Papouasie-Nouvelle-Guinée - Amnesty International Rapport 2007

Amnesty International  Rapport 2013


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Papouasie-Nouvelle-Guinée est maintenant en ligne

Capitale: Port Moresby
Superficie: 462840 km²
Population: 6 millions
Chef de l'État: Elizabeth II, représentée par Paulias Matane
Chef du gouvernement: Michael Somare
Peine de mort: abolie en pratique
Cour pénale internationale: Statut de Rome non ratifié

Les chiffres concernant les crimes de sang étaient élevés dans l'ensemble du pays. Les violations des droits humains imputables à la police demeuraient impunies. La violence contre les femmes et les enfants était endémique.

Loi et ordre public

Les chiffres concernant les crimes de sang étaient élevés dans l'ensemble du pays. Les litiges fonciers, les émeutes et les violences intercommunautaires étaient monnaie courante. Dans la région de Nebilyer (province des Western Highlands), au moins 70 personnes auraient trouvé la mort en 2006 lors d'affrontements s'inscrivant dans le cadre du conflit tribal qui oppose depuis longtemps les Ulgas aux Kulgas.

L'état d'urgence décrété en août dans la province des Southern Highlands était encore en vigueur à la fin de l'année.

À Bougainville, d'anciens combattants demeurés à l'écart du processus de paix ont repris les armes, ce qui a augmenté la violence armée dans l'île, déjà importante.

Un an après avoir été présenté au gouvernement, le rapport du Comité national pour le contrôle des armes à feu n'avait toujours pas été soumis au Parlement. Ce document préconisait des réformes pour lutter contre la prolifération des armes à feu illégales.

Des changements importants ont été opérés à la tête des forces de police. La population n'avait guère confiance dans les capacités des forces de l'ordre à combattre la criminalité. Tout en déplorant le manque de moyens à leur disposition, les policiers semblaient souvent éviter d'intervenir dans les affaires sensibles au niveau local, par crainte de représailles. L'administration de la justice, notamment dans les dossiers de violences contre les femmes, se heurtait souvent à l'insuffisance des éléments recueillis par la police ou à des erreurs de procédure. De nombreuses affaires étaient ainsi classées par les tribunaux en raison d'enquêtes incomplètes ou trop lentes.

Violences policières

Cette année encore, de nombreux cas de violences policières contre des détenus ont été signalés, notamment des viols et d'autres actes de torture. En l'absence de mécanismes permettant d'établir les responsabilités de façon claire et systématique, les violences attribuées à la police faisaient rarement l'objet d'enquêtes ou de poursuites.

À la connaissance d'Amnesty International, le gouvernement n'avait pas, à la fin 2006, donné suite à la requête que lui avait adressée en début d'année le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, qui désirait effectuer une visite dans le pays.

• Bien que deux policiers aient été inculpés en janvier pour avoir fait feu, en octobre 2005, sur des élèves d'une école de la province d'Enga, la police n'avait pas transmis les dossiers au ministère public à la fin de l'année.

• Fin 2006, aucun policier n'avait fait l'objet de poursuites pénales à la suite des viols et des autres mauvais traitements infligés aux femmes et aux jeunes filles interpellées lors d'une opération effectuée en mars 2004 dans la pension Three Mile, à Port Moresby.

Violences contre les femmes

La majorité des femmes du pays étaient victimes de violences au sein de leur foyer ou de leur communauté. Les militantes pour la défense des droits fondamentaux des femmes, qui n'étaient pas - ou peu - soutenues par les pouvoirs publics, réalisaient un travail essentiel en proposant des consultations et une assistance juridique aux victimes de violences et en mettant à leur disposition des centres d'accueil.

Dans trois provinces au moins, les crimes sexuels étaient en hausse. Port Moresby, Lae et d'autres grandes agglomérations étaient les zones les plus touchées par le phénomène.

Une des affaires qui a défrayé la chronique a été la condamnation à douze ans d'emprisonnement, en janvier, d'un gouverneur de province déclaré coupable de viol. Toutefois, les actes de violence visant des femmes faisaient rarement l'objet d'un signalement ou d'une enquête, et leurs auteurs restaient souvent impunis.

Un grand nombre de femmes continuaient d'être victimes de sévices liés à des rumeurs de sorcellerie. Rien que dans la province de Chimbu, les informations reçues indiquaient qu'environ 150 femmes étaient tuées chaque année parce qu'elles étaient accusées de pratiquer la sorcellerie.

Les pouvoirs publics ont pris certaines mesures pour lutter contre l'épidémie de VIH/sida, mais les mentalités existantes et le contexte d'impunité dans lequel étaient commises les violences contre les femmes étaient un facteur de propagation de la maladie.

Peine de mort

En avril, le nouveau ministre de la Justice a exclu toute reprise des exécutions et affirmé qu'il allait travailler à l'abolition de la peine capitale.

Trois hommes condamnés à mort en 1997 ont vu leur peine commuée en réclusion à perpétuité par une cour d'appel qui a constaté que le magistrat du tribunal de première instance avait cru à tort que les faits commis emportaient la peine capitale.

Visites d'Amnesty International

Une délégation d'Amnesty International s'est rendue à Port Moresby en septembre.

Autres documents d'Amnesty International

•  Papua New Guinea: Violence against women :  not inevitable, never acceptable! (ASA 34/002/2006).

•  Papua New Guinea: Women human rights defenders in action (ASA 34/004/2006).