le manque de soins adaptés, les mauvais traitements infligés par des policiers et l’absence de dispositif d’aide juridique véritablement opérationnel. Le Comité a engagé les autorités polonaises à revoir la réglementation sur l’espace attribué à chaque détenu, en veillant à ce que chacun dispose d’au moins 4 mètres carrés dans les cellules collectives. Le ministère de la Justice a déclaré en septembre que le niveau de la population carcérale était tel qu’il était impossible de garantir à chaque détenu l’espace préconisé par le Comité. Selon la Fondation Helsinki pour les droits de l’homme, les tribunaux auraient reçu 4 370 demandes d’indemnisation ou plaintes pour coups et blessures de la part de personnes ayant été incarcérées dans des cellules surpeuplées.
Top of pageLe Parlement a rejeté en septembre un projet portant modification de la Loi de 1993 relative à la planification familiale, qui prévoyait d’interdire l’avortement en toutes circonstances. L’interruption de grossesse restait donc légale dans trois cas bien précis : lorsque la grossesse mettait en danger la vie ou la santé de la future mère ; lorsque des examens médicaux, notamment prénatals, faisaient apparaître un risque élevé que l’enfant à naître présente des lésions graves et irréversibles ou souffre d’une maladie mortelle incurable ; et lorsqu’il existait une forte présomption que la grossesse soit le fruit d’un acte criminel.
En juillet, la Fondation Helsinki pour les droits de l’homme, l’Association pour une intervention juridique et le Centre d’aide juridique Halina Nie ć se sont dits préoccupés par la pratique consistant à placer des enfants en détention en compagnie d’adultes de leur famille arrêtés uniquement pour des raisons liées à leur statut migratoire.
Top of page