Trois condamnations à mort ont été prononcées et deux exécutions ont eu lieu. Le droit à la liberté d’expression et de réunion a fait l’objet d’importantes restrictions. Des manifestants non violents ont été arrêtés et condamnés à des peines d’amende. Certaines allégations de torture ou d’autres mauvais traitements n’ont pas donné lieu à une enquête impartiale et menée dans les meilleurs délais. Des prisonniers d’opinion se sont vu refuser l’accès à des soins médicaux et à une assistance juridique.
En décembre, le président Alexandre Loukachenko a été réélu pour un quatrième mandat consécutif avec 79,7 % des suffrages, lors d’un scrutin qui, selon les observateurs internationaux, n’a pas été conforme aux normes de l’OSCE. Des sympathisants de l’opposition qui manifestaient, pacifiquement pour la plupart, à la fermeture des bureaux de vote le 19 décembre ont été brutalement dispersés par la police antiémeutes. Une vague de répression s’est ensuite abattue sur les militants de l’opposition, les défenseurs des droits humains et les journalistes, contre qui les autorités ont multiplié arrestations arbitraires, perquisitions, menaces et autres formes de persécution.
Haut de la pagePlusieurs représentants des pouvoirs publics ont exprimé leur volonté d’examiner la question de la peine de mort avec la communauté internationale. Un groupe de travail sur la peine capitale a été mis en place en février par le Parlement. En septembre, le gouvernement a reconnu devant le Conseil des droits de l’homme [ONU] la nécessité d’abolir ce châtiment. Il s’est dit décidé à faire évoluer l’opinion publique en faveur d’une telle mesure et à poursuivre sa coopération en ce domaine avec la communauté internationale. Le Bélarus a néanmoins continué de prononcer des condamnations à mort et de procéder à des exécutions.
Dans un courrier adressé en mai aux autorités bélarussiennes, la représentante de l’OSCE pour la liberté des médias s’est dite préoccupée par les pressions exercées sur la presse indépendante locale, constatant que l’intimidation des journalistes avait un effet « refroidissant » sur le journalisme d’investigation, déjà affaibli, au Bélarus.
Le Décret présidentiel n° 60 « sur les mesures destinées à améliorer l’usage du secteur national d’Internet » est entré en vigueur le 1er juillet. Ce décret exige entre autres des fournisseurs de services Internet qu’ils vérifient l’identité de leurs abonnés en personne et qu’ils permettent aux pouvoirs publics d’avoir accès aux données concernant ces derniers. Des mesures ont en outre été prises pour limiter l’accès aux informations pouvant être considérées comme extrémistes, pornographiques ou incitant à la violence ou à d’autres actes contraires à la loi. Selon une étude demandée par l’OSCE, ces mesures conduisent à des restrictions injustifiées du droit des citoyens à recevoir et à diffuser des informations et donnent aux autorités des pouvoirs extrêmement étendus, leur permettant de limiter l’accès à certaines sources d’information.
Haut de la pageLa liberté d’expression et de rassemblement restait soumise aux dispositions restrictives de la Loi sur les actions de masse. Aux termes de ce texte, les organisateurs d’une manifestation doivent solliciter la permission des autorités locales. Aucune manifestation n’est autorisée à moins de 200 mètres d’une station de métro ou d’un passage pour piétons. Les organisateurs ont également la responsabilité d’assurer la sécurité publique, ainsi qu’un service médical pendant la manifestation et le nettoyage des lieux après – autant de mesures qu’ils doivent financer. De nombreuses demandes d’autorisation ont été refusées au motif que ces conditions n’étaient pas remplies.
Le Bélarus a soumis en août son quatrième rapport périodique au Comité contre la torture [ONU]. Le document rejette la recommandation formulée en 2000 par ce même Comité, qui demandait que soit inscrite dans le Code pénal une définition de la torture conforme à celle figurant dans la Convention internationale contre la torture [ONU]. Il affirme en outre que toutes les allégations de torture et de mauvais traitements sont examinées par le parquet. Un autre rapport, soumis celui-là en décembre par des ONG, déplore cependant que les plaintes déposées auprès du parquet ne débouchent que rarement sur des enquêtes pénales concernant les faits de torture dénoncés et ne donnent généralement lieu qu’à des investigations sommaires, se limitant à une audition des policiers incriminés.
À la fin de l’année, 29 personnes, dont six candidats de l’opposition à l’élection présidentielle, des membres de leur équipe de campagne et des journalistes, étaient inculpées d’« organisation de troubles à l’ordre public de grande ampleur », pour leur participation aux manifestations du 19 décembre. Elles étaient passibles de 15 ans d’emprisonnement. Un grand nombre d’entre elles avaient été inculpées pour avoir simplement exprimé leurs opinions, sans recourir à la violence ni prôner son usage. Seize au moins étaient des prisonniers d’opinion.
Le service militaire était toujours obligatoire, mais des discussions étaient en cours concernant l’élaboration d’un projet de loi instaurant un service de remplacement. Deux objecteurs de conscience ont été acquittés au cours de l’année.
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