Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

22 novembre 2011

Brésil : un dirigeant indigène a été tué lors d'une attaque armée

Brésil : un dirigeant indigène a été tué lors d'une attaque armée
Dans le sud du Brésil, les attaques visant le peuple indigène guarani-kaiowá se multiplient.

Dans le sud du Brésil, les attaques visant le peuple indigène guarani-kaiowá se multiplient.

© Amnesty International


En raison de l'incapacité des autorités brésiliennes à apporter des réponses à leurs revendications territoriales, les communautés autochtones comme celle des Guaranis-Kaiowás sont fortement exposées aux risques de violence et de misère sociale.
Source: 
Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d'Amnesty International
Date: 
Ma, 22/11/2011

Une attaque meurtrière menée dans le sud du Brésil contre une communauté indigène met en évidence l'incapacité des autorités à protéger ces populations dans le contexte des conflits fonciers, a déclaré Amnesty International mardi 22 novembre 2011.

Une quarantaine d'hommes armés ont attaqué le campement d'une communauté guarani-kaiowá, dans l'État méridional du Mato Grosso do Sul, près de la frontière paraguayenne, le 18 novembre au petit matin. Ils ont abattu le cacique (dirigeant) de la communauté, Nísio Gomes, et ont emporté son corps. Depuis, on ignore où se trouve sa dépouille, et trois enfants de la communauté enlevés au cours de l'attaque n'ont pas reparu.

Ce raid est le dernier d'une série d'attaques menées ces dernières années dans l'État du Mato Grosso do Sul contre les indigènes guaranis-kaiowás. Ces communautés vivent dans des conditions précaires en attendant que le gouvernement prenne des mesures pour délimiter leurs terres ancestrales.

« En raison de l'incapacité des autorités brésiliennes à apporter des réponses à leurs revendications territoriales, les communautés autochtones comme celle des Guaranis-Kaiowás sont fortement exposées aux risques de violence et de misère sociale, a affirmé Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d'Amnesty International.

« Malheureusement, ces faits ne sont pas isolés. Depuis des années, des hommes armés mènent de violentes attaques, en toute impunité, contre les communautés indigènes qui tentent d'occuper leurs terres ancestrales, dans le sud-ouest du pays », a-t-elle ajoutée.

Dans l'État du Mato Grosso do Sul, les propriétaires terriens et les éleveurs font souvent appel à des hommes de main armés et à des entreprises de sécurité privées pour intimider les communautés indigènes qui luttent pour faire respecter leurs droits constitutionnels à jouir de leurs terres ancestrales.

Ces dernières semaines, des hommes armés avaient menacé à plusieurs reprises les habitants du campement de Guaiviry ; deux jours avant l'attaque, ils auraient également proféré des menaces de mort à l'encontre de Nísio Gomes.

D'après des témoins, le 18 novembre, les hommes armés se sont saisi de Nísio Gomes au campement de Guaiviry et lui aurait tiré dessus à plusieurs reprises, avant de traîner son corps jusqu'à un camion et de le hisser à bord. Certains de ces hommes ont frappé le petit-fils du cacique alors qu'il tentait d'intervenir ; trois autres enfants du campement ont été enlevés : un garçon de 12 ans et deux filles âgées de cinq et 12 ans.

La police et la justice fédérales ainsi que la FUNAI, l'organisme public chargé des questions liées aux indigènes, enquêtent sur cette attaque.

Environ 60 personnes issues de la communauté indigène guarani-kaiowá se sont installées sur le site de Guaiviry le 1er novembre, sur des terres en passe d'être officiellement reconnues comme leur territoire ancestral mais qui sont actuellement exploitées par des agriculteurs et des éleveurs locaux. Jusqu'alors, la communauté vivait dans des conditions de précarité extrême, le long d'une route, après avoir été expulsée de force de ces mêmes terres.

Dans l'État méridional du Mato Grosso do Sul, quelque 60 000 Guaranis-Kaiowás vivent dans la pauvreté au sein de réserves densément peuplées, en attendant que la démarcation de leurs terres ancestrales soit effectuée, conformément aux dispositions de la Constitution de 1988.

Frustrés par la lenteur du processus, de nombreux Guaranis-Kaiowás ont commencé à réinvestir la terre de leurs ancêtres au cours des dernières décennies, ce qui a donné lieu à de nombreuses expulsions forcées et à une multiplication des menaces et des attaques à leur encontre.

Malgré les risques considérables qu'ils encourent, les membres de la communauté guarani-kaiowá de Guaiviry ont affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention de quitter le campement.

« Les autorités fédérales doivent garantir la sécurité de la communauté de Guaiviry et statuer de toute urgence sur ses revendications foncières, a affirmé Guadalupe Marengo.

 « Parallèlement, nous engageons les autorités à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour retrouver le corps de Nísio Gomes ainsi que les trois enfants disparus, et pour que les auteurs de cette attaque soient déférés à la justice », a-t-elle conclu.

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