Honduras - Rapport 2007 d'Amnesty International

La situation des droits humains : République du Honduras

Amnesty International  Rapport 2013


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Honduras est maintenant en ligne

Capitale : Tegucigalpa
Superficie : 112088 km²
Population : 7,4 millions
Chef de l'État et du gouvernement : Ricardo Maduro, remplacé par Manuel Zelaya Rosales le 27 janvier
Peine de mort : abolie
Cour pénale internationale : Statut de Rome ratifié

Des personnes et des organisations œuvrant à la défense des droits fondamentaux des indigènes et des paysans étaient toujours la cible d'attaques et de tentatives d'intimidation. Les femmes, les enfants et les jeunes faisaient toujours l'objet de nombreuses violences, contre lesquelles les autorités prenaient peu de mesures efficaces.

Contexte
Manuel Zelaya Rosales, membre du Partido liberal (Parti libéral), a pris ses fonctions de président de la République en janvier. En avril, l'Accord de libre échange avec l'Amérique centrale (ALEAC), conclu entre les États-Unis et plusieurs pays d'Amérique centrale, est entré en vigueur au Honduras.
Des indigènes et des groupes écologistes ont organisé des manifestations de grande ampleur pour protester contre la politique du gouvernement en matière d'exploitation minière. Selon eux, celle-ci était menée en l'absence de consultation digne de ce nom et constituait une menace pour l'environnement et la santé des personnes vivant à proximité des sites d'extraction.
En mai, le Honduras a ratifié le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture.
D'après des statistiques des Nations unies, en juin 2006, près de la moitié des habitants du Honduras vivaient au-dessous du seuil de pauvreté et 20 p. cent d'entre eux survivaient avec un dollar des États-Unis (70 centimes d'euro environ) par jour, voire moins.

Droits économiques, sociaux et culturels
Des personnes et des organisations œuvrant à la défense des droits humains dans le contexte des conflits fonciers ont été la cible de menaces et d'autres tentatives d'intimidation. Dans la plupart des cas, les autorités n'ont pas traduit les responsables présumés en justice.
 En juin, Jessica García, dirigeante d'une communauté de Garifunas (peuple d'origine africaine) dans le village de San Juan Tela (département d'Atlántida, nord du Honduras), aurait été forcée, sous la menace d'une arme, à signer un document par lequel elle cédait des terrains appartenant à sa communauté à une société immobilière ; selon les informations recueillies, celle-ci voulait en faire une station touristique.
 En juillet, la Cour suprême a acquitté Leonardo et Marcelino Miranda. À l'issue d'un procès à caractère politique, ces deux frères, dirigeants indigènes, avaient été déclarés coupables d'un meurtre commis en 2001. On pense que le véritable motif de leur arrestation était qu'ils s'efforçaient d'obtenir la reconnaissance officielle de titres de propriété concernant des terres appartenant à leur communauté. Leonardo et Marcelino Miranda ont déposé des plaintes pour menaces et actes de torture, mais celles-ci n'avaient pas donné lieu à l'ouverture d'une enquête à la fin de l'année.

Violences contre les femmes
En novembre, la responsable de l'Unité spéciale chargée des questions relatives aux femmes au sein des services du ministère public s'est dite préoccupée par la multiplication des violences à l'égard des femmes. Pendant l'année, 150 femmes environ ont été tuées. Des organisations ont dénoncé le nombre élevé d'homicides et de cas de violence domestique, ainsi que les médiocres résultats obtenus par les institutions publiques dans le cadre de la lutte contre la violence liée au genre.

Enfants et jeunes
Selon des organisations locales de défense des droits humains, plus de 400 enfants et jeunes ont été tués en 2006. Dans la plupart des cas, les responsables présumés n'ont pas été traduits en justice.
En septembre, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a constaté que les autorités n'avaient pas traduit en justice les responsables présumés de l'exécution extrajudiciaire de quatre jeunes gens tués par des policiers en 1995, ni ouvert d'enquête sur cette affaire, même après que des témoins eurent identifié les agents impliqués dans ces homicides. La Cour a en outre ordonné au Honduras d'établir un programme de formation à l'intention des membres des forces de police, de l'appareil judiciaire – notamment les services du ministère public – et de l'administration pénitentiaire au sujet de la protection particulière dont l'État devrait faire bénéficier les enfants et les jeunes.

Autres documents d'Amnesty International
Honduras: Human rights defenders at risk: Montaña Verde prisoners of conscience (AMR 37/001/2006).