Des manifestations non violentes ont été interdites et violemment dispersées. Un certain nombre de militants d’opposition ont été emprisonnés. La protestation et la dissidence étaient réprimées, et la liberté d’expression, de réunion et d’association sévèrement limitée.
Conséquence de l’exaspération croissante de la population face à un régime autoritaire et du contrôle étroit exercé sur les personnes critiques à l’égard de ce dernier, une série de manifestations s’est déroulée en mars et avril. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Bakou, pour réclamer des réformes démocratiques et davantage de respect des droits humains. Le gouvernement a réagi à ces premiers signes de mécontentement populaire par une nouvelle vague de répression et d’intimidation. Les pouvoirs publics ont jeté en prison des jeunes militants et des partisans de l’opposition à l’origine des manifestations, et ont intensifié le harcèlement des organisations de la société civile et des organes de presse qui s’étaient faits leurs porte-parole.
Top of pageEynulla Fatullayev a été libéré le 26 mai, à la faveur d’une grâce présidentielle et à la suite d’une importante mobilisation internationale. Il avait purgé la moitié de la peine de huit ans et demi d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné sur la foi d’éléments fallacieux. Le 26 décembre, Jabbar Savalan, un jeune militant d’opposition incarcéré, a été libéré en vertu d’une mesure de grâce présidentielle. Il avait été arrêté le 5 février, un jour après avoir fait suivre en ligne un article critique vis-à-vis du gouvernement et lancé sur Internet des appels à participer à des mouvements de protestation. Il aurait été frappé durant sa garde à vue par des policiers qui voulaient lui faire signer des « aveux », puis condamné à plus de deux années d’emprisonnement pour détention de stupéfiants, une charge forgée de toutes pièces.
Seize militants et sympathisants de l’opposition restaient toutefois en détention en raison de leur rôle dans les manifestations de mars et avril. Ils étaient considérés comme des prisonniers d’opinion.
Les journalistes indépendants ou d’opposition ont fait l’objet de violences accrues pendant les manifestations et ont été empêchés de faire leur travail. À la fin de l’année, aucune enquête n’avait été menée sur les violentes attaques dont plusieurs d’entre eux avaient été victimes et les responsables présumés de ces agissements n’avaient pas été traduits en justice.
L’interdiction des manifestations a de fait rendu illégales les actions de protestation de mars et avril et permis l’emprisonnement de nombre des organisateurs et des participants.
Les ONG militant pour les réformes démocratiques et le respect des droits humains ont fait l’objet de pressions et de manœuvres de harcèlement croissantes.
Plusieurs militants arrêtés pendant et après les manifestations de mars et avril se sont plaints d’avoir été maltraités au moment de leur interpellation, puis pendant leur garde à vue. Ces allégations n’avaient donné lieu à aucune enquête à la fin de l’année.