Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

16 novembre 2011

Mexique : les journalistes en butte à une nouvelle vague de violence

Mexique : les journalistes en butte à une nouvelle vague de violence
Un groupe armé a attaqué les bureaux d'El Siglo de Torreón, dans le nord du Mexique.

Un groupe armé a attaqué les bureaux d'El Siglo de Torreón, dans le nord du Mexique.

© El Siglo de Torreón


En un coup d'œil

  • Des groupes armés ont attaqué les locaux de deux journaux au cours des 10 derniers jours
  • 74 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000
  • Le rapporteur spécial des Nations unies a affirmé que le Mexique est le pays le plus dangereux des Amériques pour les journalistes
Le Mexique continue à être l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes.
Source: 
Javier Zuñiga, conseiller spécial auprès d'Amnesty International
Date: 
Me, 16/11/2011

Les récentes attaques ayant visé des médias au Mexique illustrent l'incapacité des autorités à prendre des mesures permettant de protéger les journalistes des nombreux actes d'intimidation et de violence perpétrés par des bandes armées, a déclaré Amnesty International mercredi 16 novembre.

Des hommes armés ont incendié une voiture et utilisé leurs armes à l'extérieur des bureaux d'un journal de la ville de Torreón, dans l'État de Coahuila (nord du pays), mardi 15 novembre, tandis qu'une salle de rédaction de l'État de Veracruz (est du pays) a été mise à sac par des agresseurs armés le 6 novembre.

« Comme le montrent ces derniers épisodes en date, le Mexique continue à être l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes », a souligné Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty International.

« Les autorités mexicaines doivent prouver que les menaces et les violences visant les médias ne seront pas tolérées, en introduisant de véritables mesures de prévention, en menant une enquête approfondie et impartiale sur ces attaques et en traduisant en justice dans les meilleurs délais les responsables présumés. »

Au moins trois hommes armés auraient pris part à l'attaque dont a fait l'objet le journal El Siglo de Torreón dans l'État de Coahuila tôt le matin du 15 novembre.

Après avoir mis feu à une voiture garée devant l'entrée principale des locaux du journal, ces hommes ont tiré au moins 20 balles réelles en direction d'un immeuble adjacent, où se trouvent les bureaux d'une publication partenaire. Il n'y a pas eu de blessé.

Les bureaux de ce journal avaient déjà essuyé des tirs en août 2009. Ces dernières années, des groupes criminels organisés ont pris pour cible plusieurs autres médias de Torreón et des alentours, et enlevé des journalistes.

Dans l'État voisin de Zacatecas, les autorités enquêtent sur le cas de deux livreurs travaillant pour le journal El Financiero, disparus depuis lundi 14 novembre dans l'après-midi après avoir semble-t-il déclaré à des collègues qu'ils étaient suivis par des policiers.

Parallèlement, le 6 novembre, El Buen Tono, un quotidien de la ville portuaire de Veracruz, a été mis à sac par des hommes armés qui ont vandalisé des équipements et mis feu aux bureaux de cette publication.

Frank La Rue, rapporteur spécial des Nations sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, a déclaré que le Mexique est le pays le plus violent des Amériques et le cinquième le plus dangereux au monde pour les journalistes.

D'après des chiffres rendus publics en septembre par la Commission nationale des droits humains, financée par l'État, 74 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000, dont au moins huit jusqu'à présent en 2011. Les responsables de ces attaques et homicides ne sont quasiment jamais identifiés ni déférés à la justice.

Compte tenu du risque élevé pour les reporters, en particulier au niveau local, les médias mexicains régionaux prennent souvent des précautions, en limitant leur couverture des questions en rapport avec la délinquance ou l'insécurité ou en ne les traitant pas du tout.

« L'autocensure résultant du combat violent mené par le Mexique contre le crime organisé menace la liberté d'expression dans certaines parties du pays », a ajouté Javier Zuñiga.

« Les autorités doivent en faire plus pour que les journalistes bénéficient de mesures de protection efficaces, afin qu'ils puissent effectuer leur travail sans avoir à craindre d'être menacés ni agressés physiquement. Le plus urgent est de mettre fin à l'impunité dont jouissent les responsables des attaques contre les journalistes et les médias. »

Thème

Disparitions et enlèvements 
Liberté d'expression 
Impunité 

Pays

Mexique 

Région ou pays

Amériques 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

15 janvier 2015

Dans un rapport rendu public jeudi 15 janvier, Amnesty International appelle les autorités de transition du Burkina Faso à ouvrir une enquête sur l’utilisation d’une force... Pour en savoir plus »

12 janvier 2015

Un nouveau rapport d’Amnesty International décrit le manque tragique de progrès réalisés dans la reconstruction du pays depuis le tremblement de terre de 2010, il y a cinq ans... Pour en savoir plus »

26 janvier 2015

Dans un lieu de détention secret de la province de Laguna, située au sud de la capitale Manille, la Commission a découvert une roue multicolore, inspirée de la Roue de la... Pour en savoir plus »

16 janvier 2015

Au moins 69 arrestations se sont succédé en France cette semaine, les prévenus comparaissant pour « apologie du terrorisme », infraction dont la définition reste vague. Le... Pour en savoir plus »

12 décembre 2014

L’avocat Mohammed al Roken a été condamné à 10 ans d’emprisonnement en juillet 2013 à la suite d’une vague de répression contre les militants politiques et les... Pour en savoir plus »