Nicaragua - Rapport 2008 d'Amnesty International

La situation des droits humains : République du Nicaragua

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Nicaragua est maintenant en ligne

Chef de l'État et du gouvernement : Enrique Bolaños Geyer, remplacé par Daniel José Ortega Saavedra le 10 janvier
Peine de mort : abolie
Population : 5,7 millions
Espérance de vie : 71,9 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F) : 39 / 31 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes : 76,7 %

Des organisations locales ont continué à réclamer un meilleur respect des normes de santé et de sécurité pour les travailleurs, ainsi que la protection de la liberté d'association. Comme l'année précédente, des organisations de femmes ont contesté une loi de 2006 interdisant l'avortement en toutes circonstances. Les relations homosexuelles n'étaient plus considérées comme une infraction pénale.

Contexte
Le Nicaragua a signé en mars le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture [ONU].
Le président Ortega aurait déclaré dans un discours prononcé en octobre devant l'Assemblée nationale que le Nicaragua ne signerait pas le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
L'Assemblée nationale a approuvé un nouveau Code pénal duquel avait été supprimé un article érigeant en infraction les relations homosexuelles.

Santé – droits en matière de procréation
À la fin de l'année, la Cour suprême était saisie d'une cinquantaine de recours contestant la constitutionnalité d'une loi qui interdisait l'avortement thérapeutique (interruption de grossesse pratiquée lorsque la vie de la femme ou son intégrité physique ou psychologique est menacée par sa grossesse). Bien que cette instance n'eût pas encore tranché dans le cadre de ces procédures, l'Assemblée nationale a approuvé un nouveau Code pénal reprenant les termes de cette loi.
En 2006, le rapporteur spécial pour les droits de la femme de la Commission interaméricaine des droits de l'homme avait fait observer que l'avortement thérapeutique constituait un service de santé indispensable pour les femmes et que son interdiction mettrait en danger la vie et la santé de femmes, en plus de compliquer le travail du personnel médical.
En avril, une femme de vingt-quatre ans est morte des suites des complications d'une grossesse extra-utérine. Après enquête, une organisation spécialisée dans la santé des femmes a estimé que sa mort était en partie liée au fait que le personnel médical avait hésité avant d'administrer des soins indispensables (explicitement requis par les règlements du ministère de la Santé), parce qu'il craignait d'être poursuivi s'il pratiquait un avortement.

Droits des travailleurs
Comme les années précédentes, selon des organisations locales, les droits du travail n'étaient guère respectés. Des travailleurs ont déposé des plaintes auprès des autorités et d'organisations de défense des droits humains au sujet de leurs conditions de travail, en particulier des effets nocifs de leur occupation sur leur santé, ainsi que du respect de leur liberté d'association.