Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

8 novembre 2011

Amnesty International exhorte le Soudan du Sud à libérer des journalistes arrêtés pour un article

Amnesty International exhorte le Soudan du Sud à libérer des journalistes arrêtés pour un article
Ngor Garang a été appréhendé après qu'un article critiquant le président soit paru dans son journal.

Ngor Garang a été appréhendé après qu'un article critiquant le président soit paru dans son journal.

© Sudan Tribune


Arrêter une personne au seul motif qu’elle a critiqué le président constitue une atteinte choquante à la liberté d’expression
Source: 
Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International
Date: 
Ma, 08/11/2011

Les autorités du Soudan du Sud doivent immédiatement relâcher deux journalistes risquant d'être soumis à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements après avoir été appréhendés pour un article critiquant le président du pays, a déclaré Amnesty International mardi 8 novembre.

Les deux hommes en question sont détenus sans inculpation. Ils se trouveraient au siège du service national de la sûreté (NSS) à Juba, et n'ont pas pu contacter d'avocat ni leurs proches.

« Arrêter une personne au seul motif qu'elle a critiqué le président constitue une atteinte choquante à la liberté d'expression », a déploré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International.

« Les autorités du Soudan du Sud doivent révéler le lieu précis où se trouvent Dengdit Ayok et Ngor Garang, et remettre ces deux hommes en liberté sans délai », a-t-il ajouté.

Dengdit Ayok, journaliste au Destiny, a été arrêté par le NSS samedi 5 novembre à son bureau, à Juba.

Ngor Garang est rédacteur en chef du journal The Destiny et travaille pour le journal en ligne The Sudan Tribune. Il a été arrêté mardi 1er novembre après avoir rencontré le NSS à propos d'un article écrit par Dengdit Ayok, publié dans The Destiny.

Cet article critiquait le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, pour avoir permis à sa fille d'épouser un Éthiopien.

Le 1er novembre, le NSS a suspendu indéfiniment la publication du Destiny et cela malgré la parution d'excuses publiques à Salva Kiir dans l'édition du 31 octobre. Le Conseil d'administration du journal a également imposé une interruption de publication pour cinq jours et suspendu Dengdit Ayok pour un mois.

Au Soudan du Sud, il est illégal de placer un individu en détention pendant plus de 24 heures sans l'autorisation d'un tribunal, comme c'est le cas pour Dengdit Ayok et Ngor Garang. Aux termes de la Constitution du pays, un suspect doit être libéré sous caution au bout de 24 heures, à moins qu'un tribunal ne décide du prolongement de la détention.

Le mois dernier, James Okuk, journaliste et membre du principal parti d'opposition du Soudan du Sud, le Mouvement populaire de libération du Soudan – Changement démocratique, a été maintenu en détention pendant près de deux semaines pour avoir publié un article critiquant le président du Soudan du Sud.

« La nouvelle Constitution provisoire du Soudan du Sud garantit la liberté d'expression. Il est profondément alarmant que les autorités semblent réticentes à respecter ce droit », a conclu Erwin van der Borght.

Pour en savoir plus :

Sud-Soudan : programme en matière de droits humains (rapport, 30 juin 2011)

Thème

Liberté d'expression 

Pays

Soudan du Sud 

Région ou pays

Afrique 

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