Papouasie-Nouvelle-Guinée - Rapport 2010 d'Amnesty International

La situation des droits humains : PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

Amnesty International  Rapport 2013


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Papouasie-Nouvelle-Guinée est maintenant en ligne

Chef de l’État
Elizabeth II, représentée par Paulias Matane
Chef du gouvernement
Michael Somare
Peine de mort
abolie en pratique
Population
6,7 millions
Espérance de vie
60,7 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
70 / 68 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
57,8 %

Les meurtres liés à des pratiques de sorcellerie se sont multipliés. Le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour remédier à la situation ni pour traduire en justice les auteurs présumés de ces crimes. Les femmes, les jeunes filles et les fillettes étaient souvent victimes de violences physiques, notamment sexuelles, et, là encore, les responsables avaient rarement à répondre de leurs actes devant les tribunaux. La police a continué d’expulser des communautés entières de certaines zones minières. Alors que le taux de contamination par le virus du sida était le plus élevé de toute la région, la population n’avait pas accès dans de bonnes conditions aux tests, aux traitements, aux soins et aux moyens de prévention.

Homicides illégaux

  • Au mois de janvier, plusieurs hommes se sont emparés d’une femme, puis l’ont déshabillée, bâillonnée et finalement brûlée vive sur la décharge de Kerebug, dans la ville de Mount Hagen, parce qu’ils la soupçonnaient de s’adonner à la sorcellerie. Les commandants de la police des provinces des Eastern Highlands et de Chimbu ont reconnu avoir enregistré plus d’une cinquantaine de meurtres liés à des affaires de sorcellerie dans les secteurs relevant de leurs compétences.
  • Un homme de 60 ans a été abattu en février par les habitants d’un village, qui ont également brûlé vif son fils. Tous deux étaient accusés d’avoir provoqué la mort d’un notable du village, par des pratiques de sorcellerie.

Violences contre les femmes et les filles

Les sévices corporels, psychologiques et sexuels constituaient toujours un problème majeur.

  • Un policier a été inculpé en avril pour l’enlèvement et le viol d’une fillette de 13 ans, à Port Moresby.
  • Au mois de mai, des policiers de la ville de Lae auraient tué une prostituée et en aurait passé une autre à tabac, la blessant grièvement.

Droit à la santé – VIH

La Papouasie-Nouvelle-Guinée connaissait le plus fort taux de contamination par le VIH de toute la région du Pacifique. Selon des chiffres publiés en octobre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on estimait à 1,4 % la proportion de séropositifs parmi la population. La collecte des données et le suivi des taux de séropositivité étaient très loin d’être systématiques.

Bien que des efforts aient été faits pour mieux prendre en charge les personnes séropositives, celles-ci rencontraient toujours des problèmes : insuffisance des soins palliatifs, mise au ban de la société, discriminations. La formation des professionnels de la santé et des travailleurs sociaux laissait à désirer, et les spécialistes compétents avaient tendance à partir à l’étranger.

  • Dans un jugement appelé à faire date, un homme a été condamné à une amende de 2 000 kinas (530 euros environ) par le tribunal de la province de l’Ouest, pour avoir « illégalement stigmatisé » une jeune fille qui avait décidé de passer un test de détection du VIH. Le prévenu avait publiquement accusé cette dernière d’avoir le sida, devant l’hôpital où elle s’était rendue pour subir un test.

Expulsions forcées

Entre avril et juillet, la police a mené des opérations contre des villages de montagne, expulsant les habitants, incendiant au moins 97 maisons et détruisant les biens, les jardins et le bétail. Ces violences se sont produites dans le secteur de la « concession minière spéciale », où la société Porgera Joint Venture (PJV) exploite l’une des plus grandes mines du pays. La police est intervenue sans notification ni discussion préalable, et sans qu’une solution de relogement ni aucune autre forme d’assistance soit proposée. Elle a procédé aux expulsions avec brutalité, n’hésitant pas à menacer les habitants avec des armes à feu. Plusieurs personnes ont été frappées pendant ces opérations, et trois femmes auraient été violées par des policiers.

Visites d’Amnesty International

  • Des délégués d’Amnesty International se sont rendus en Papouasie-Nouvelle-Guinée en juillet, août et septembre.