Maldives
Chef de l’État et du gouvernement :
Mohamed Nasheed, remplacé par Mohamed Waheed le 7 février

La démission controversée du président début février a déclenché des mois de protestation et de répression politique dans l’ensemble de l’archipel. Les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive pour réprimer des rassemblements pourtant en grande partie pacifiques, notamment en frappant des manifestants à coups de matraque et en les aspergeant de gaz poivre directement dans les yeux. Des sympathisants du Parti démocratique maldivien (PDM), le parti du président qui a quitté ses fonctions, ont été la cible d’agressions en février. Des détenus ont été torturés et autrement maltraités. Les défaillances du système judiciaire ont contribué à perpétuer l’impunité pour les responsables d’atteintes aux droits humains.

Contexte

Pendant les mois qui ont précédé la démission de Mohamed Nasheed, le 7 février, le pays a été en proie à des conflits entre partis politiques et à une agitation sociale suivis d’une mutinerie de la police. Le lendemain de son départ, dans un discours à l’attention de ses partisans, Mohamed Nasheed affirmait avoir été contraint de quitter ses fonctions sous la menace d’une arme.

À partir du 7 février, des sympathisants du PDM ont été pendant plusieurs jours la cible directe de violences policières, ce qui a entraîné une crise des droits humains dans le pays. Bien que les rassemblements du PDM aient été en grande partie pacifiques, le 8 février des policiers s’en sont pris à des manifestants à Malé, déclenchant une réaction violente à Addu, la ville la plus méridionale de l’archipel.

Une Commission d’enquête nationale, créée par le président Waheed en février, a conclu au mois d’août que Mohamed Nasheed avait volontairement quitté le pouvoir, reprenant les propos tenus par le président Waheed peu après la démission de son prédécesseur. La Commission relevait l’existence d’« allégations de brutalités policières et d’actes d’intimidation » et demandait que les enquêtes avancent, que leurs conclusions soient rendues publiques et que les responsables soient amenés à rendre compte de leurs actes.

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Utilisation excessive de la force

Tout au long de l’année, les forces de sécurité ont régulièrement pris pour cible des manifestants pacifiques, dont des membres du Parlement, des journalistes et des passants, dans les villes de Malé et d’Addu, deux bastions du PDM. Des policiers ont frappé des manifestants à coups de matraque et les ont roués de coups de pied et aspergés de gaz poivre directement dans les yeux. Aux alentours de la démission de Mohamed Nasheed, entre le 7 et le 9 février, la police s’en est violemment prise à des cadres du PDM, et a poursuivi et agressé des manifestants blessés jusque dans les hôpitaux.

  • Le 7 février, les forces de sécurité ont agressé le parlementaire Ahmed Esa, le frappant notamment à la tête à coups de barre de fer et de matraque.
  • Le 29 mai, Mana Haleem, l’épouse d’un ancien ministre du gouvernement de Mohamed Nasheed, a été arrêtée par la police alors qu’elle rentrait chez elle. Elle avait longé la rue Majeedee Magu au moment où s’y déroulait un rassemblement de l’opposition. Des policiers lui ont asséné plusieurs coups de matraque sur les bras, le dos et les hanches avant de la placer en garde à vue.
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Torture et autres mauvais traitements

Des personnes ont été torturées au moment de leur arrestation ou alors qu’on les emmenait au poste de police. Parmi les pratiques couramment utilisées figuraient les passages à tabac, la pulvérisation de gaz poivre dans les yeux et la bouche, la privation d’eau et, dans la ville d’Addu, l’incarcération dans des cages pour chiens.

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Défenseurs des droits humains

Des personnes qui soutenaient la tolérance religieuse ou qui faisaient campagne pour la promouvoir ont été victimes d’agressions, et la police ou les autorités judiciaires n’ont pris aucune mesure pour déférer les auteurs de ces actes à la justice.

  • Le 5 juin, des hommes non identifiés ont entaillé la gorge d’Ismail « Hilath » Rasheed, qui a survécu à l’agression. Il avait déjà été victime de violences en décembre 2011 pour avoir plaidé en faveur de la liberté religieuse lors d’un petit rassemblement à Malé.
  • Le 2 octobre, Afrasheem Ali, membre du Parlement, a été poignardé à mort devant son domicile à Malé. Cet intellectuel musulman très respecté défendait le droit d’avoir des opinions religieuses différentes au sein de l’Islam.
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Obligation de rendre des comptes

Les graves défaillances du système judiciaire ont accentué l’impunité. Ainsi, aucune loi codifiée ne permettait de garantir la même justice pour tous, et des personnes n’ayant pas reçu de véritable formation ont été nommées juges sans que leurs qualifications dans le domaine juridique n’aient été sérieusement examinées. Tout au long de l’année, les autorités ont été accusées de parti pris politique parce qu’elles ont accéléré les poursuites engagées contre des partisans de l’opposition inculpés de comportements délictueux lors de manifestations, alors qu’elles n’ont pas poursuivi des policiers et d’autres personnes soupçonnés d’avoir commis des violations des droits humains au cours de ces mêmes rassemblements.

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Peine de mort

Au moins deux personnes ont été condamnées à mort, mais aucune exécution n’a eu lieu. Cependant, le président de la Cour suprême et le ministre des Affaires intérieures ont fait des déclarations laissant entendre que les exécutions ne pouvaient pas être exclues aux termes de la législation. Selon des informations diffusées par les médias, le gouvernement rédigeait un projet de loi visant à garantir l’application des condamnations à mort, ce qui a soulevé des préoccupations quant à une éventuelle reprise des exécutions, après une interruption de près de soixante ans.

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