Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

20 juillet 2011

Flambée de violence lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu au Malawi

Flambée de violence lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu au Malawi

Au moins deux personnes auraient été abattues par les forces de sécurité au cours des émeutes qui ont éclaté pendant les manifestations organisées au Malawi pour protester contre la pénurie de carburant et les lois répressives adoptées par le Parlement.

Des affrontements ont eu lieu entre des centaines de jeunes gens en colère et la police dans la capitale et plusieurs autres villes du pays. L'armée aurait été déployée pour mettre fin aux émeutes, selon un responsable religieux avec lequel Amnesty International a pu s'entretenir.

« Les autorités doivent faire en sorte qu'une enquête indépendante et exhaustive soit rapidement menée sur tous les cas où des personnes ont été tuées ou grièvement blessées du fait d'une intervention policière », a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International.

Les homicides signalés ont eu lieu à Mzuzu, ville du nord du pays.

Des témoins ont également indiqué qu'ils avaient vu huit personnes blessées par balles à Mzuzu, dont un jeune homme blessé au ventre.

Des émeutiers auraient mis le feu au bureau de Mzuzu du Parti progressiste démocratique, le parti au pouvoir.

La police aurait également envoyé du gaz lacrymogène dans l'enceinte de l'hôpital de Lilongwe, qui a dû fermer.

« Si la police doit prendre toutes les mesures qui s'imposent pour protéger le droit à la vie, tirer du gaz lacrymogène dans l'enceinte d'un hôpital et affecter ainsi des malades est inacceptable, a déclaré Erwin van der Borght.

Au moins trois journalistes ont été violemment frappés par des policiers.

La journaliste Rebekah Chijeka de Joy Radio a été frappée par des policiers devant la mairie de Lilongwe. Des témoins ont indiqué qu'elle avait du sang qui coulait de l'oreille. Un autre journaliste, George Thawe, a été blessé par des policiers qui l'ont frappé à coups de crosse de fusil. Des policiers ont également roué de coups le journaliste Kondwani Munthali, basé à Lilongwe, après lui avoir confisqué son appareil photo.

« Il est extrêmement préoccupant que la police prenne délibérément des journalistes pour cibles, a déclaré Erwin van der Borght. Les gens des médias doivent pouvoir exercer leur droit à la liberté d'expression ; leur rôle est important pour que soit respecté le droit de tous à être informés de ce qui se passe actuellement au Malawi. »

« Il faut que la police laisse les journalistes faire librement leur travail et que les autorités lancent immédiatement une enquête indépendante sur ces agressions », a-t-il ajouté.

Les manifestations rassemblaient un large éventail de militants de la société civile ; des étudiants, des organisations de défense des droits humains et des organisations religieuses, notamment.

Cependant, des jeunes gens ne faisant pas réellement partie du mouvement de protestation ont pillé des banques et plusieurs commerces à Lilongwe et mis le feu à quatre demeures appartenant à des policiers dans la ville de Mchesi, aux environs de la capitale.

Mardi 19 juillet, des jeunes du Parti progressif démocratique du président Bingu wa Mutharika ont fait des rondes au volant de voitures du parti autour de la capitale économique du pays Blantyre, en brandissant des machettes pour dissuader la population de prendre part aux manifestations de jeudi.

Depuis le mois de juin, le Malawi fait face à des pénuries de carburant qui paralyse l'activité du pays, comme cela a été le cas à plusieurs reprises depuis 2009.

Les normes des Nations unies relatives aux opérations de maintien de l'ordre prévoient que les forces de sécurité ne doivent pas utiliser d'armes à feu contre les personnes sauf en cas de danger de mort ou de blessure grave, ou pour empêcher des crimes menaçant la vie d'autrui, et seulement lorsque des moyens moins extrêmes se révèlent insuffisants. Il ne doit y avoir de recours intentionnel à l'usage meurtrier d'armes à feu que si cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines.

Thème

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Pays

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Région ou pays

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