30 avril 2010
Les migrants sans papiers doivent être protégés au Mexique

Chaque année, des milliers de migrants sans papiers traversent le Mexique pour se rendre aux États-Unis, où ils espèrent avoir une nouvelle vie et échapper à la misère noire et à l'insécurité qui règnent dans leur pays. Cependant, leur voyage est difficile et dangereux.

Alejandro Solalinde Guerra, un prêtre catholique mexicain, consacre sa vie à offrir aux migrants un lieu d'accueil sûr, à l'écart des bandes criminelles qui les exploitent et les maltraitent. En raison de son travail, Alejandro Solalinde est sans cesse soumis à des menaces et des manœuvres d'intimidation par des bandes et des fonctionnaires locaux. Sa vie est en danger.

« Le plus grand problème auquel je suis confronté en permanence, ce sont les actes d'intimidation, de harcèlement et d'irrespect de la part de gens qui ne veulent pas que je poursuive mon travail d'aide aux migrants. De nombreuses autorités locales, des bandes criminelles, des trafiquants de drogue veulent se débarrasser des défenseurs des droits humains – ils croient que nous nous mettons en travers de leur chemin, parce qu'ils n'ont pas de fortes valeurs à porter, ne savent pas ce qu'est la foi, ni ce que sont les droits humains. En dépit de tout ce qu'ils font pour nous empêcher de poursuivre notre travail, nous devons persévérer », a déclaré Alejandro Solalinde à Amnesty International.

Le père Alejandro Solalinde est le coordinateur du Centre pastoral d'aide aux migrants dans le sud-ouest du Mexique et le directeur d'un refuge pour migrants situé dans la municipalité d'Ixtepec (État d'Oaxaca). Ce refuge a été créé afin d'apporter une aide humanitaire aux personnes qui ont besoin de se reposer pour récupérer de leur voyage.

Alejandro Solalinde a voyagé à bord des trains de marchandises empruntés par les migrants qui se dirigent vers la frontière nord du Mexique. Selon lui, c'était le seul moyen de comprendre les horreurs qu'ils subissent.

Le 26 février 2007, il a créé le refuge pour migrants d'Ixtepec près des voies ferrées utilisées par les migrants originaires d'Amérique centrale. Plus de 400 migrants y ont dormi la première nuit et l'afflux de personnes est constant depuis.

Cette solidarité a entraîné des agressions et des actes de harcèlement commis par des membres xénophobes des communautés locales, souvent encouragés par des bandes criminelles et des responsables locaux. À plusieurs reprises, Alejandro Solalinde a été victime de menaces et de manœuvres d'intimidation, et les autorités n'ont pratiquement rien fait pour le protéger ni pour enquêter sur ces faits.

Le difficile voyage des migrants

Les migrants sans papiers sont pour la plupart originaires d'Amérique centrale et nombre d'entre eux entament leur périlleux voyage en traversant la frontière entre le Mexique et le Guatemala au niveau des États du Chiapas ou du Tabasco. Ceux qui atteindront la frontière américaine auront survécu à l'un des voyages les plus dangereux qui soient. Des milliers d'entre eux échoueront, victimes de passages à tabac, d'enlèvements, de viols, voire de meurtres, généralement sans que cela se sache. La plupart du temps, personne ne saura rien de leur histoire.

La majorité des violences dont sont victimes les migrants sans papiers sont le fait de bandes criminelles, mais il existe des éléments prouvant que des responsables à des niveaux divers sont complices de ces crimes.

Les migrants en situation irrégulière n'ont aucun statut juridique et sont ainsi privés de tout recours utile au système judiciaire. Pour cette raison, ils risquent encore davantage d'être victimes d'atteintes à leurs droits fondamentaux. Exclus de la société et du champ de la loi, les migrants en situation irrégulière sur le territoire mexicain sont contraints à une vie marginale ; ils sont exploités par des groupes criminels et des fonctionnaires corrompus, et généralement ignorés par les autorités, qui devraient pourtant les protéger contre les violations des droits humains.

L'opinion publique se préoccupe de plus en plus, et à juste titre, des violations de droits humains dont sont victimes les migrants mexicains aux États-Unis. Mais la crise à laquelle sont confrontés les migrants au Mexique n'a en revanche pas suscité autant d'indignation publique. Toutefois, les migrants sans papiers qui traversent le Mexique commencent enfin à se faire entendre.

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