Malte - Amnesty International Rapport 2007

La situation des droits humains : République de Malte

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Malte est maintenant en ligne

Capitale: La Valette
Superficie: 316 km²
Population: 0,4 million
Chef de l'État: Edward Fenech-Adami
Chef du gouvernement: Lawrence Gonzi
Peine de mort: abolie
Cour pénale internationale: Statut de Rome ratifié

Des journalistes, des militants des droits humains et d'autres personnes ont été la cible d'incendies volontaires pour s'être exprimés contre le racisme. La politique qui consistait à placer systématiquement en détention les immigrés en situation irrégulière s'est poursuivie. Les conditions de vie étaient très éprouvantes dans les centres insalubres où ils étaient détenus, une situation critiquée par l'Union européenne.

Racisme

Les actes et les comportements ouvertement racistes ont encore augmenté. Les organisations non gouvernementales regroupées au sein du Réseau européen contre le racisme (ENAR) ont constaté que la presse et Internet véhiculaient des messages de plus en plus hostiles aux immigrés et que les agressions racistes et les appels à la haine se multipliaient.

Des personnes ou des organisations qui militaient activement pour la défense des droits fondamentaux des migrants et des réfugiés ou qui dénonçaient le racisme et les attitudes ou les actes discriminatoires au sein de la société maltaise ont été victimes d'incendies criminels. D'après les informations parvenues à Amnesty International, le discours et les agressions racistes semblaient gagner en légitimité au sein de la population.

• Au début du mois de mars, des incendiaires ont mis le feu au domicile d'un poète qui avait publié quelques jours auparavant un recueil encourageant la tolérance et le respect des droits des réfugiés.

• Dans la nuit du 13 mars, sept voitures appartenant à la communauté jésuite ont été brûlées, quelques jours avant le lancement par l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) de son rapport sur le racisme et la xénophobie à Malte. La communauté jésuite est le contact principal de l'EUMC à Malte. Le 11 avril, la voiture d'un avocat qui travaillait pour le Service jésuite des réfugiés a été entièrement détruite par un incendie volontaire.

• Le 3 mai, des incendiaires s'en sont pris à la maison du rédacteur en chef de l'hebdomadaire Malta Today, qui venait de publier un éditorial sur le racisme et l'immigration.

• Le 13 mai, un incendie a visé le domicile d'une journaliste du quotidien The Malta Independent, qui avait dénoncé l'extrême droite et avait écrit des articles sur le racisme et l'immigration. Aux premières heures du jour, les incendiaires ont mis le feu à cinq pneus remplis d'essence qu'ils avaient placés contre la porte arrière de la maison. Ils avaient répandu de l'essence et du verre brisé sur la route passant devant la maison, probablement pour empêcher la famille de fuir et les secours d'arriver.

Asile et immigration

La politique d'incarcération systématique des mi­grants en situation irrégulière s'est poursuivie. À leur arrivée sur le territoire maltais, les migrants sont placés dans des centres de détention pour des périodes pouvant aller jusqu'à dix-huit mois, puis ils sont transférés vers des centres ouverts. Cette politique constitue clairement une violation du droit et des engagements internationaux relatifs aux droits humains. Le placement en détention des migrants n'est précédé d'aucun examen médical en règle, ce qui met en danger la santé de leurs codétenus et celle du personnel. Les organisations non gouvernementales et les journalistes n'étaient toujours pas autorisés à se rendre dans les centres de détention pour migrants.

En mars, la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) de l'Union européenne a déclaré que quatre centres de détention administrative destinés à accueillir des demandeurs d'asile et des migrants se trouvaient dans un état déplorable et n'étaient pas conformes aux normes internationales qui ont un caractère obligatoire. Une délégation envoyée par la Commission LIBE dans ces quatre établissements a comparé celui de Hal-Safi à une « véritable cage »: les lits étaient dépourvus de draps, les matelas étaient sales et éventrés et il n'y avait pas de chauffage. Les conditions d'hygiène étaient intolérables. Les douches ne fonctionnaient pas et il n'y avait pas d'eau chaude. Les toilettes n'avaient pas de porte et étaient dans un état de dégradation totale. Au centre Hal-Far, les délégués ont découvert des foyers d'infestation par les moustiques et par les rats; les salles d'eau étaient dans un état lamentable. Certains des détenus, qui avaient fui le Darfour, ont indiqué que leur demande d'asile avait été refusée au motif qu'« ils auraient pu se réfugier dans des zones plus sûres du Soudan ». Après sa visite au centre Lyster Barracks, la Commission LIBE a rapporté qu'il n'y avait que deux WC en service pour plus de 100 personnes, que les femmes devaient se passer de serviettes hygiéniques et que les détenus n'avaient aucun endroit où aller pour s'aérer et faire un peu d'exercice.

Violences domestiques

La Loi relative à la violence domestique est entrée en vigueur en février et la Commission sur la violence domestique dont elle prescrivait la création a été mise sur pied en mars. Les prérogatives et les compétences de la Commission sont la sensibilisation, l'élaboration et la planification de stratégies visant à identifier les problèmes de violence domestique afin de mieux protéger les victimes, la proposition de pistes de recherche, l'éducation de la population et le choix des formations à prévoir pour les professionnels concernés. La Commission est tenue de publier un rapport chaque année.