Argentine - Amnesty International Rapport 2008

La situation des droits humains : République argentine

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Argentine est maintenant en ligne

Chef de l'État et du gouvernement : Néstor Kirchner, remplacé par Cristina Fernández de Kirchner le 10 décembre
Peine de mort : abolie sauf pour crimes exceptionnels
Population : 39,5 millions
Espérance de vie : 74,8 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 17 / 14
Taux d'alphabétisation des adultes : 97,2 %

Plusieurs personnes ont été blessées, l'une d'elles mortellement, lorsque des employés municipaux ont manifesté pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail. Des cultivateurs et des membres de communautés indigènes auraient été maltraités par la police.

Contexte

En octobre, Cristina Fernández de Kirchner, à la tête du Front pour la victoire, une coalition englobant le Parti justicialiste au pouvoir, a été élue à la présidence.

Une loi portant adaptation de la législation nationale au Statut de Rome de la Cour pénale internationale est entrée en vigueur en janvier. Aux termes de cette loi, le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre sont constitutifs d'une infraction pénale.

À la fin de l'année, une proposition de loi incorporant le crime de disparition forcée dans le Code pénal était en attente d'approbation par le Sénat.

Impunité – atteintes aux droits humains commises dans le passé

Plusieurs personnes accusées d'atteintes aux droits humains commises sous le régime militaire de 1976-1983 ont été condamnées en 2007.

  • En octobre, Christian von Wernich, ancien aumônier de la police de Buenos Aires, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour son implication dans 42 affaires d'enlèvement, sept meurtres et 31 cas de torture.
  • En juillet, la Cour suprême a déclaré inconstitutionnelle la grâce présidentielle accordée par l'ancien président Carlos Menem à l'ancien général Santiago Riveros, accusé de violations des droits humains perpétrées dans le passé. La Cour soulignait dans son arrêt que le droit international prohibe l'impunité pour les crimes contre l'humanité.

Police et forces de sécurité

En mai et en août, dans la province de Santa Cruz, des employés municipaux ont lancé des grèves et des manifestations à l'appui de leurs revendications salariales. Certaines manifestations se sont soldées par de violents affrontements avec la police. Douze manifestants ont été blessés par des balles en caoutchouc tirées par des agents de la police provinciale. Cinq policiers ont également été blessés.

En avril, à Neuquén (province de Neuquén), un manifestant a été tué par une grenade lacrymogène au cours d'une manifestation d'enseignants qui réclamaient de meilleures conditions de travail. Une enquête a été ouverte sur sa mort.

Conflits fonciers

Des communautés paysannes et indigènes, en particulier dans la province de Santiago del Estero, ont été la cible de violentes descentes de policiers et de gardes armés apparemment liées à des conflits fonciers. Des organisations œuvrant en faveur des cultivateurs ont fait l'objet de manœuvres de harcèlement.

Discrimination - droits des peuples indigènes

En septembre, le médiateur national a saisi la Cour suprême pour demander des mesures conservatoires en faveur des communautés indigènes, essentiellement tobas, de la province du Chaco. Il dénonçait, entre autres, les taux extrêmement élevés de pauvreté ainsi que le manque de nourriture et les problèmes d'accès à l'eau potable, à l'hébergement et aux soins médicaux dont souffraient ces populations. Dans un arrêt rendu en octobre, la Cour suprême a déclaré que les autorités fédérales et provinciales étaient tenues de fournir à la population de la nourriture, de l'eau potable et des programmes sanitaires et éducatifs, et de prévoir des ressources spécifiques pour faire face à la situation critique que vivaient ces communautés.

Conditions carcérales

En novembre, plus de 30 détenus sont morts dans un incendie à la prison de Santiago del Estero. L'incendie aurait été allumé par des prisonniers qui entendaient protester contre les mauvais traitements, les abus de pouvoir, les fouilles au corps humiliantes et l'absence d'enquête sur leurs plaintes. Le rapporteur sur les droits des personnes privées de liberté de la Commission interaméricaine des droits de l'homme a fait part de ses préoccupations et a demandé instamment aux autorités de prendre des mesures en vue de protéger les personnes détenues au sein du système carcéral, et d'enquêter sur ces allégations.

Documents d'Amnesty International