Les procès pour crimes de guerre suivaient leur cours. Des journalistes et certaines ONG ont fait l’objet de manœuvres d’intimidation. Les Roms ne pouvaient toujours pas jouir de leurs droits économiques et sociaux.
Bien que la Commission européenne ait souligné en novembre que le pays devait renforcer sa lutte contre le crime organisé, poursuivre ses efforts en vue d’améliorer la situation des personnes déplacées et veiller au respect de la liberté d’expression, le Monténégro a obtenu en décembre le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. En décembre également, le Premier ministre, Milo Đukanović, a démissionné ; il avait occupé les fonctions de Premier ministre ou de président depuis 1992, sauf pendant la période allant de la fin de 2006 au début de 2008.
Haut de la pageLes procès pour crimes de guerre de militaires ou de policiers de rang subalterne se poursuivaient, mais rares étaient les hauts gradés qui avaient été inculpés. Onze personnes qui étaient recherchées au Monténégro ont été arrêtées en Serbie, aux termes d’un accord d’extradition passé en octobre avec ce pays. Parmi elles figuraient cinq hommes soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre à Dubrovnik, en Croatie.
Les dispositions législatives prévoyant la mise en place d'un bureau du médiateur - mécanisme national de prévention préconisé par le Protocole facultatif à la Convention contre la torture [ONU] - n'étaient pas encore en vigueur à la fin de l'année. Le Comité européen pour la prévention de la torture [Conseil de l’Europe] a publié en mars le rapport de sa visite de 2008. Il concluait notamment que les enquêtes sur les allégations de mauvais traitements devaient être plus efficaces. L’ONG Youth Initiative for Human Rights a indiqué au mois d’octobre que le ministère de l’Intérieur réagissait désormais plus rapidement aux cas qu’elle lui signalait et qu’un certain nombre de policiers avaient ainsi été sanctionnés ou inculpés.
Cette année encore, des journalistes et certaines ONG ont fait l’objet de menaces et d’actes d’intimidation. Plusieurs responsables des pouvoirs publics ont intenté des procès en diffamation contre des journalistes, dont certains ont été condamnés à de lourdes peines d’amende, parfois supérieures au maximum prévu par la loi (14 000 euros). Les ONG, comme les professionnels de la presse, considéraient que les modifications de la Loi sur la liberté d’information, proposées en juin, limiteraient la liberté d’expression et l’accès à l’information. En octobre, la procureure générale a refusé d’informer l’ONG Human Rights Action de l’état d’avancement de 14 procédures pénales dans lesquelles l’organisation était partie prenante. Elle n’a rien voulu dire, par exemple, de l’affaire concernant les menaces de mort reçues en 2007 par Aleksandar Zeković, membre du Comité pour le contrôle civique de la police.
Haut de la pageUne Loi contre la discrimination, dont certaines dispositions protégeaient les droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres, a été adoptée en juillet, en dépit des propos homophobes tenus par le ministre des Droits humains et des Droits des minorités lors des débats parlementaires. À la fin de l’année, cette loi n’avait pas encore été mise en application car les modifications de la Loi relative au médiateur qui devaient habiliter les services du médiateur à recevoir les plaintes pour discrimination n’avaient pas été adoptées.
Les Roms ne pouvaient toujours pas jouir de leurs droits économiques et sociaux. Faute de logements décents, beaucoup vivaient dans des conditions insalubres. Ainsi, en octobre, deux enfants roms qui habitaient dans un camp de fortune installé sur une décharge, à Lovanja, sont morts dans l’incendie de leur cabane, construite en carton goudronné.
Haut de la pageIl restait encore au Monténégro plus de 24 000 per-sonnes déplacées, dont 3 192 Roms, Ashkalis et « Égyptiens » originaires du Kosovo. Une nouvelle loi, ainsi qu’une baisse des tarifs des actes administratifs, ont permis à un certain nombre de réfugiés et de personnes déplacées de demander une carte de séjour permanent ou temporaire. En décembre, 880 personnes seulement avaient déposé une demande de permis de séjour permanent et 40 une demande de permis temporaire. Ces chiffres témoignent de la persistance des difficultés d’obtention des documents nécessaires. Un certain nombre de personnes déplacées venues du Kosovo craignaient d’être renvoyées chez elles, la municipalité de Podgorica ayant annoncé son intention de fermer le camp de Konik, où elles vivaient depuis 1999.
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