Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

22 octobre 2012

Bahreïn : des enseignants de nouveau sous le coup d'une peine d'emprisonnement à l'issue d'un verdict «cauchemardesque»

Bahreïn : des enseignants de nouveau sous le coup d'une peine d'emprisonnement à l'issue d'un verdict «cauchemardesque»
Une juridiction bahreïnite a confirmé les condamnations des anciens responsables de la BTA, Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb et Jalila al Salman.

Une juridiction bahreïnite a confirmé les condamnations des anciens responsables de la BTA, Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb et Jalila al Salman.

© DR


Ces enseignants, en leur qualité de responsables syndicaux, ont simplement appelé à la grève : ils n'ont fait qu'exercer leurs droits à la liberté d'expression et d'association, et n'ont en aucun cas commis de crime.
Source: 
Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

Deux anciens responsables de l'Association des enseignants de Bahreïn (BTA) ont été condamnés à des peines d'emprisonnement dimanche 21 octobre après la confirmation en appel du verdict de culpabilité les visant, décision dénoncée par Amnesty International comme une nouvelle injustice.

Des proches des personnes condamnées ont qualifié le verdict de « cauchemardesque ». Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb a été condamné à cinq ans d'emprisonnement et Jalila al Salman (qui n'a pas assisté à l'audience) à six mois, tous deux bénéficiant d'une réduction de peine (ils avaient été condamnés respectivement à 10 ans et trois ans de prison).

Arrêté pour avoir appelé à une grève des enseignants début 2011, Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb a déjà passé 18 mois derrière les barreaux, tandis que Jalila al Salman a été emprisonnée pendant cinq mois et demi avant d'être libérée sous caution. Amnesty International a adopté Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb comme prisonnier d'opinion et fera de même pour Jalila al Salman si elle est renvoyée en prison.

« La justice bahreïnite vient ajouter ce verdict de culpabilité à une liste croissante d'injustices scandaleuses. Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb est un prisonnier d'opinion qui doit être relâché immédiatement et sans condition, et Jalila al Salman ne doit pas être incarcérée. Ces condamnations doivent être annulées de toute urgence, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

« Ces enseignants, en leur qualité de responsables syndicaux, ont simplement appelé à la grève : ils n'ont fait qu'exercer leurs droits à la liberté d'expression et d'association, et n'ont en aucun cas commis de crime. »

Les avocats des deux accusés ont déclaré qu'ils formeraient un pourvoi devant la Cour de cassation de Bahreïn.

Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb et Jalila al Salman avaient été condamnés l'année dernière par une juridiction militaire pour, entre autres chefs d'accusation, avoir usé de leurs fonctions de vice-président et de présidente de la BTA pour appeler à une grève des enseignants, interrompu le processus d'enseignement, incité à la haine envers le régime et tenté de renverser le régime en place par la force.

Avant d'être condamnés, ils avaient été placés à l'isolement et auraient été, selon eux, torturés ou soumis à d'autres mauvais traitements et contraints de signer des « aveux » qu'ils n'ont même pas lus.

Amnesty International engage les autorités bahreïnites à mener une enquête exhaustive sur les allégations de torture et d'autres mauvais traitements en détention, à rendre publiques les conclusions de cette enquête et à amener les responsables de ces agissements à rendre des comptes.

Après avoir entendu le verdict prononcé dimanche 21 octobre, la fille de Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb, Maryam, a déclaré à Amnesty International : « J'étais certaine que nous touchions au but. C'est un cauchemar. »

Quelques minutes après le verdict, elle a publié le message suivant sur le réseau social Twitter : « Les larmes de maman me brisent le cœur… 563 jours, c'est dur… Cinq ans, c'est un cauchemar. »

Amnesty International estime que Mahdi Issa Mahdi Abu Dheeb et Jalila al Salman n'ont pas recouru à la violence ni prôné son usage et, à la connaissance de l'organisation, aucun élément permettant de penser le contraire n'a été présenté lors de leurs procès.

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