Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

28 mai 2012

Un militant nigérian: «Mon procès met en évidence une justice rudimentaire.»

Un militant nigérian: «Mon procès met en évidence une justice rudimentaire.»
Le dirigeant syndical nigérian Osmond Ugwu a été emprisonné pendant trois mois sur la base d'accusations forgées de toutes pièces.

Le dirigeant syndical nigérian Osmond Ugwu a été emprisonné pendant trois mois sur la base d'accusations forgées de toutes pièces.

© Institute for Peace & Conflict Resolution, Abuja


Dans les locaux de la police d'État, les policiers qui m'avaient arrêté jubilaient – comme s'ils avaient arrêté un terroriste notoire. Ils se sont moqués de moi, en m'accusant d'avoir mis le gouvernement et la police de l'État dans l'embarras et en disant qu'ils pouvaient maintenant se reposer.
Source: 
Osmond Ugwu, dirigeant syndical nigérian
Date: 
Lu, 28/05/2012

Le dirigeant syndical nigérian Osmond Ugwu a été arrêté en octobre 2011 et emprisonné pendant trois mois sur la base d'accusations qu'Amnesty International estime forgées de toutes pièces.

Son arrestation, qui a eu lieu au cours d'une réunion de prière portant sur des négociations syndicales en cours dans la ville d'Enugu (sud-est du Nigeria), était inattendue et brutale.

« Un grand nombre de soldats, de policiers et de membres d'une brigade antiterroriste, tous lourdement armés, nous ont encerclés en levant les bras comme sur un champ de bataille, a-t-il raconté à Amnesty International.

« Les militaires se sont mis à tirer pour disperser la foule et les policiers ont bondi sur moi. Ils ont arraché mes vêtements et m'ont traîné sur le sol rugueux après m'avoir frappé à plusieurs reprises. »

Osmond Ugwu a passé les deux premiers jours de sa détention aux mains de la police sans eau ni nourriture, souffrant terriblement à cause de ses blessures aux jambes, au dos, à la taille et aux mains. Sa peau est aujourd'hui cicatrisée, mais ses douleurs internes au cou et à la tête persistent.

« Dans les locaux de la police d'État, les policiers qui m'avaient arrêté jubilaient – comme s'ils avaient arrêté un terroriste notoire. Ils se sont moqués de moi, en m'accusant d'avoir mis le gouvernement et la police de l'État dans l'embarras et en disant qu'ils pouvaient maintenant se reposer. »

Avec un autre membre de son syndicat, Raphael Elobuike, Osmond Ugwu a été inculpé de tentative de meurtre et d'agression. La police et le ministère public ont vraisemblablement tenté ainsi de faire taire ces deux militants. Un jugement est attendu en juin quant à un recours que les prévenus ont formé, dans lequel ils exhortent le tribunal à annuler les poursuites pour absence de preuves.

Ni la police, ni le ministère public n'ont présenté d'élément venant étayer l'accusation de tentative de meurtre, et celle d'agression repose sur une déclaration des policiers indiquant qu'Osmond Ugwu s'est agrippé à l'uniforme de l'un d'eux et l'a déchiré pendant qu'on le traînait hors du bâtiment.

« Ces faits ont mis en évidence l'inexpérience et la nature rudimentaire de la justice du Nigeria. La police nigériane sert malheureusement d'instrument – réglant ses comptes et intimidant les personnes tandis que le pouvoir judiciaire complète ce rôle », a souligné Ugwu.

Thème

Militants 
Détention 
Application des lois 
Torture et mauvais traitements 
Procès et systèmes juridiques 

Pays

Nigeria 

Région ou pays

Afrique 

@amnestyonline sur Twitter

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