Cuba
Chef de l’État et du gouvernement
Raúl Castro Ruz
Peine de mort
maintenue
Population
11,3 millions
Espérance de vie
79,1 ans
Mortalité des moins de cinq ans
5,8 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
99,8 %

Les 11 derniers prisonniers d’opinion placés en détention lors de la vague de répression de mars 2003 ont retrouvé la liberté en mars, avec 62 autres prisonniers politiques. La répression exercée par le gouvernement n’a pas cessé pour autant et a été marquée par des centaines d’arrestations et de placements en détention pour de courtes périodes. Des journalistes et des dissidents politiques ont été la cible de manœuvres de harcèlement et d’intimidation de la part d’agents des services de sécurité et de partisans du régime agissant avec l’assentiment des autorités.

Contexte

Malgré la libération largement médiatisée de dissidents célèbres, les pouvoirs publics ont continué d’étouffer la liberté d’expression, de réunion et d’association. Des centaines de dissidents et de militants de la démocratie ont été harcelés, intimidés et placés arbitrairement en détention.

En avril, le Parti communiste cubain a organisé son premier congrès depuis 1997 et adopté un train de réformes économiques comprenant plus de 300 mesures, qui devaient entrer en vigueur progressivement. En revanche, aucune résolution n’a été votée pour accorder aux Cubains une jouissance plus complète de leurs droits civils et politiques ou proposer des réformes législatives garantissant plus de libertés sur le plan politique. Le gouvernement a mis en œuvre au cours de l’année des réformes économiques de faible portée, autorisant la vente de voitures et de logements et permettant l’exercice de certaines activités lucratives hors de son contrôle direct.

Alan Gross, un ressortissant des États-Unis arrêté en décembre 2009 pour avoir distribué du matériel de télécommunications sur le territoire cubain, a été condamné par la justice cubaine à 15 ans d’emprisonnement pour atteinte à la sécurité de l’État. Des personnalités et des responsables américains ont tenté en vain d’obtenir sa libération pour raisons humanitaires.

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Liberté d’expression, de réunion et d’association

Les pouvoirs publics ont continué de restreindre sévèrement la liberté d’expression, de réunion et d’association des dissidents politiques, des journalistes et des militants des droits humains ; placés arbitrairement en résidence surveillée ou soumis par les autorités et les défenseurs du régime à d’autres entraves à leur liberté de mouvement, ils devaient renoncer à certaines de leurs activités légitimes et pacifiques. Le gouvernement continuait de contrôler l’ensemble des médias.

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Répression de la dissidence

En février, en l’espace d’une seule journée, les autorités ont arrêté plus de 100 personnes et placé une cinquantaine d’autres citoyens en résidence surveillée. Cette opération préventive visait à empêcher la commémoration de la mort du militant Orlando Zapata Tamayo, décédé en détention en 2010 à l’issue d’une longue grève de la faim.

  • Reina Luisa Tamayo – la mère d’Orlando Zapata – et son mari, José Ortiz, quittaient leur domicile de Banes (province d’Holguín), le 22 février, en compagnie du militant des droits humains Daniel Mesa, lorsqu’ils ont été arrêtés par une quinzaine d’agents des forces de sécurité. Les autorités voulaient ainsi les empêcher d’organiser un hommage à Orlando Zapata à l’occasion du premier anniversaire de sa mort, le lendemain. Tous trois ont été relâchés 12 heures plus tard. En juin, Reina Luisa Tamayo s’est exilée aux États-Unis avec sa famille.
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Prisonniers d’opinion

En mars, le gouvernement cubain a libéré les derniers prisonniers d’opinion qui avaient été arrêtés lors de la vague de répression de mars 2003. Des prisonniers politiques, dont certains étaient incarcérés depuis les années 1990, ont également été élargis. La libération des 52 derniers prisonniers d’opinion avait commencé en juillet 2010, à la suite d’un accord conclu avec les autorités espagnoles et d’un dialogue engagé avec l’Église catholique. La plupart des personnes ainsi remises en liberté ont été contraintes de quitter l’île avec leur famille ; seul un très petit nombre a été autorisé à rester.

  • Le prisonnier d’opinion Nestor Rodríguez Lobaina, président et cofondateur du Mouvement de jeunes Cubains pour la démocratie, a dû s’exiler en Espagne à sa libération. Arrêté en décembre 2010 parce qu’il avait organisé une réunion chez lui, en août 2010, et affiché des banderoles porteuses d’un message antigouvernemental devant son domicile, il avait passé quatre mois en détention sans jugement. Entre 2000 et 2005, Nestor Rodríguez Lobaina avait purgé une peine de six ans d’emprisonnement pour outrage aux autorités.
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Détention arbitraire

Le pouvoir a continué de recourir au placement arbitraire en détention pour faire taire les opposants à sa politique.

  • Les Dames en blanc, un groupe de parentes et d’amies d’anciens prisonniers d’opinion arrêtés en mars 2003, et leurs sympathisantes ont été en butte à des arrestations arbitraires et des agressions physiques lors des manifestations organisées dans différentes villes du pays. En août, cinq Dames en blanc de Santiago de Cuba ont été interpellées avant d’arriver à la cathédrale, d’où elles comptaient démarrer une marche de protestation. Quelques jours plus tard, ce sont 19 membres du collectif qui ont une nouvelle fois été arrêtées. Par ailleurs, 49 Dames en blanc ou sympathisantes ont été empêchées d’organiser dans le centre de La Havane une manifestation de soutien aux membres du mouvement de Santiago de Cuba et des provinces orientales. À plusieurs occasions, des Dames en blanc ont déclaré avoir été agressées physiquement et verbalement par des partisans du gouvernement intervenant durant leurs défilés pacifiques. En octobre, 26 Dames en blanc ont été placées en détention durant une courte période car les autorités voulaient les empêcher de se réunir après la mort de leur chef de file, Laura Pollán, intervenue ce mois-là. En juillet, plus de 20 membres du Groupe de soutien aux Dames en blanc ont été placées en détention la veille d’une marche organisée par le collectif, qui devait partir de l’église Notre-Dame du Rosaire, à Palma Soriano, dans la province de Santiago de Cuba. Des dissidents qui se rendaient à l’église ont également été placés en détention et empêchés de participer à la manifestation pacifique.
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L’embargo des États-Unis

Le gouvernement des États-Unis a annoncé en janvier 2011 de légères modifications à l’embargo. Les voyages à Cuba liés à des activités éducatives, culturelles, religieuses et journalistiques ont été facilités. En octobre, pour la vingtième année consécutive, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution demandant aux États-Unis la levée de l’embargo économique et commercial imposé à Cuba depuis 1961.

Cette année encore, des organismes des Nations unies présents à Cuba, comme l’OMS, l’UNICEF et le FNUAP, se sont faits l’écho des effets négatifs de l’embargo sur la santé des Cubains, en particulier au sein des communautés marginalisées. En raison des restrictions aux importations de produits fabriqués par des sociétés américaines ou leurs filiales, ou utilisant des brevets américains, il était toujours difficile de se procurer certains produits de première nécessité et certains équipements, médicaments et matériels de laboratoire.

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Rapports

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Visites

  • Amnesty International n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire cubain depuis 1990.